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vendredi 31 décembre 2010

En douceur



Je ne m'en suis pas vraiment rendue compte mais les heures ont filé... en douceur.


J'aurais eu mille choses à faire, un texte promis à publier, quelques messages perso à adresser et finalement le hasard en a décidé autrement.


Je suis un peu décalée, ce qui en cette soirée de fête imposée, n'est pas plus mal. J'y suis sans y être...


J'ai choisi une image, une seule, pour cette fin d'année. Mais je pense à d'autres possibles...


Belle fin d'année à vous !

Une pensée pour les solitaires -qui sont parfois très entourés mais si étrangers à leur environnement- et aux travailleurs, en particulier ceux qui veillent sur les autres.

Alors une musique pour passer minuit, dix minutes tout en douceur


lundi 20 décembre 2010

Musique lounge - conteuse

Isolés au fond du restaurant, j'avais perdu la notion du temps lorsqu'un courant glacial m'a saisie, la porte grande ouverte indiquait que le restaurant allait fermer.

Lui : je n'ai pas envie que cette conversation s'arrête

Il faut bien admettre l'évidence : la conversation a un peu tourné court ensuite, mais une histoire fut demandée et racontée.


Emprunté chez tendre bulle

lundi 13 décembre 2010

Dream catcher

Trois années.

A quelques jours près, trois années écoulées après la création de ce blog qui se voulait le prolongement d'une rencontre improbable, intense et unique. Cette rencontre avec lui, que je ne nommerai pas.

Je n'en souhaitais pas d'autres.

Et pourtant, il y en eu d'autres, très vite, nées de quelques mots écrits ici ou là, échangés, racontés, murmurés... Plain talking take us so far, serve us so well...

Simplement ces rencontres furent hier différentes. Et elles seront encore différentes demain.

Quel chemin ai-je suivi ? Anne Archet, lui, le divin connard, X et Evéa, Libertin, Gicerilla, enfant gâté, LUJ, Philographe, MultiSourires, Valmont, Vagan, Elover, Lsingulière, Memorand'homme, Animal en Quarantaine, Eronaute, Mademoiz'aile…

la piste se démultiplie et se perd lorsque les blogs s'arrêtent.

Et puis la piste reprend ailleurs et là je ne peux plus citer tous les blogs sans en oublier. J'en ai déjà omis tellement, mais ils/elles me pardonneront...

Toutes ces rencontres sont singulières, surprenantes, émouvantes, gourmandes… à part deux (quelle chance) toutes furent de délicieux moments.


Les mots me manquent pour les décrire.

Alors, à ce texte écrit il y a trois ans, que je reprend mot pour mot, je n'ai rien à ôter, rien à ajouter.

Je réécrirai les mêmes mots aujourd'hui.

Et j'en suis la première surprise...

Décembre 2007

Il est des rencontres uniques et belles.

Elles sont de cette sorte qui ne provoque ni amertume ni regret.

Un peu comme un voyage dans une île lointaine où on sait que l'on ne reviendra jamais, ou peut-être un jour...

Qu'il soit préparé depuis quelques temps, qu'il réponde à une envie, une pulsion, ce voyage est un moment de partage entre le compagnon, la compagne qui se sont trouvés, qui se sont choisis pour accomplir le voyage. Sans se prendre la tête, sans complication.

Qu'elles aient été occasionnées par internet n'y change rien, lorsque la complicité s'installe, peu importe où l'on s'est croisé.

Lorsque l'impérieux désir de croiser un regard, de toucher une peau, de goûter… naît, s'épanouit, autant ne pas mentir, autant ne pas se mentir. Autant prendre le bateau.

Le désir de connaître l'autre, le désir peut-être de mieux se connaître soi-même, pour mieux aimer l'autre, aimer les autres. Et un peu mieux s'aimer soi-même.

Vivre pleinement, sincèrement quelques délicieux instants en dehors du temps.

Etre sincère, cela implique aussi de dire ses limites et de comprendre les limites de l'autre. Si l'un ou l'autre expose une demande, une exigence, une réticence… si l'autre s'engage, la sincérité s'allie à la confiance. Et au respect mutuel. Ce sont les mots clés. J'en ajouterai un autre : être généreux l'un à l'autre, l'un pour l'autre.

Je n'aime pas les étiquettes, j'ignore ce que je suis, qui je suis. Libertine, coquine, gourmande.. Enlevez moi tout ça ! Une seule m'importe finalement : libre. Libre comme l'océan qui parfois est étal, parfois tempête.

Libre d'aimer,

libre d'aimer le plaisir,

libre d'aimer faire plaisir.

Faire plaisir parce que j'aime, parce que j'ai trouvé l'île où je m'échouerai après avoir parcouru le monde et que l'on m'y attend patiemment.

J'aime donner, faire plaisir.

J'ai fait un voyage dans une nouvelle île. Avec un compagnon de voyage prévenant, attentif et charmant. Ni encombrant ni absent. Terriblement présent en fait, génereux de ses envies, de ses désirs et de ses passions, curieux aussi, ouvert à visiter des chemins inexplorés, et me laissant toutes libertés. Moi qui suis si exigeante.

Un merveilleux voyage. Il s'achève. Il est presque achevé… déjà je m'éloigne, déjà il est loin.

Je pense à toutes ces choses que j'aurais pu, que j'aurais dû faire… comme dans tout voyage, une impression d'inachevé persiste. Peut être est-elle nécessaire, cette impression. Cette nostalgie, qui s'installe déjà, nourrit le souvenir. Elle est douce et intense.

Il est des milliers d'îles à visiter. (Ceux qui restent sur la rive, je ne saurais les blâmer. Chacun doit être libre d'aimer comme il l'entend.)

Il est d'autres compagnons, d'autres compagnes de voyage. Et peut-être enfin pour lui, la seule, l'unique, à jamais son île, son univers, sa vie, son âme. Parce qu'il est Homme et mérite bien plus qu'il ne le croit de recevoir cet amour.

"Beau mec" : Merci pour ces délices d'un moment intemporel et intense.

B

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Plain talking (plain talking)
Take us so far (take us so far)
Plain talking (plain talking)
Served us so well (served us so well)
Travelled through hell (travelled trough hell)
We know how it felt (we know how it felt)
Lift me up, lift me up - Higher now ama
Lift me up, lift me up - Higher now ama
Plain talking (plain talking)
Making us bold (making us bold)
You never know how (you never know how)
Sweeter than thou (sweeter than thou)


Lift me up, lift me up - Ohla la la la
Lift me up, lift me up - Ohla la la la

samedi 4 décembre 2010

Soirée Miss F...


J'aurais pu...


J'aurais pu regarder la soirée des miss F à la télé... [photo quasi contractuelle].


J'aurais pu aller à cette soirée d'initiation aux liens [idem]


où j'aurais eu plaisir à revoir Miss E et son joli visage modiglianesque... entre autres


J'aurais pu décliner la lettre F de bien des façons...

et puis j'ai préféré écouter de la bonne musique.


Car marcher dans/sous la neige une bonne partie de la journée parce que c'est bon et que ça me rappelle une autre vie, un autre rêve... c'est épuisant.


Every day for us, something new
Open mind for a different view
and nothing else matters


never cared for what they say
never cared for games they play
never cared for what they do
never cared for what they know
and I know


So close, no matter how far
Couldn't be much more from the heart
Forever trusting who we are
No, nothing else matters

dimanche 28 novembre 2010

Late hours


Fin de weekend et envie de poursuivre un peu cette ambiance...




Il ne peut pas y avoir que des weekends, n'est-ce pas ?
Bonne semaine

mercredi 24 novembre 2010

Mords moi...



Ce matin, j'ai vu cette affiche sur le côté du bus. A l'italienne, la phrase d'accroche (ça va finir au pieu) attire plus l'oeil que le titre du film.  

J'ai pris le bus et j'étais bien la seule à sourire pendant 5 bonnes minutes.

Bon, j'avoue, le jeu de mots est calamiteux, voire scandaleux vu le public visé (des ados), mais je ne le savais pas au moment où j'ai vu l'affiche.

Bref, je ne félicite pas l'équipe de marquetinge qui a eu cette idée un peu border line,  dont la perversité ne fait aucun doute.

Il faut toutefois leur reconnaître une certaine culture...

Car Vlad, ce coquinou, aimait bien empaler ses victimes avant de festoyer de leur sang et autres abattis, entre autres sévices, ce qui ne l'empêcha pas de finir la tête sur... un pieu une pique* ! 

Voilà. Ca c'est fait.

Je m'excuse auprès de mes fidèles lecteurs pour l'indigence de ce billet et vous renvoie aux commentaires du précédent, non par vanité, mais parce qu'il y a des propos intéressants.

Spécial dédicace à CUI, qui est spécialiste de ce genre de trouvaille. Là je suis prem's

* je me dois de respecter la vérité historique, même si cela nuit un peu à la cohérence de ce billet. Sinon, je crains les représailles du médiéviste anonyme et je ne voudrais pas finir... empalée. (Sûrement pas !)

Maintenant, il est l'heure que je me glisse dans mon lit (oui parce qu'à part feu ma mère, paix à son âme, qui avait son franc parler, et quelques irréductibles (nda après commentaire de CUI),  plus personne ne dit 'pieu' pour désigner son lit) 

mercredi 17 novembre 2010

Incidemment…



… j'ai remarqué que plus les femmes s'expriment de manière graveleuse, en pétasse, chaudasse, partouzeuse et autres logorrhées porno-chic ou trash dans la droite ligne de la littérature "chaude" produite par les femmes aujourd'hui


plus les hommes expriment le romantisme, la tendresse à deux, le safe-sexe, voire le sans-sexe, ou encore l'échec à prendre du plaisir dans la jouissance consuommée.

Un peu à la manière du dernier goncourisé.

Tout ceci ressemble fort à un néo-conformisme de bon aloi où les unes rassurent les hommes : oui, elles ont toujours et plus que jamais envie de coucher (même verticalement) avec eux.


Et les autres se demandent s'ils vont pouvoir assurer/assumer et si la tendresse et, accessoirement, la fidélité, ce n'est pas plus simple.

dimanche 14 novembre 2010

Ca suffit !

Assez, ça suffit !

La volonté, y a pas mieux.

Plus le soutien moral de vos commentaires amicaux.

A tous : MERCI

Donc, après 4 jours à le surveiller du coin de l'oeil...




je lui ai cédé tous les bonbons au miel afin qu'il retourne dans sa forêt enchantée.

Maintenant, place à Tigr..



euh... Tigger



Rrroooaaaahhh !!


(spécialement dédicacé à Gi, avec qui je promets de partager ma photothèque ; ou alors je crée un tublmr, tubmlr, tul... keuf keuf keuf oh, et puis zut !)

vendredi 12 novembre 2010

Brèves de dessous la couette

Je suis balaaaaaade, complètement balaaaade, comme quand ma mère s...

Bref. Quatre jours qui devaient être absolument festifs, si si je vous assure, et plouf, plongée sous la couette.

Je vis entourée de boules de gomme au miel, de pastilles sans sucre miel-citron, de thé au coquelicot (?? y a ça à la maison ?) sucré au miel..., d'attentions mielleuses

Du miel partout, heureusement que c'est l'automne, y a (presque) plus d'ours hors de leur caverne.

Parce que j'ai (re)découvert un truc : le pharmacien n'est pas mon meilleur ami lorsqu'il me conseille, pour soigner ma gorge très irritée, un collutoire.

Ce truc, ça fait (très) mal avant de faire du bien.

Et le goût, franchement, je ne vous dis pas. Non seulement il y a décharge d'adrénaline quand je fais pshiiit, genre huile piquante vaporisée sur muqueuse à vif, mais en plus le goût, on dirait, je sais pas... c'est innommable.

Tellement mal qu'après, pendant 45 secondes, je ne sens plus rien. Anesthésiée. Et puis ça redémarre. En pire.

Tout ça pour 45 secondes... stop. Je ne suis pas maso, voyez-vous. A la poubelle, ce truc de tortionnaire.

Donc : le MIEL.

Et puis un mélange d'huiles essentielles de lavandes, pin, menthe et thym en vapo.

Autant vous dire que je ne sens plus rien, je ne goute plus rien.

Et comme je suis légèrement fébrile, alternant avec des périodes cotonneuses, je ne touche plus rien, et je ne vois pas grand chose.

J'arrive quand même à zieuter la télé, un peu, ça me fait peur, donc retour à l'ordinateur.

Pour lire mes mails, sauf que les lignes dansent, ça me donne le mal de mer...

Et là, l'extase. Enfin!!

L'extase gràce à Choupinou qui, averti de ma triste condition, m'envoie -aussi- un lien direct sur une radio hawaiienne. Oui, ça existe. On vit une époque formidable, non ?

Rapport au mal de mer ou pour me changer les idées, allez savoir.

(Du coup, je me demande si le thé coquelicot, c'est pas Choupinou aussi...)

Sauf que le youkoulele et moi... enfin, ça partait d'un bon sentiment, alors je suis gentille, je dis rien.

(Et puis, je ne peux rien dire, je n'ai plus de voix)

Tiens, demain, il paraît que c'est la journée de la gentillesse.

Mouiiiii ?




Enfin, je dis ça, je dis rien...

(Les chaussettes ? Je trouve que ces chaussettes, un peu has been, justement, ça incite à la gentillesse. Il existe une autre photo... pour un autre jour)

Photo quasi délictuelle - mais je me demande s'il ne s'épile pas les demi-jambes. Mesdames, votre avis ?

Moralité : degré zéro de l'écriture (là, j'ai honte).

PS : faudra quand même que je pense à recadrer deux ou trois choses avec Choupinou (thé sencha, Harney & S*ns ; soundtracks ; etc.)

PS 2 : je crois que mon image en a pris un sérieux coup... mais mieux vaut être honnête. Anonyme, si vous me lisez... oubliez moi !

Bande son : Pure.fm

samedi 6 novembre 2010

Du lien... (paresseuse)




Suggestion de lecture ce weekend : le blog de Maïa... et son dernier article, qui n'est pas d'elle mais d'un de ses lecteurs.

Comme quoi les féministes lubriques savent laisser la parole à l'homme (un jour par an...) [smiley clin d'oeil]

Je ne suis pas toujours d'accord avec elle, toutefois ses liens sont fort intéressants (cf le podcast de l'émission de France Cul-ture sur la prostitution au Moyen Age)

Intéressants, certains commentateurs. (Bon, j'avoue, dans le lot, il y en a surtout un qui me plait beaucoup, saurez vous deviner lequel ? )

Entre les dragueurs compulsifs, les don juan sous lexo et les PMF, où est passé l'homme, le vrai ?


(Photo non contractuelle mais l'idée y est)

Il y a beaucoup d'autres billets émouvants, intéressants, rigolos, frustrants... ailleurs. Mais je fais confiance à votre bon goût.

********

Pensée du jour : boire des Apple Mojito en terrasse un vendredi soir début novembre presque estival, en jouant du décolleté et de la langue, avec un homme, un vrai, est-ce tromper ?

Oui mais ça ne donne pas mal à la tête !

********

Voilà, ça sera tout pour ce vouiquand (oui j'ai un mauvais accent, comme me le faisait récemment remarquer un charmant jeune homme, je dis "vouiquand" et "no commant", ça l'a bien fait rire, et homme qui rit...)

Car je viens d'ouvrir mon agenda secret que j'ai créé sur g**gle agenda (une sorte de second life in real life) et j'ai découvert que j'étais en fait overbookée !

Ca commence par une conférence avec une spécialiste académique (du mélange) des genres dans un amphi rouge et sombre où faut descendre par un escalier. Ne vous y trompez pas, c'est érudit, souvent chiant malgré les têtes d'affiche et la moyenne d'âge est très élevée... hélas.

(le premier qui dit que c'est un peu à cause de moi... au coin, les mains sur les fesses)

Ensuite je... zut de zut, j'ai plus le temps de vous raconter.

Et puis c'est "secret", niark niark.

Donc pas le temps d'écrire tout le bien que je penses de l'auteur du livre sur l'épilation (cf l'article suivant de Maïa), ni sur les étuves au Moyen Age (cf le podcast) ni sur la prostituion (enfin les services sexuels rémunérés) : depuis l'antique jusqu'à notre société pornocratique, vrai ou faux métier ?

Tout ceci s'enchainait fort bien mais voilà, j'ai préféré des liens.

(et honte à moi... j'ai raté l'hommage de la cinémathèque à David L. la semaine passée, mais dans la vie faut choisir et parfois c'est cruel, très bon mais cruel)

Bonne fin de semaine ! Soyez sages, je m'occupe du reste.

Bandes son : Lost H... , Blue Velvet, and last but not least, petit attention pour l'amateur de road movies amoureux : Sailor & Lula

PS : pardonnez pour ce billet indigent, la semaine prochaine, we de 4 jours - j'aurais peut-être le temps d'écrire vraiment !

mercredi 3 novembre 2010

Losing Control...

Définir la sensualité, parfois les mots me manquent...

Alors il y a les courbes, le rythme et l'osmose entre les deux née de la personalité singulière d'un être qui incarne l'indicible.

Puisqu'elle a accepté, je lie ici la sensuelle Narracoeur et je n'en dis pas davantage.

Quant à M.O.P., en gentleman, il ne saurait laisser Narracoeur seule ainsi, n'est-ce pas ? J'attends donc sa version pour le lier de même.


(un coup bas, moi ? jamais !)

dimanche 24 octobre 2010

Retour d’Atlantic City




Cette nuit-là, étourdis de sons et de lumières stroboscopiques, presque assouvis de stupre, de filles voluptueusement énervées, des garçons peu farouches, les poches vides, après trois nuits sans sommeil, notre quintette avait décidé de reprendre enfin la limo vers Ghotam City.

Nous traversions une de ces cités-jardin néo-1984 lorsque Cindy soudain eut un besoin pressant, motivé sans aucun doute par deux ou trois bouteilles de Belle Epoque Rosé avalées sans soif.

Mais elle refusa avec la constance agaçante de celui qui est totalement murgé tout soulagement dans une station service routière.

Le chauffeur, un demi-dieu du stade échappé des dortoirs d’une université heavy league, avec plus de substances oniriques dans les divers recoins de cuir de la limo que dans sa tête, nous proposa un arrêt de circonstance dans un parc public en centre ville.

Dont acte.

Cindy ayant les foies d’aller arroser les fleurettes en solitaire, l’hercule se muta en garde du corps.

Nous aussi, enfin lui et moi, on en a profité pour prendre l’air, laissant l’autre duo à une explication empirique mais tirée par les cheveux de la hiérarchie combinatoire pas vraiment attribuable à chomsky.

Illustrant incidemment les permutations glissantes et autres arrangements aléatoires entre une mathématicienne et un linguiste.

Décidé à prendre de la hauteur pour admirer la vue, nous avons gravi une volée de marches de marbre.

Adossé à une rambarde au surplomb de l’escalier monumental du town hall local, illuminé comme en plein jour, il me tend une énième coupe.

A choisir, j’aurais préféré d’autres fluides mais la source ayant été épuisée quelques temps plus tôt par deux bouches avides, j’avalais une gorgée.

Par politesse.

Soudain, un cri suraigu vrille l’air. Suivi de plusieurs autres plaintes, d’abord plus feutrées puis grimpant à nouveau dans les aigus, venant de l’espace en contre-bas.

En réponse à mon regard un peu affolé, il a souri : « Cats having fun ! Don’t worry. »

Ne pouvant y résister, je me suis penchée par-dessus la rambarde.

Je me suis redressée et j’ai avalé la coupe d’un trait avant de la jeter au loin en riant à la vie.

Le bruit du cristal fracassé, je ne m’en souviens plus.

En réponse à son regard un peu étonné, j’ai susurré : « Not really, it’s Cindy ! »

Il ne s’est pas penché. Il a calmement demandé d'une voix un peu rauque, l'oeil rieur : « Tell me. »

J'ai protesté vaillament « No way ! »

Il a sorti un cigare, l’a savamment allumé, alors que les ondes du silence revenait nous engloutir, sans me quitter des yeux.

Un instant, le rouge de la flamme a révélé cette lueur démoniaque qu'il savait si bien dissimuler.

Comme je refusais de baisser les miens, le rouge aux joues (et vu ce qui avait précédé, je me demande bien pourquoi), il m’a plaqué dos à la rambarde, forçant l’équerre des cuisses pourtant complaisantes de son genou intransigeant.

Sa paume, ses doigts s'insinuant, violentant avec une infinie lenteur les muqueuses bombées.

« Don’t make me ask twice. »

...

+++

Une petite heure après, nous avons retrouvés les autres, endormis à l’arrière de la limo. Personne n’avait sans doute osé nous déranger. Les clés étaient sur le tableau de bord. J’ai toujours aimé conduire à l’aube.

+++

Il ne me reste de cette nuit-là que les sons de basse diffusés par les HP de la limo.

Cette étrange lumière blafarde et aveuglante.

La rondeur lunaire du dos de Cindy saillie par son body guard méthodique.

Ses jambes élancées ainsi que 7 cm de talons effilés, qui la plaçaient idéalement à la portée du demi-dieu. La façon désespérée avec laquelle elle agrippait ses chevilles.

L’espace strié noir et blanc des marches de l’escalier.

L’odeur du cigare et de la nuit mêlés.

Ses yeux, qui savaient aussi pleurer de plaisir.

Il me revient, lorsque j’écoute certaines musiques, des flashs sensoriels d’une époque révolue.

Aucune nostalgie, juste des flashs.


samedi 16 octobre 2010

Tragedy...

Parfois, lorsqu'il est 22h00 un samedi soir dans un immeuble de bureau désert et que l'on s'aperçoit :

- que le 26 contrats/documents que l'on vient d'imprimer à la file sont au format Letter US et non A4 (donc sans aucun numéro de page)

- que l'imprimante n'a plus de toner et que la réserve est sous clé

- que l'autre imprimante est au bout d'un couloir glauque

- que nos amis d'outre-atlantique ne sont pas toujours des alliés

on se dit qu'on aurait mieux fait de ne pas faire l'intéressante en prétendant "Non, vraiment, rien de particulier à faire ce weekend".

Zut, en plus je suis sensée visiter des ateliers d'artistes demain.

Quelqu'un ou quelque chose pour sauver ma vie ?

(de préférence grand, brun, ténébreux, intelligent, plein d'humour, riche ET généreux - un peu de poils acceptés mais pas de barbe)

[Je rassure la foule, j'ai piqué le toner de l'autre imprimante avant d'appeler le responsable informatique, qui certes m'adore, mais a une très jolie compagne et donc mieux à faire le samedi soir. Je suis une nana pleine de ressource, non ? Bon j'y retourne]

Bande son : Can we call this a life ? Tragedy - ou alors du disco...

jeudi 14 octobre 2010

Légère tension de surface




Question existentielle d'hier soir : quelle différence entre virilité et masculinité ?

Corrélativement : Pourquoi n'y a-t-il qu'un mot pour la féminité ?

Relire Derrida m'aidera-t-il ?

Tiens, j'ai trouvé un thême/titre à mon vieux projet de photos arty-phalliques :

"Phallogocentrisme".


Bande son : Sex Pistols, of course.

(nb : photo hdr sans trucage)

lundi 11 octobre 2010

Evidences

Il racroche agacé. Je l'interroge du regard.

Lui : Elle veut que je l'emmène voir cette expo d'ados à poils. Ca ne m'intéresse pas.

Intense moment de réflexion que je ne perturbe pas. Aucune envie de me lancer dans une discussion.

Lui : Je vais l'emmener au Louvre. C'est mieux le Louvre pour voir des gens à poils.

Longue pause. Je me dis que le terrain est miné.

Lui : Et puis je ne suis pas sûr qu'elle ait 18 ans.

Moi [ahurie] ! Quoi ???!!!

Lui : Enfin, si. Elle est en deuxième année. Mais d'âge mental, tu comprends ? Elle est pas prête à voir ça. La drogue, la misère, tout ça... Le Louvre, c'est plus optimiste quand même.

Sans commentaire...

---


- Jamais je ne comprendrai les hommes. Je ne suis pas assez compétente. Selon le principe de Peter, ça me va très bien.

- La liste des thèmes sur lesquelles je veux écrire s'allonge mais mon ordinateur reste obstinément fermé.

- Revu Deleuze sur Arte. Vous ai-je jamais parlé du choc qu'a été pour moi la lecture de Deleuze : L'anti-Oedipe, Présentation de Sader-Masoch ?

- J'aime la terrasse de ce petit bistro où le proprio grand brun ténébreux de 30-35 ans me dit que je suis la plus belle... même quand je n'ose pas ôter mes lunettes noires.
- C'est moi ou la nouvelle version des Inrocks ressemble à... pfff je sais pas trop, un mauvais remake d'Actuel sur papier recyclé qui pue ?
- Je ne devrais pas rester trop longtemps sur la terrasse de ce petit bistro où le proprio grand br... euh, je m'égare, donc je ne devrais pas rester en plein soleil d'été indien ! j'attrape des coups de soleil.
- J'ai de plus en plus envie de dire, d'écrire : Cut the crap ! Mais je suis trop polie [/gentille/naïve : rayer la mention inutile].
- Cut the crap !!! Ca nous rajeunit pas... Tiens, faut que je me traine à l'expo Basquiat. Ca me rejeunira.


Photo contractuelle mais on ne voit pas très bien le coup de soleil

Bande son : Cut the crap. The Clash

vendredi 8 octobre 2010

Poison pour votre âme

« ... Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l’envers...
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l’oubli mon âme sans remord,
Et, charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort !»

Baudelaire - Le poison
(Jill & Nikopol in Enki Bilal, Immortel)






lundi 4 octobre 2010

Time to kick some ass (private joke)



A bien des égards, ce billet aurait dû avoir une autre couleur et être publié le 1er octobre.

Mais un tout petit rhume, soigné avec une bonne dorlote dérivant sur quelques occupations diverses et la date est passée.

Peu importe. Je m'adapte et vous livre ma pensée du jour :

J'ai en horreur les plagiaires, contrefacteurs et autres faussaires, pompeurs d'idées à défaut de pomper autre chose qu'on ne leur laisse pas approcher.

Sauf ceux qui ont du talent, bien évidemment !

Mais là, le talent somme toute superficiel le dispute à une goujaterie insondable (sauf aux amateurs de cul de basse fosse, il en existe…), ça en devient presque magnifique.

Et pourtant, je me croyais préservée de cette engeance là par ma paranoïa naturelle et quelques mois d'intenses fréquentations minitelistiques.

Et il est vrai que la vie "IRL" me l'avait épargnée jusqu'à présent.

Aussi avais-je abordé le sphère du web avec circonspection, mais candeur.

Il semble d'ailleurs que cette espèce se développe particulièrement bien en micro culture blogosphérique.

Alors enfin, ça y est, je l'ai croisé !

La quintessence du goujat.

Certes, il y a eu quelques prétendants à qui je conserve malgré tout mon amitié ; après tout, si l'on n'accepte pas les défauts de ses amis…

(J'attends donc sans aucune impatience quelques dîners, verres, appels de celui qui trouve un peu con de dire 'allo' à une inconnue, exhibitions publique-privées de phallus et autres gourmandises. A bon entendeur… ils se reconnaîtront. Je ne relance pas, hein...)

Or donc, celui-là a obtenu l'oscar.

Evidemment, cela aurait dû rester dans mon panthéon personnel, sans tabour ni pipeau... euh, trompette.

Mais lorsque je vois avec quelle facilité il continue à pomper les blogs des autres pour nourrir le sien, je suis consternée, non pas de ses agissements… ça le regarde, mais de mon manque de jugeotte, et surtout, de n'avoir pas su écouter mon instinct.

Car au premier regard porté sur lui, j'avais "senti" le personnage.

Oui, je suis très tactile mais pas seulement...


Le voyant disparaître après quelques minutes passées sous mon regard (cf post ad hoc), je m'étais dit... quel malotru, ce type !

Et puis, oui, ensuite j'ai été flattée et ravie qu'il me sollicite !


C'est mon côté diva.

Et lorsque l'on m'a mise en garde, appréciant le personnage peu fréquentable, j'ai répliqué que moi non plus, je n'étais guère fréquentable… et j'ai voulu passer outre mon instinct.

C'est mon côté enfantin.

Ca fait beaucoup.

Puis un beau matin, je me suis levée guérie. J'avais fait une croix sur le personnage, à défaut de le mettre en croix.

Une amie à qui j'en parlais a failli mourir de rire.

Certes je lui confiais que bien qu'étant définitivement guérie, je l'aurais bien encore fait attacher par les pouces et les orteils, ainsi que les c… par quelque maître ès qualité en noeuds qui font mal là où ça fait du bien, puis aurais convoqué une demi douzaine d'hétaïres au corps huilé et nu, le téton arrogant et le cul bien rebondi, armées les unes d'orties, les autres de plumes, pour livré son corps à leurs caresses… plus ou moins amicales...

Je n'irai pas plus loin, je tiens à préserver l'anonymat si jamais quelqu'une prenait le relais… (bon courage !)

Et surtout, ce genre de fête se réserve essentiellement à ceux que l'on estime, n'est-ce pas...

Une autre jeune femme, qu'avec modestie je n'ose qualifier d'amie, devant un thé à la menthe sur une terrasse, me confirma par quelques faits, s'il en était encore besoin, mon égarement.


Je ne précise pas qui est ce goujat magnifique... je crains bien que vous ne le sachiez déjà !


Voilà ! Il paraît qu'un blog n'est pas un lieu pour régler ses comptes.

Bah… ça fait quelques jours que ça couvait et là, le compte est soldé !

NB : et en plus, le rhume est guéri !!!

***

Bon, cela ne va pas m'empêcher de poursuivre mon exploration de la micro blogosphère... d'y publier et commenter, même si je m'en abstiens pour l'instant, et je détourne à dessein une phrase de ce superbe billet de Vinvin :

"Car je me délecte des couloirs sombres, des labyrinthes, des entrepôts, des greniers, des chemins de traverse. J'aime me perdre et douter."



***

Prochains billets :

- Nuit Blanche manquée & jour de picnic dominical réussi !

- Maisons Closes, où petite française vous révèle son fantasme absolu : tenancière de bordel dans le pays du Hole-in-the-wall Gang. (oui, je parle à la troisième personne si je veux ! )

(en avant-goût, vous pouvez toujours chercher "hétaïre" sur g**gle)

Pas d'illustration sonore ou iconographique… ou alors peut-être "Eye of the Tiger"

samedi 25 septembre 2010

Tender Tales of the City: gay porn by Travis Mathews




De blog en blog, ce soir, errance entre transgenre et photos de nus masculins.

Je cherche une référence, un photographe dont j'ai oublié le nom... je revisite ma liste de favoris et je fais une découverte.

I want your love est un court métrage porno gay d'environ 13 mn visible gratuitement, en trailer d'un film à venir.

Comme indiqué sur le site, il s'agit d'un film hardcore : l'acte sexuel est explicite. (je préviens les âmes sensibles)

Toutefois, il y a bien davantage que cela dans ce court métrage que je vous invite à découvrir en VO... un peu dommage certes pour les non anglophones.

C'est ici. FAUT CLIQUER LA !!

Le site présente aussi une intéressante mini vidéo du réalisateur.

Enfin, la musique des Chromatics... autre découverte.


dimanche 12 septembre 2010

Ce regard là...





Un éclat de lumière.

Comme un rai de lumière dans l'eau d'une rivière, dans l'eau de mes yeux parfois si verte.
Sans fard, sans préparation, sans effet.
Sans retouche.
Cheveux nature, emmélés.
Lumière naturelle.
Un simple téléphone portable.


"Madame, ne me regardez pas avec ces yeux là..."


(Je me suis beaucoup amusée à prendre la photo même si elle n'a rien d'exceptionnel)

****
Merci pour vos 17 (17 !!) commentaires sur le post précédent.
Il leur doit un peu, ce regard là...
J'y répondrai.

lundi 30 août 2010

Wow... Ils sont revenus !!!

Ce matin, j'avançais guillerette et ingénue, et en tournant le coin de la rue, je LES ai vus !

Surprise, surprise...

Sur trois rangs de front, par quatre ou cinq, de noir ou gris vêtus.

Le sourire carnassier, la mèche floue sous la petite brise matinale, le pas alongé et le talon fermement planté.

Wow, wow, wow... arrêt sur image.

Gasp...

Et j'ai réalisé.... Ils sont revenus, les hommes en costumes-cravates !

(bon, l'été n'a pas été si désespéré, avouons-le. L'homme en jean a aussi son charme. Voire ses charmes.... mais quand même)

Et immédiatement, j'ai eu un cliché en surimpression... avec cet air de Top Gun dans la tête.

En les croisant, je n'ai pu m'empêcher de sourire et de recevoir de charmants sourires en retour. He he he...

Sourire banane (Dita si vous me lisez...) que j'ai conservé en arrivant au bureau bien longtemps, à la grande joie de mon charmeur de patron, ravi de me voir si enthousiaste.

S'il savait...



Vive la rentrée !!!

Bande son : Top Gun - Take my breath away & Highway to danger zone

(Bon, le monsieur de la photo n'est pas tip top, mais l'idée y est)

lundi 16 août 2010

Dirty Little Secret...

Lu ailleurs, quelques lignes à propos de la tendresse et de l'érotisme me laissent songeuse.

Comment peut-on se passer de tendresse ?

Tendresse à donner, à recevoir... sans arrière pensée que le plaisir d'un regard échangé et d'une chaleur partagée.

Tendresse sans faiblesse ni mièvrerie.

Quelques images tendres et une musique à écouter, plus que les paroles en fait.

Car ce rythme délicieusement langoureux mais soutenu...

c'est peut-être ça le réel dirty little secret.

Une musique idéale pour les heures clandestines, fauves, mauves...

De Sarah McLachlan, on pourra aussi écouter Answer.
J'ai mes raisons pour ne pas l'avoir mis ici.



Simplement



Evidemment




Enchevêtrement


Luxurieusement



Tendrement

jeudi 12 août 2010

Ce soir, rdv des a-mateuses




Un petit post vite fait en clin d'oeil.

Un rendez-vous tout à fait impromptu entre femmes où l'on parlera des photos d'hommes, d'amateur ou de pro.

Je ne vous dis pas où... c'est trop tard pour nous rejoindre (enfin, vous avez mon numéro, au cas où... n'est-ce pas).

Grrrr, je suis même déjà en retard !!! Comme d'habituuuuuuuuude...

Photo special dédicace au 240 poils de la toison de CUI...

B

Credit photo : Levi Poulter by Thomas Synnamon, pour Sensitif

jeudi 5 août 2010

Vulnérable - All through the night

Il pose sa montre sur le chevet après avoir réglé l’alarme.

Le geste est calme et nous fait sourire, complices.

Plus rien n’existe que nous et le présent.

Un baiser léger en prélude, mes mains qui virevoltent, saisissent sa nuque, l'abaisse, l’attire vers moi.

Ma main qui s'insinue sous la chemise. Elle cherche les battements de son cœur qui s’affolent.

Elle trouve sous la pulpe des doigts le délicat mamelon qu’elle affleure.

Sa main qui remonte le t-shirt.

Il me retourne, face au miroir, dans la pénombre.

Saisit à pleine main les seins ni trop lourds ni trop menus.

Palpe, étire, effleure, emprisonne les pointes durcies sous la tendre injonction.

Frissons électriques.

Il devient dur contre mes fesses. Je le sens entre les tissus qui nous séparent encore.

Yeux mi-clos je le regarde sans voir.
Yeux mi-clos, il me voit sans regarder.

Je relève mes cheveux, je veux son souffle sur mon cou.
Ses crocs plantés dans ma nuque.

Plus tard… il joue pour l’instant de mon impatience.

Murmure caresse, les lèvres collées à la peau.

« Coquine, pas de soutien-gorge ? »

Incapable de répondre. Le désir sonde en moi. Profondément. Trop à cet instant.

« Esprit chagrin ? »

« Un peu. Comment le sais-tu ? »

« Ton odeur. Ton calme. »

J’ouvre les yeux alors. Je me repais de son image, de mon image dans ses bras.

Le voile d’ombre se déchire.

Je fais passer le t-shirt au dessus de ma tête.

Dans le même geste, il ôte sa chemise comme j’aime, en la faisant passer par le haut aussi.

Mais il emprisonne à nouveau mes seins.

Son souffle revient sur ma nuque, frôlement léger de ses lèvres qui murmurent à nouveau… inintelligible discours.

Sous la caresse chaude, mon dos se creuse de lui-même.

Je ne vais plus rien maîtriser dans quelques instants et il le sait.

Je sens ses jambes qui s’écartent. Il se cale bien. J’aime sa certitude de l’inéducable.

Devancer ou laisser faire ?

Ma main file vers la ceinture, déboucle, tire, dégrafe.

Mon autre main en appui sur le mur, je me penche un peu vers le miroir.

Je veux rendre mes seins encore plus lourds dans ses mains.

Je veux voir l’indécence du mouvement, du jeu de ses doigts.

Réponse instinctive, il pince.

Agace encore davantage le désir. Impose sa présence. Et m'affole.

Il est dur dans ma main et ma caresse se fait suave, licencieuse.

Sentir à pleine main cette queue chaude et palpitante fait sourdre une fièvre humide dans mon ventre.

Nos yeux se cherchent. Se trouvent. Se perdent.

D’un coup de rein, je presse son sexe entre nos corps, ma main partant loin saisir une fesse, planter les ongles dans la chair. L’attire sans équivoque.

« Garce »

Cette fois la morsure vient, fugace.

J’ouvre la bouche, cri muet. Il sourit, carnassier.

Une main quitte mes seins, son pouce descend le long de mon dos, suit le sillon, écarte, fouille, ses doigts investissent.

Nos avant-bras se touchent, se frottent l’un à l’autre en une promiscuité obscène.

Maintenant ! Je voudrais supplier et pourtant...

Je refuse de basculer. Trop tôt.

Je me redresse.

Je veux autre chose. Aller au bord de la faille.

Je me retourne. Il ne bouge pas. Il lit cette volonté crue. Il la boit. A son tour de se repaître du spectacle.

Etonné l’espace d’un instant.

Sa main sur ma nuque, à l’endroit rendu humide par son haleine, retient ma tête.

Il me retient. Avec une infinie douceur, une indéniable volonté. Je reviens à lui, vers nous.

Puis sa main court le long de mon dos ; il se courbe un peu. Voilà à nouveau ses doigts intrusifs et lents, pourtant happés avidement.

Doucement, nos têtes se rapprochent. Front contre front, et pourtant il n’y a pas de lutte. En équilibre maintenu, fragile.

Il poursuit sa caresse. Je poursuis la mienne.

Il n’existe plus que son membre lourd et chaud dans ma paume.

Il n’existe plus que ses doigts au tréfonds de moi.

We have no past we won't reach back
Keep with me forward all through the night
And once we start the meter clicks
And it goes running all through the night
Until it ends there is no end




mardi 3 août 2010

Vulnérable-s (bis ?)




Parce que nous aimons..., je remonte ce billet en incipit.

Parce que j’ai de la suite dans les idées... (enfin pas toujours)

Parce que j’ai une mémoire (très) sélective et qu’il m’a fallu un temps fou pour retrouver où j’avais vu ceci…

Un petit rien**

faut cliquer mais merci de lire tout le billet avant (parce que je vous connais... vous allez plonger dans ce site)

Personnellement, j'ajouterais encore un petit rien de plus, une perle de lait d'amande douce ou une goutte d'huile sèche...

ou alors un baume...

Et une brune...

B

dimanche 1 août 2010

Tristesse




Avertissement : ce billet est empreint d’une grande tristesse. Si vous ne vous sentez pas en état de la confronter, n’allez pas au-delà de cette ligne. Merci

______________

Il existe une douleur qui m’emporte vers la nausée.

Une douleur que connaissent bien les amants, les amantes, mais aussi les libertins.

Celle que surgit en écho lorsque dans l’autre vie, la « vraie » vie, l’un de nos partenaires, l’une de nos connaissances, l’un de nos amis est touché par un accident de la vie.

Et que par respect pour lui, ou elle, et pour son entourage, on ne peut que de façon très minimaliste manifester sa présence, son réconfort, ses pensées.
Voir pas du tout.

Voilà la rançon que l’on paie à nos heures de liberté, de libertinage.

Et le prix est élevé.

Douleur irraisonnée. Insondable. N'essayez pas...

Voilà qu’en 24 heures, j’apprends que deux personnes dont j’apprécie les blogs et au-delà, la
personne elle-même, sont dans la peine.

Du premier, je ne parlerai pas. Mes lecteurs et lectrices habitués savent.

Le second, je l’évoquerai un peu, en respectant autant que possible son anonymat et je sais que vous ne chercherez pas à savoir qui il est.

J’ai besoin de l’évoquer car j’allais écrire un billet de colère, j’attendais simplement d’être apaisée.

Une colère née du silence. De son silence alors que nous nous sommes rencontrés, que nous avions décidé de prendre le temps de nous retrouver à nouveau… et brusquement le silence.

Sans raison, sans explication.

Alors j’ai refusé de lire ce que tout le monde peut lire, je voulais qu’il m’explique, à moi.

Qu’il s’explique.

Sur cette ébauche de relation qu’il avait souhaité, réclamée et qui n’avait ni engagement, ni enjeu, ni projection dans l’avenir, sinon les plaisirs partagés, la sincérité, l’intensité du moment, la joie du présent…

[oui, je sais, ça fait beaucoup quand même]

Par souci de ne pas être importune, je n’ai pas forcé la confrontation. J’aurais peut-être alors su, et compris.

Aujourd’hui, je comprends.

Je comprends que je suis passé à côté d’un geste d’amitié, par peur d'être importune.

Nous sommes impudiques de nos plaisirs. Si peu de nos états d’âme.

Surtout pas de nos douleurs, de nos peines.

Alors je décide ici d’être impudique au-delà de la limite.

De vous dire. De lui dire.

J’éprouve une douleur insondable, Cher …, dont je ne peux même pas écrire ici le nom ou le pseudo, à n’avoir pu, ne serait-ce qu’en quelques mots, t’apporter un peu de réconfort.

Peu importe la suite qu’aurait eu notre rencontre.

Et il est très probable que tu ne me liras jamais…

Et… mes larmes comme l’eau de l’océan sont d’amertume. Et de tristesse.

Sommes nous si riches d’amitié, le monde est-il si dépourvu de cruauté que nous avons peur d’un signe d’amitié ?

De partager, sourire et larme ...

B

I would not exchange the sorrows of my heart
For the joys of the multitude.
And I would not have the tears that sadness makes
To flow from my every part turn into laughter.

I would that my life remain a tear and a smile.

A tear to purify my heart and give me understanding
Of life's secrets and hidden things.
A smile to draw me nigh to the sons of my kind and
To be a symbol of my glorification of the gods.

A tear to unite me with those of broken heart;
A smile to be a sign of my joy in existence.

I would rather that I died in yearning and longing than that I live Weary and despairing.

I want the hunger for love and beauty to be in the
Depths of my spirit, for I have seen those who are
Satisfied the most wretched of people.
I have heard the sigh of those in yearning and Longing, and it is sweeter than the sweetest melody.

With evening's coming the flower folds her petals
And sleeps, embracingher longing.
At morning's approach she opens her lips to meet
The sun's kiss.

The life of a flower is longing and fulfilment.
A tear and a smile.

The waters of the sea become vapor and rise and come
Together and area cloud.

And the cloud floats above the hills and valleys
Until it meets the gentle breeze, then falls weeping
To the fields and joins with brooks and rivers to Return to the sea, its home.

The life of clouds is a parting and a meeting.
A tear and a smile.

And so does the spirit become separated from
The greater spirit to move in the world of matter
And pass as a cloud over the mountain of sorrow
And the plains of joy to meet the breeze of death
And return whence it came.

To the ocean of Love and Beauty----to God.
Khalil Gibran

Vulnérable (bis)


Parce que j’ai de la suite dans les idées... (enfin pas toujours)

Parce que j’ai une mémoire (très) sélective et qu’il m’a fallu un temps fou pour retrouver où j’avais vu ceci…

Parce que j’aime partager mes secrets*...

Un petit rien**

faut cliquer mais merci de lire tout le billet avant (parce que je vous connais... vous allez plonger dans ce site)

Personnellement, j'ajouterais juste un petit rien de plus, une perle de lait d'amande douce ou une goutte d'huile sèche...

ou alors un baume, parfois apaisant, par nécessité...

B

* Enfin, ça dépend, certains (de vos) secrets sont indiscibles.

** Vos avis, expériences et réactions sont les bienvenus !


Pour la bande son, préférer : Saucerful of Secrets - Pink Floyd 2010

lundi 26 juillet 2010

Vulnérable...

Il suffit d'un rien...



Voire même de rien du tout...



Enfin, un peu quand même...



(photo non contractuelle mais l'idée y est)

[Petite dédicace à Kinky... malheureusement incompréhensible suite à la disparition des commentaires chez lui, le vilain garnement]

B

samedi 10 juillet 2010

Trick or Treat ? Indulge me...





Lui, curieux mais pensif : Ainsi, vous offrez des colliers ?

Elle, pédagogique mais mutine : Un collier. C’est [très] rare mais cela arrive. Cela reste discret à porter, évidemment.

Lui, rassuré : Evidemment.




Elle, sournoisement : et il y a d’autres choses, mais restant toujours dans le registre de la discrétion…




Lui, interrogatif : Oh oui, vraiment ?

Elle, doucereuse : Absolument. A assortir au collier, pour l’élégance…

Lui, confus : Est-ce si discret ? Cela semble maintenir une situation… tendue.

Elle, bienveillante : Tendue certes, mais d'un confort certain. D'ailleurs, le collier n'est pas nécessaire. Et il y a différents modèles. Pour ajuster la tension selon l’humeur, mon humeur…

Lui, dubitatif mais intéressé : Ajuster ?

Elle, crâneuse : Oui, inspiré de l'antique, de certaines pièces de l'empire romain oriental, byzantin. Celtique aussi, des ornements pour des hommes forts, des guerriers, de ces bracelet que l'on enroule, que l'on serre, que l'on déroule ; n'est-ce pas très... esthétique ? Tout un restant absolument secret.


Lui, dans un murmure : Troublant. Excessivement troublant.

Elle, ingénue : Oh, excessivement... vraiment ? Surpris ?

***

Pour éviter le doute, ces anneaux ne se portent ni au doigt, ni au biceps ou au poignet, ni à la cheville. Mais est-ce bien nécessaire de le préciser...



Ah… pour les photos, Ludovic Canot (oui… encore !) pour Gio Photography




Bande son : Noir Désir - Le vent nous portera
"Faudrait voir, faut qu'on y goûte
Des méandres au creux des reins
Et tout ira bien"


mardi 6 juillet 2010

Ohhh Miss....





La nouvelle photo de Miss Peel m'a rappelé ce dessin de Joel Adams, entre autres choses.

NB : Joel Adams est le fils de Neal Adams, le créateur de comics heroes tel que Batman et les X-men.

Mais ne croyez pas que je me la pète avec cette référence. (Bon, un peu quand même...)

En fait, j'ai surtout découvert Joel à travers sa passion pour NUDE, le magazine de Carrie Leigh qui...

Zut, pour aller plus loin il faut que je vérifie les copyrights, que je travaille un peu ce billet. Stop !

J'avais juste envie de publier ce billet [immédiatement] en clin d'oeil. [Edit... en fait j'ai encore moins le temps]

J'ajoute juste ceci. Anastasia Esper, photographiée pour NUDE a déclaré :

"The women in NUDE own themselves. They stand empowered in their glory and are skillfully complimented with artistic ambiance. To be in the pages of this masterpiece of a magazine is a huge honor. When Carrie informed me that she wanted me to be the cover model for this issue, to say the least, I was very excited! Working with Carrie has been an amazing experience. We had an artist chemistry between us that strongly came into play through the photographs."


Ce qui devrait parler à Miss Peel.

L'emphase sur la première phrase est de moi. Non seulement elle est intéressante pour décrire le travail du photographe et du modèle, l'osmose, ou pas, mais aussi en elle-même, sans référence au magazine. La bouche est bouclée.



[Au passage je dédie cette photo à Libertin qui apprécie, je crois, ce type d'ambiance]

B


Ce billet devait être complété par les sources mais je manquais de temps. Publié suite à la protestation de Miss Peel... que l'on ne saurait contrarier sans s'exposer à une moue boudeuse, certes absolument charmante.

lundi 5 juillet 2010

La seconde révolution sexuelle

Je n'aime pas quand Rue89 met un cliché inapproprié pour illustrer un sujet important. "La Presse a-t-elle un sexe ?"

En fait, la bonne question aurait été "La presse a-t-elle un genre ?"

Mais bon... il faut que j'arrête de chipoter sur les mots...

Ensuite, je ne vois pas le rapport entre la question et le cliché montrant une famille de naturistes feuilletant des magazines chez un vendeur de journaux. Quelqu'un aurait-il la bonté de m'éclairer ? Dès qu'on parle de sexe, ou de genre, il faut montrer des gens à poil ?

Enfin, ça ne les gêne pas, chez Rue89, d'afficher une ado nue ? [c'est ce qui me choque le plus et je me demande s'il n'y aurait pas matière à ... enfin bref]

Evidemment, je ne mets ni le lien ni la photo... !


J'aime l'article sur la prétendue "Aube de la révolution sexuelle" (Retour vers le futur 2?) parce qu'il m'a bien fait rire.

Nous avons donc un philosophe, cité plus bas, qui affirme :

"La première chose à savoir quand on parle de révolution sexuelle, c'est que ça reste marginal, ça touche essentiellement une population diplômée, jeune et urbaine."

Lo*na, bimbo "libérée" qui saute au paf du premier venu dans un dé à coudre d'eau bouillonante, icone de cette population "diplomée, jeune, urbaine"... lol !

Jeune, je veux bien, urbaine... ça se discute, mais diplômée... j'ai un gros gros doute. Faudra que je lui demande la prochaine fois que je la croise à la superette !

Le papier poursuit :
"On voit quand même émerger actuellement, avec les mouvements polyamoureux, no kids, ou le développement des théories "queers" des personnes en recherche d'une autre façon de vivre leur(s) couple(s) et leur(s) sexualité(s), de nouvelles façons d'aimer et de vivre son corps, encore plus détaché de la procréation et même de la cellule familiale « traditionnelle ». "

Tiens, tiens... mon oeil s'écarquille. Serait-je en train de vivre un moment historique ?

"Peut-être une nouvelle « libération sexuelle » ? Pour Philippe Combessie [le philosophe du début], « c'est possible, mais comme la précédente, elle risque de rester plutôt urbaine et d'avoir peu d'effets visibles, même s'il est possible qu'elle trouve une caisse de résonance par le biais d'Internet »."

Ce philosphe ressemble aux économistes, incapables de prévoir le boom économique comme la crise, mais affirmatif dans ses analyses. Des faits, des études, des chiffres ??? Rien, nada, et ça ne s'arrange pas :

'Ce n'est pas une nouvelle, mais des tendances qui pouvaient paraître incongrues ou délurées il y a cinq ans le sont beaucoup moins aujourd'hui. Les sextoys sont sortis du placard, même T_F_un en parle, c'est dire."

C'est sur... si la télé en parle, c'est fondé ! Ultra-scientifique la démonstration.

"Comme me l'expliquait Felix Ruckert, chorégraphe et organisateur du stage BDSM où je m'étais fait mal aux fesses [comprendre parce que la journaliste avait dansé, pas pour autre chose... ] :
« Il faut construire un espace, un cadre dans lequel les grands enfants que nous sommes pourraient “se lâcher”. Et où les explorateurs en puissance qui sommeillent, dans ce qui reste d'adolescence en nous, pourraient découvrir de nouvelles facettes d'eux-mêmes et des autres. »"

De "grands enfants", là je veux bien... mais ré-infantiliser le sexe au stade ado, non !

[Le chorégraphe proposerait d'apprendre à "jouer le BDSM". Je n'en sais pas plus.]

Ensuite, le papier évoque ce qui se passerait à Berlin :

"L'évènement X-plore existe depuis sept ans et se définit comme un lieu de « sexualité créative » à travers une quarantaine d'ateliers, démonstrations, conférences et performances.
Le festival vise à présenter des jeux originaux, des personnes qui ont exploré d'autres facettes de leur sexualité, des techniques ou des rituels spécifiques. Les objectifs peuvent être de nature thérapeutique, esthétique, quête spirituelle ou recherche de ses limites : chacun les siens. Les organisateurs parlent de « culture sexuelle »."

La sexualité créative, le sexe récréatif... je rêve éveillée là.

"Culture sexuelle"

oh oui.... un revival des Cours d'amour [petite française, t'as rien compris là... c'est pas des troubadours et du doux pays occitan dont il est question, mais du hardcore "soft", du cul pour le cul mais sans le "cul". assez obscure cette histoire. ]

Vous aurez remarqué au passage que le premier objectif mentionné est de nature "thérapeutique". Le bon viel alibi médical, voire hygièniste.

Ensuite "quête spirituelle" : la rédemption par le sexe... concept très nouveau assurêment. Et surtout lorsque l'on y associe un peu de BDSM... laissez venir à moi les flagellants.

"Recherche de ses limites" : je croyais qu'il s'agissait de créativité, de libération.

Le meilleur est pour la fin :

"Alors, l'avenir dira qui j'étais en ayant la perception en 2010 qu'on est en train de vivre une seconde révolution sexuelle, encore à peine naissante et balbutiante mais irrésistiblement présente… Celle de l'ouverture du potentiel sexuel en dehors des notions de couples.
Vidéo : la bande annonce d'« Emmanuelle », film érotique sorti en 1974."

Mentionner un film de 74 pour illustrer le fait de vivre une "seconde" révolution sexuelle, c'est une vraie trouvaille. J'aurais choisi "Quelques messieurs trop tranquilles pour ma part..." beaucoup plus drole. Et bien moins consensuel.

Sexualité créative, ouverture du potentiel sexuel... vous voyez mon sourire ?

Bref, mes choupinous adorés, sachez-le... vous êtes les protagonistes d'une seconde révolution sexuelle mais vous n'y aurez pas droit... la fête, le grand soir, c'est pour vos enfants ou vos petits enfants !

Mieux vaut en rire...

Et surtout n'oubliez pas : sortez couverts !

B

PS
Petite annonce : Diplomée, (encore) jeune et urbaine cherche partenaire (genre non spécifié) pour exploration de l'ouverture de nos potentiels sexuels en dehors de la notion de couple, notamment en ateliers de groupe, et travaux pratiques en binôme voire minigroupe.

Je crois que je la tiens enfin mon annonce de site de rencontre.

PS2
For the avoidance of doubt : cultiver la sexualité, c'est comme intellectualiser le sexe dans les dîners en ville, il y a toujours un moment où je demande "quand est-ce qu'on passe aux travaux pratiques ?". En général, ça jette un froid. (bon... je pipote un peu là)



Zut... j'oubliais l'indispensable photo perso

dimanche 27 juin 2010

Douce ? Absolument... enfin aussi.


J’ai écrit ailleurs cette affirmation péremptoire : « Il n’y a pas de SM « soft ». Ce n’existe pas. Il y a des relations sensuelles qui font croire que… mais non. »

Affirmation sans nuance. Binaire. Cela est ou ça n’est pas. Frustration de s’exprimer dans un commentaire. J’ai envie d’en rajouter. Alors voilà.


Ce qui m’arrête lorsque je lis SM soft, c’est l’usage de « soft ». Presque une feuille de vigne sur l’indécence. Aurait-on l’idée d’utiliser le mot « doux » ? On utilise certes les termes SM « pur et dur » mais SM « doux »… non seulement ça ne sonne pas bien mais … enfin bref.


J’aime les mots, j’aime le sens des mots.

On me dira que « soft » s’utilise désormais couramment, notamment pour désigner les softs drinks, les sodas sans sucre, donc édulcorés.

Alors SM édulcoré ? Je vois d’ici la grimace de certains. J’entends leur protestation. Ah non !!! surtout pas.

Donc exit le SM soft. Na !

Cependant, dommage de clore le débat ainsi.

D’un autre côté, j’hésite à poursuivre. Je m’en voudrais de réveiller vos plus bas instincts quand bien même ils s’expriment dans la plus grande finesse (et je ne parle pas que de vos mots, mais aussi de vos actes).

Je vous invite donc à la méditation sur ça : Life of Sin, Hank III

[Vivivi… c’est bien moi qui vous invite à écouter « ça ». Il ne faut pas se fier aux apparences, n'est-ce pas ?]

+++

Bon, je pense aussi à vous, les filles, avec une image rafraichissante.

J’aurais bien mis une photo de certains blogueurs sous la douche mais d’autres font ça bien mieux que moi, solliciter les blogueurs. Je m’abstiendrai donc et vous offre celle-ci.




Ludovic Canot - Campagne publicitaire

Autre sound track : Summertime Blues, The Who


B

dimanche 20 juin 2010

Chambre d'hôtel

La survenance de cette deuxième rencontre s’impose peu à peu comme une évidence. Mais rien ne presse. Et puis… il y a un détail à régler.

Elle : chez moi, c’est impossible. Et je crois savoir que chez vous également.

Lui : oui. […]

Elle : et bien une chambre d’hôtel.

Lui : l’hôtel, c’est si impersonnel.

Je sens la réticence. Oui, une chambre d’hôtel c’est impersonnel et banal. Et connoté.

Rendez-vous des heures adultères, des heures mauves, fauves…

Pourtant…

On y trouve aussi ce que l’on y apporte. Il suffit d’un rien pour s’approprier l’espace et rendre le moment singulier.

Le choix de l’établissement importe peu, même si un lieu de qualité ou atypique crée en lui-même une atmosphère accueillante. Mais il est aussi des établissements de qualité dont la banalité est ennuyeuse. D’un autre côté, on n’est pas vraiment là pour la déco !

D’un lieu impersonnel, à nous donc de créer l’ambiance. Soyons audacieux !

Entrée dans la chambre, j’aurais le réflexe de tirer les rideaux, de créer une source de lumière. Tantôt crue, tantôt indirecte. Renverser une lampe de chevet pour en faire un spot, la poser au sol, n’ouvrir que l’éclairage de la salle de bain…

Et puis emplir l’espace d’une odeur, par une bougie aux essences subtiles, stimulantes ou suaves…

Ajouter quelques petites choses personnelles...

Et puis aussi du vin, des douceurs et des saveurs, pour mettre en appétit ou pour se remettre de tant d’émotions.

Une bande son choisie, diffusée par un ordinateur…

Une fois la mise en place terminée, sortir le coeur battant.

Glisser le pass dans une enveloppe qu’on lui donnera.

Et quelques autres idées mais chut… surprises !

Une chambre d’hôtel préserve mon « chez moi », mon cocon. Je m’y sens plus libre.

Pas d’y sombrer dans la débauche ou la dépravation… simplement plus libre.

Libre d'y jouir de toutes les licenses, y compris celle absolument pernicieuses de ne pas y baiser.

Bon, j’avoue il y a certaines chambres dont la description me laisse… songeuse tant elles sont prometteuses mais elles se situent outre-atlantique.

Chambre 108

- Lit queen
- Grand téléviseur plasma avec lecteur CD/DVD
- Miroirs aux murs et au plafond
- Douche multi-jets avec mur en verre et bain tourbillon
- Poteau de danse
- Banquette en cuir
- Plancher chauffant

Mmmm... Poteau de danse ?!!

Ce qui me rappelle cet autre établissement découvert par hasard dans une petite communauté rurale lors d'une exploration transcanadienne. La suite « executive » fort coquine, deux immenses lits avec des tas d’oreillers, un linge de lit fin et d’une blancheur incitant à toutes les souillures, grand jaccuzzi dans la chambre (???) et le fin du fin…

une cheminée !

B

Pour l'illustration, se rapporter à l'humeur du jour. Et rougir...

mardi 8 juin 2010

Simplicité & Temptation(s)

Parce que je suis une grande fille simple, je m'amuse avec un rien.




Alors... tenté ?

(Spécialement dédicacé... pour comprendre il faut aller se promener chez home)

Simple, mais pas seulement...


Ne cherchez pas à comprendre.

Textes suivent, si j'ai le temps.


Sinon, le 11 juin, je me rends à une soirée dédicace un peu hot. Dress code noir. Si ça vous tente... (j'ai commandé 3 ou 4 exemplaires donc j'ai besoin d'un porteur, voyez-vous).

B

dimanche 30 mai 2010

Born in the wild, he died a thousand times…



Self portrait


La mort de Dennis Hopper me plonge dans un proche passé, non vécu mais tant fantasmé, celui de la fin des 50s et des 60s, puis 70s, 80s... émergence du Pop Art, de la contre-culture américaine et de certains films culte.

Dennis Hopper est né à Dodge City, ville incarnant la Frontière, à la limite du monde « sauvage » et civilisé. Lieu des guerres entre éleveurs et fermiers, entre cowboys et bandits, dont l’une des figures emblématiques était Whyatt Hearp, l’homme de OK Corral. Abritant aujourd’hui de gigantesques abattoirs, summum de l’aberration consumériste et catastrophe écologique en puissance [mais non, je n’ai pas décidé d’ouvrir à mon tour un cow-blog ; mais un jour peut-être que j’écrirai sur le gang du Hole in the wall…].


Dodge City, la sauvage …

Born in the wild donc.

Ses parents déménagent à San Diego. Repéré très tôt à Hollywood, il croise une étoile filante, James Dean, qui devient son mentor, son modèle, alors que Dean n’a que 5 ans de plus. Ils tournent ensemble Rebel Without a Cause (1955) et Giant (1956).



Dennis Hopper restera ainsi pour moi Jordan Benedict, le jeune homme malingre, introverti, de Giant, qui ose défier son père, la figure altière du riche texan, archétype de l'Américain joué par Rock Hudson. Mais soutenu par la tendre condescendance de sa mère, Elizabeth Taylor, patricienne de la Côte Est perdue dans l'immensité désertique. Devenant médecin dans le village des ouvriers mexicains misérables qui travaillent sur le ranch familial, il affronte finalement le nouveau riche, James Dean, tantôt cowboy funanbule sans le sou, tantôt balourd roi du pétrole grimé, vieilli et magnifique. (Il y aurait tant à dire sur Dean dans ce film...)







Dans une des scènes finales, alors que la famille rentre en voiture et s’arrête dans un dinner, une bagarre est déclenchée par le propriétaire qui refuse de servir la femme du personnage de Dennis Hopper, elle aussi médecin mais d’origine mexicaine (ou si vous préférez, hispanique).


Ce film est typique de certains films américains qui, sous couvert d’un divertissement à grand spectacle, nous donne à voir le cynique et éternel triomphe de l’élite wasp, pétrie de bons sentiments et d’ambivalence, sur tous les « nouveaux riches » issus du rêve américain.


Cette lecture peut surprendre pour un film qui peut être considéré comme assez mièvre mais c’est la mienne.


Après 56, profondément affecté par la mort de James Dean qu’il n’avait pas quasiment pas quitté pendant les mois de tournage de Giant, Hopper connu une période délicate. Voulant peut-être s’inspirer des exigences et de l’attitude de James Dean, il se rendit insupportable sur le film dirigé par Henry Hattaway, qui exaspéré par l’attitude de Hopper, lui prédit qu’il ne travaillerait plus jamais à Hollywood.

Il a vingt ans à peine.

Les rôles devinrent effectivement si rares qu’il laissa tomber et se rendit à New York notamment pour y suivre à son tour les cours du professeur de Dean, Lee Strasberg, à l’Actors Studio.

Devenu acteur pour la télévision avec des dizaines de rôle de western et autres séries, il était membre d’une toute nouvelle bohème new-yorkaise tout autant que californienne, groupe insolite d’artistes divers, artistes pop, écrivains et poètes. Parmi lesquels Andy Warhol, Allen Ginsberg… et Marcel Duchamp.


The Factory par Dennis Hopper

Détecteur de talents tout autant qu’acteur de la scène artistique, il était lui-même peintre, sculpteur, poète et photographe.


Paul Newman par Dennis Hopper - 1964


Warhol par Dennis Hopper


Mais avant tout un collectionneur de la première heure d’art moderne, tant à Los Angeles qu’à New York ; il acquis une des premières toiles d’Ed Ruscha, ainsi que de Roy Lichtenstein et l’une des fameuses « soupes » de Warhol pour … 75 dollars !

Collectionneur compulsif, il oscillait entre côte ouest et est, allers-retours qui illustre l’étonnante relation amour-haine entre LA, SF et NYC et la grande perméabilité des deux scènes culturelles américaines, jumelles et ennemies.

« Sinking Sun » de Roy Lichtenstein, acheté 1.100 $ fut revendu pour plus de 17 millions, mais cette toile ne lui appartenait plus. Il perdu en effet une (petite) partie de sa collection en raison de ses multiples divorces, aujourd’hui dispersée, la plupart dans les musées européens !


Hopper par Warhol



Une grande partie de ses propres première œuvres, disparut dans les flammes d’un incendie au début des années 60 (ce qui le fit renoncer à peindre pendant 20 ans) ; d'autres ont aussi beaucoup souffert du tempérament de ses épouses ou de leurs conflits, détruites par « d’intempestifs » déclenchements du système anti-feu.
Les flammes et les flots… plaies bibliques, il disait qu’il y avait eu peut-être aussi des locustes mais qu’il ne se souvenait plus trop. Car il n'avait pas toujours le pied sur terre, si on peut dire.



Bien évidemment, Easy Rider (1969) vient à l’esprit dans la suite de sa carrière. Co-écrit avec Peter Fonda, le film qu’il réalisa pour quelques centaines de milliers de dollar en rapporta des millions.

Film tragique, dans lequel les acteurs ne se contentent pas de fumer des menthols et de boire du jus de pomme… C'est toutefois Nicholson qui lui "vole" la vedette.

Ce film nous donne à voir une nouvelle image, cliché quasi instantané sinon prophétique de l’Amérique, ou plutôt des Etats-Unis, dure, amorale, hors normes. Celle qui bouge et celle qui restera éternellement immobile. Là encore, le film d’une élite qui regarde son propre pays en face et qui pointe du doigt ses défauts.

Une nouvelle image, une nouvelle société, un nouveau du cinéma aussi.

Pourtant, la même année, il figure dans un western avec… John Wayne !!

Eternel cycle des contradictions...

Je ne sais pas trop que dire de l'énorme succès commercial du film, Dennis Hopper déclarant lui-même qu’il était dû en grande partie au fait qu’il était diffusé au Vietnam où les soldats retournaient le voir plusieurs fois (cf le docu d’Arte diffusé récemment).


Ce succès lui vaut d’avoir carte blanche pour réaliser son prochain film, The Last Movie, (1971) tourné au Pérou dans une ambiance Drug, Sex and R&R particulièrement orgiaque.

Drogue, sexe et R&R. Et encore plus de drogue... Hopper fortement sous influence, l’editing du film dura plus d’un an avant d’être montré à New York, pendant quelques jours seulement. Un flop, classé parmi les 50 plus mauvais films.

Il me semble cependant, si je le sors de la machine de production hollywoodienne, que l’on peut le regarder d’un œil différent, préfigurant certaines « installations » ou vidéos d’autres artistes. Si un expert veut donner son avis...

Après cet échec, sombrant davantage s'il est possible dans la drogue et l’alcool (comme quoi...), l’enfant prodige d’Hollywood a déjà vécu plusieurs vies à 35 ans.
On le retrouve dix and plus tard, jouant un photographe halluciné dans Apocalypse Now (1979).

Après avoir été retrouvé nu en pleine crise d’hallu dans la jungle, il entre en cure de désintox.

1986 - Acteur de sa propre renaissance, il demanda à Lynch le rôle qu’il incarne dans Blue Velvet, prétendant qu’il « est » Franck. Encore un personnage hors normes, excessif dans le sexe et la drogue, abuseur trouvant son plaisir dans la violence et des pratiques sexuelles SM.

Renaissance de Dennis Hopper et révélation d’Isabella Rossellini, jusqu’alors modèle et icône de la mode, dans un rôle rare de femme à la sexualité à la fois affirmée et abusée.

Personnellement, ce film m’a bien plus troublée et me trouble encore, que Eyes Wide Shut. Et si je n’ai jamais fantasmé sur un acteur, Isabella, that’s another story…

Plus tard encore, Hopper incarne le marchant d’art de Jean-Michel Basquiat (Basquiat, 1996). La boucle semble ainsi se refermer, près de 50 ans après les débuts de l’acteur, du peintre et du collectionneur.



Bad boy excellant dans les rôles de vilains, amoral, indécent, obscène, blasphémateur (cf le self portrait ci-dessus, devant des magazines pornographiques et la scène avec Nicholson « Why Mother, why ? » au pied de la statue de la Vierge), Hopper vota républicain, allez comprendre, avant de rallier l’actuel président.


Lors d’une remise de médaille en France, il déclara que pour un gamin né dans une ferme de Dodge City, c’était un destin inespéré.


Singulier parcours, incarnation du rêve américain… de son enfer aussi.


Out of the Blue


« En 1979, Dennis Hopper entend à la radio la chanson phare de Neil Young: « My My Hey Hey ». Il se prend d’une telle passion pour ce morceau sur la mort et la régénérescence du rock, qu’il l’utilise comme thème l’année suivante pour son film Out of the Blue Out of the Blue. Dans ce morceau, on trouve un vers qui résume sa carrière: « It’s better to burn out/ than to fade away », « Plutôt brûler que s’effacer ». Tout au long de sa vie, tel un phœnix, il a su se brûler les ailes et se réinventer, renaître aux termes d’expériences limites. Ainsi sa vie d’artiste et de cinéaste est riche de flammes et d’explosions régénératrices. » Article Anonyme (c) Turner Movies – Dennis Hopper : l’Incandescent.


"The river flows, it flows to the sea
Wherever that river goes, that's where I want to be
Flow river flow, let your waters wash down
Take me from this road to some other town
All I wanted was to be free
And that's the way it turned out to be...

"Ballad of Easy Rider," by Roger McGuinn of The Byrds


It’s better to burn out/ than to fade away