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dimanche 11 décembre 2011

La soluce (1/2)



 

 
Puisqu'elle est réclamée à corps et à cris, enfin surtout à corps…

Evidences

• La photographie
• Le nu féminin
• Erotisme
• L'insolite
• Un joli cul
• Une vilaine fille
• L'affiche en arrière plan

Insolite

• Une jeune femme mise au coin (pourquoi cela serait-il si banal ?)
• Une jeune femme habillée en garçonne
• L'affiche le capital en arrière plan sur un photo érotique

Mystère

• Le verre repli d'un liquide doré qu'elle semble regarder, ou pas
• La chaise shaker au coin
• Le "truc" avec une fleur de lys


Donc… petite explication :

Je collectionne les photos à l'érotiques SM, selon des critères très personnels, et de manière encore plus sélective, un tout petit nombre de photos où quelque chose d'insolite, de décalé, intentionnel ou non, se passent, souvent en arrière plan.

Ces dernières peuvent être soit pro, comme ici, mais c'est rare.

Soit plus souvent des photos d'amateurs qui "oublient" quelque chose, souvent de leur quotidien, dans le cadre. Ou alors c'est leur quotidien qui s'incruste dans le cadre de manière impromptue.

(Un chat qui se pose devant l'objectif dans un autoportrait, par exemple… suivez mon regard)

Voilà pourquoi cette photo m'intéresse.

Au delà de cette vilaine fille au très joli cul, manifestement, l'affiche n'est pas là par hasard. Pour nous la montrer et qu'on puisse bien l'identifier, le photographe a dû resserrer le cadre, c'est évident. Un peu plus de profondeur de champ nous aurait mieux montré cette jolie silhouette.

Il nous donne ainsi, de manière un peu contrainte, une vue sur ce cul magnifique en premier plan.

N'est-ce pas qu'il captive le regard ?

Après, on prend un peu de recul car autre chose nous intrigue : la jeune femme très féminine est habillée d'un marcel et porte une casquette de prolo. Elle n'est pas du tout androgyne, même si l'on ne voit pas ses seins.

Il est rare que dans l'iconographie érotique, les femmes soient travesties. Elles portent certes parfois des costumes et des cravates, très glamour en général.

Donc, cette garçonne est insolite. Et ce qu'elle fait l'est aussi. Elle soulève son marcel pour dévoiler sa poitrine mais pas à nous.

Elle s'exhibe à l'affiche qui lui fait face.

Y a-t-il un quelconque message ? Franchement, je n'en sais trop rien.

Amis lecteurs pressés, vous pouvez arrêter là et revenir pour la partie 2. Sinon, installez vous très confortablement... la suite est longue et non illustrée (fallait pas réclamer).

***

Examinons les détails :


Le verre avec un liquide doré : là pour le coup, franchement, je sèche. Une petite idée du contenu, ce n'est pas un verre de vin ou à bière mais un petit verre. Un liquide clair. De la verveine ou de la suze ? Vraiment, je ne vois pas…


La chaise shaker : une chaise solide et identifiable, bien qu'à beaucoup elle doit paraître très ordinaire. Ce dossier en échelle n'est pourtant pas si commun et on le trouve à l'origine, il me semble, dans une communauté shaker. Elle est bien entendu d'une stabilité idéale pour ce qui va probablement suivre, cette jeune femme exposant son cul nul et pâle, au coin ! une fessée sur les genoux de celui ou celle qui l'infligera, donc, et il la faut cette solidité, pour supporter non pas un corps mais deux.  On remarquera cependant que là où la chaise est, la configuration spatiale est loin d'être adéquate ! 

Le photographe est justement américain...

La fleur de lys : il est possible que cela soit là pour évoquer le Québec, ou Saint-Louis, Missouri. (oui j'avoue, je cherche à vous égarer)

Ou est-ce le rappel d'un marque, infamante ou pas ?

Car cette fleur de lys évoque le marquage au fer, au fer rouge évidemment, une pratique très ancienne à multiples connotations.

  • Utilisé dès l'antiquité comme marque de propriété des animaux domestiques, un moyen simple, sans risque et presque infalsifiable, mais aussi à connotation magique de protection. 
  • Et encore dès l'antiquité, cela est valable pour les hommes aussi : soit la marque est infamante, apposé à la suite d'une condamnation pour un crime ou un délit, soit la marque d'esclavage, donc aussi de possession, soit une protection empreinte de superstition ou de religiosité .  
  • Enfin cela peut être un signe volontaire et/ou rituel d'appartenance à un groupe, une communauté, une tribu, une société plus ou moins secrète.
A titre de comparaison, le Bindi, qui est lui temporaire, mais souvent porté de manière permanente, est tout autant une marque à la signification multiple. Son utilisation comme ornement et symbole  s'est désormais répandue au-delà de l'Inde, et affranchie de la signification sociale (jeune fille ou femme mariée), religieuse (rituelle hidouiste), apposée sur le chakra du 3è oeil, pour y focaliser le regard de l'autre, ou encore marque de protection bienveillante ou signe de bonne fortune, de spiritualité forte.

Cela reste toujours un symbole festif.

(ça c'est pour entretenir une conversation intello avec l'ado ou pécho la voisine que l'on vous a imposée au prochain dîner de réveillon, messieurs, et qui portera, à n'en pas douter, une des "bindi" autocollants que l'on trouve partout en ce moment. Avouez que je suis sympa quand même !)  

Marque permanente, sur le front ou le corps, elle évoque plutot chez nous l'infamante mutilation du corps, comme on coupe la main du voleur ou du faussaire, que l'on marque l'ivrogne sur le front, l'esclave qui s'enfuit ou le déserteur (le marquage de l'esclave est à l'origine punitif), à la fois la punition, l'identification du coupable et du délit, moyen de prévention de la récidive et de dissuasion pour ceux qui la voit, qui la remarque.

Punition douloureuse, souvent publique, elle se distingue du tatouage qui n'est pas très douloureux et moins "marquant" psychologiquement, (on va éviter le point Godwin, merci), même s'il le reste à vie physiquement.

On marquait en France les prostituées de la fleur de lys et plus généralement les condamnés. Dumas l'indique dans les Trois Mousquetaires par exemple. Et justement beaucoup de ces prostituées furent envoyées "aux Amériques", au début de la colonisation française, étendue du Québec jusqu'à la Nouvelle Orléans.

(On oublie souvent que le territoire français était bien plus vaste que les premières colonies anglaises et dans le sud des Etats-Unis, le territoire esclavagiste est celui de la colonie française d'origine… )

En tant que peine et identification, elle fut abolie, ré-instituée, supprimée, au grè des courants de pensée et de réflexion sur les châtiments corporels, l'amnistie et la réhabilitation, en France certes mais aussi ailleurs.

La lecture de la Lettre écarlate, qui se situe dans un autre contexte, démontre comment une personne frappée du sceau du péché et du délit peut surmonter la culpabilité mais aussi le dégoût et le rejet qu'elle inspire à sa communauté, par ses actes, et donc faire évoluer les mentalités.

Cela pourrait nous entraîner dans un débat assez complexe sur l'aspect punitif et rédempteur, préventif ou intolérable, tant pour soi-même que pour l'entourage, de tout châtiment corporel public, définitif ou non. Tout comme de tout registre, public ou non, des crimes ou délits et de leurs coupables.

Restons sur cette fleur de lys.

L'ambivalence de la marque existe très tôt puisqu'elle peut être soit le signe du Démon, soit celui des élus qui seront protégés à la fin des temps :

Apocalypse : "Il leur fut dit de ne point faire de mal à l'herbe de la terre ni à aucune verdure, ni aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n'avaient pas le sceau de Dieu sur le front."

Ici, le "sceau" de Dieu est protecteur, à la fin de temps. Ailleurs, une marque définitive protégeait potentiellement des maladies.


Toutefois dans le même texte, ceux qui choisissent de se soumettre au démon portent aussi sa marque, celle du malin, celle du "Mal" par appartenance ou soumission.

Là aussi, et en contradiction avec le signe préventif ou protecteur, autrefois, une marque sur les animaux pouvait être celle du "Mal", un signe identifiant de maladie, car il y avait obligation de marquer les animaux malades différemment afin qu'ils puissent être identifiés.

L'idée de traçabilité est ancienne et curieusement, elle s'est un peu perdue avant que des accidents industriels récents n'en réinventent l'usage.

Marque de soumission au démon dans la Bible, marque de soumission aussi dans Histoire d'O ou dans l'univers goréen (Les Chroniques de Gor).

Appartenance et soumission se conjuguent de manière rituelle, plus ou moins volontairement. Ainsi dans le monde de Gor, on nait esclave ou pas. La marque n'est pas un choix.

Est-elle imposée ou proposée et acceptée dans Histoire d'O ? Le livre qui révèle cette pratique SM plutôt confidentielle au grand public et que je choisis par facilité pour l'évoquer ici, bien qu'à de nombreux chefs, je n'apprécie pas ce livre, que je n'ai pu terminer et dont la référence permanente m'agace.

Imposée ou acceptée, là encore cela fait débat. Je ne crois pas que O soit en capacité de refuser. Opinion très personnelle. Car si le début du livre est fortement empreint d'érotisme et de sentiments, la suite bascule, dérive dans le conditionnement et la manipulation.

Au début, la soumission de O est liée à son amour pour son amant. Tout ce qu'elle vit, elle le vit pour lui et par lui, quel que soit celui ou celle qui agit, tout en épanouissant son propre penchant pour la soumission sexuelle. Or l'objet de son amour change alors que sa soumission l'entraîne, à mon sens, au-delà de ce qu'elle souhaite.

Tout le débat est ici de savoir si la dépersonnalisation de O est volontaire et jusqu'à quelle limite cela est réversible, psychologiquement et physiquement, et donc tolérable pour nous.

Le marquage de O est le symbole de cette dépersonnalisation. Ce qui, là encore est complexe. Ecartons-nous de ce que je viens d'évoquer, à savoir si O a le choix ou non.

Il y a un autre aspect, contradictoire celui-ci. Elle est marquée du nom de son propriétaire, à la manière des esclaves (ou des animaux). Mais en même temps, elle est identifiée comme telle aux yeux de tous. C'est donc aussi une marque de reconnaissance de ce qu'elle est.

Cela redonne à O une identité propre et singulière qu'elle n'a pas au début du le livre, où tout comme les personnages sadiens, elle est assez effacée, elle a peu d'identité, de caractère…

Ce n'est donc pas un objet si ordinaire, un meuble dont on parle mais à qui on ne parle pas, comme à la fin du livre.

Si O est marquée, elle est reconnu comme telle par son "maître" ou "propriétaire", ce qui les lient tout autant l'un que l'autre.

La marque est là tout autant un signe de reconnaissance symbolique d'un engagement mutuel.

En dehors de l'univers SM ou BDSM ou historique de l'esclavage, le branding (marquage définitif au fer ou scarification par instruments tranchants) existe pour symboliser aussi cet engagement, ce lien entre deux personnes ou plusieurs, souhaité ou imposé, à des degrés divers de contrainte sociale.

Rituel d'intégration à une communauté, de passage d'un état à un autre.

Il en est d'ailleurs de même du piercing, modification corporelle plus ou moins permanente, très banale pour les oreilles en Occident, le nez ici ou là, et qui se banalise de plus en plus.

En ce qui concerne le branding, une affaire récente de bizutage au couteau pratiquée dans une université française nous rappelle que ce n'est pas l'apanage des fraternités anglo-saxonnes ou des communautés ethniques ou religieuses, en Afrique, Inde, Polynésie , etc.

Si on accepte la marque de sa communauté, de sa tribu, ethnique ou sociale, de sa fraternité, de sa corporation ou de sa confrérie, une fois accomplis des rituels souvent complexes, selon l'âge, la fin de l'instruction (études, entraînement à l'effort, militaire ou sportif, enseignement d'un savoir faire ou savoir-être), cette marque instaure tout autant des tabous, des règles de comportement nouvelles qu'au contraire, elle libère puisqu'elle autorise des actes interdits auparavant.

A vie, (et encore une fois, en dehors de toute connotation SM), elle symbolise aussi des engagements mutuels qui sont extrêmement forts, au-delà du corpus des lois écrites, mais pas, à l'évidence des obligations sociales et communautaires.

Est-il utile se préciser que, dans le contexte SM, cette symbolique est évidemment exacerbée. Et pourtant, d'une grande simplicité, comme je l'indiquais au début. Elle reste toutefois très rare, à l'inverse du piercing ou du tatouage.

Punition, identification de condamnation ou de propriété, signe d'origine ou de reconnaissance, traçabilité, d'immunité ou d'engagement, soumission ou appartenance, rituel imposé ou volontaire …

Amis juristes et philosophes, exégètes et joueurs, je vous laisse à vos réflexions sur la présence de cette fleur de lys.



L'affiche : ah, elle n'a pas échappé aux engagés politiques ! Bravo !

Comme je l'ai indiqué plus haut, pour bien l'identifier, le photographe a été contraint de resserrer le cadrage.

Mais cette note est déjà fort longue…

A suivre donc.

Il est asolument inutile de me réclamer davantage la suite, cette période de l'année étant chargée professionnelement. Par contre, vous pouvez continuer à m'envoyer des photos de votre corps, voire plus si affinités (message perso).

mardi 8 juin 2010

Simplicité & Temptation(s)

Parce que je suis une grande fille simple, je m'amuse avec un rien.




Alors... tenté ?

(Spécialement dédicacé... pour comprendre il faut aller se promener chez home)

Simple, mais pas seulement...


Ne cherchez pas à comprendre.

Textes suivent, si j'ai le temps.


Sinon, le 11 juin, je me rends à une soirée dédicace un peu hot. Dress code noir. Si ça vous tente... (j'ai commandé 3 ou 4 exemplaires donc j'ai besoin d'un porteur, voyez-vous).

B

samedi 21 février 2009

Februo (1/2)

Avertissement : Comme à mon habitude, je ne sais pas faire court. Ce texte est donc long. Très long... S'il vous plait, prenez le temps.

Il se pencha sur ses lèvres entrouvertes pour y partager la gorgée de vin qu’il venait de prendre en bouche, ne quittant du regard ses yeux un peu fous et noyés de larmes qui ne coulaient pas. Elle ne répondait pas à son baiser. Etait-elle déjà perdue loin de lui ? Il sentit contre son torse nu la pointe dure de ses seins. Elle s'affaissait doucement sur lui. Alors qu'elle s'était jusqu'à présent tenue si droite et si fière.

Il se recula, par peur de céder au vertige. Et qu'elle ne l'entraîne dans le sien. Lentement, il remonta le long de ses bras tendus au dessus de sa tête, effleurant sa peau. Du regard, il vérifia la couleur de ses mains. Il avait serré les liens sans mansuétude. Mais elle avait saisit la sangle et la tenait fermement. Il n’avait rien à craindre. Alors il tourna autour d’elle, prenant le temps de lui accorder une pose nécessaire, le temps de la laisser revenir vers lui.

Il observa avec attention les faisceaux de traits rouges et fins qu’il avait dessiné sur ses reins, ses cuisses, la cambrure de son dos. Cherchant le moindre endroit où la peau trop fine aurait cédé, promesse d’une marque irrémédiable.

Pour ne pas reprendre trop vite, il se remémora le chemin qui les avait mené jusqu’à ce moment.

C’était le samedi précédent, ils s’étaient retrouvés épuisés et assoiffés à la sortie de la fn*c et avait décidé de prendre un verre. Il détestait la foule mais avait cédé à sa fringale de livres. Il l’avait laissée seule rapidement, se réfugiant à l’étage de la musique. Pour les livres, il préférait visiter quelques libraires avec qui il prenait plaisir à discuter. Pas un supermarché.

Lui : Alors, des trouvailles ?
Elle : Oh, pas grand-chose.
Lui (en jetant un œil sur le sac qui paraissait bien lourd) : Pas grand-chose ???
Elle : Ah si, un truc amusant mais c’est tout petit. Une anthologie de littérature érotique dans un format tout mini. En fait il y avait un mur entier de romans coquins, et d’autres petites choses : un carnet de chèques « hot » et un autre « love », avec des sortes de gages ludiques, et puis des livres de bain pour adulte en plastique, dont l’un offrait même en promo un de ces fameux canards jaunes !
Lui : Je ne savais pas qu’ils vendaient ce genre de littérature.
Elle : Si, si… mais juste deux étagères planquées dans le coin des livres en langue étrangère. Avec une sélection tout aussi anémique d’ailleurs…
Il la regarde avec un petit sourire.
Elle (se justifiant en rougissant) : c’est d’ailleurs comme ça que je les ai découverts ! En cherchant les bouquins en anglais. Mais là, je me demande bien pourquoi c’était si en évidence. A moins que… oui ça doit être pour la Saint-Valentin.
Lui : Ah oui, tiens. C’est samedi prochain. Qu’est-ce qui te ferait plaisir ?
Elle : Oh pitié ! Ce ne se demande. Et pas de restaurant, de bouquets de fleurs ou je ne sais quoi… pas entre nous ! Ni de soirée en cl…
Elle s’interrompt, fuit son regard. Elle semble chercher l’air en prenant une respiration profonde. Il perçoit soudain le dessin de son pull tendu.
Lui : Ni de soirée où ça ? Va au bout de ta pensée, s’il te plait.
Il ne la lâchera pas. C’est clair.
Elle (après un moment de réflexion, relevant le menton, du défi dans le regard) : En fait, si j’avais un souhait à émettre, pour ce jour-là, j’aimerais bien, Monsieur, qu’enfin vous me montriez toute votre collection.
Elle a appuyé sur le mot « toute », cela ne fait aucun doute. Il sent comme une langue de feu monter de ses reins à sa nuque. Il s’efforce de se maîtriser et répond calmement, froidement.
Lui : Ma collection ? Mais vous savez fort bien que je ne l’expose que pour m’en servir.
Elle se mord la lèvre, ne répond pas immédiatement. Puis d’un petit geste du menton, elle acquiesce.
Elle : C’est entendu. J'ai bien compris et je ne change pas d'idée.
Lui : …
Elle (le relançant, faussement ingénue) : Et vous, que souhaiteriez vous comme cadeau ?
Lui : Je croyais que cela ne se demandait pas. Je vous le dirai samedi, si vous n’avez pas deviné.

Ils avaient ensuite parlé d’autre chose et n’avaient plus évoqué cette soirée les jours suivants.

Jusqu’au moment où, sa verge planté profondément en elle, un long moment immobile au dessus d’elle et observant son impatience, ses petits coups de reins tentateurs, il avait murmuré à son oreille qu’ils se rendraient chez un ami qui lui prêtait sa maison pour le week-end. Un lieu assez isolé mais proche de Paris. Assez simple, en pleine campagne mais peu banal avait-il ajouté.

Elle : Pas banal ? Comment ça ?
Lui : Je préfère garder la surprise. Je te laisse imaginer…

Et il avait repris un mouvement lent et ample, sous son regard qui peu à peu s’agrandissait.

Ils avaient passé la matinée du samedi fort affairés chacun de leur côté mais à s’épier l’un l’autre. Elle avait rempli un panier de victuailles fines et de vin. Il s’amusait toujours de ses préoccupations de ménagères, mais elle lui répliquait que dans l’art de la guerre, il était aussi important d’assurer l’intendance ! Gourmet tout autant que gourmand, il ne l’avait pas démenti.

Lorsqu’à la dernière minute, elle l’avait vu choisir avec soin non seulement chemise et pantalon noirs mais des chaussures de ville, elle avait vite enfoui pull et jean dans un sac et, cachée dans la salle de bain, remplacé sa tenue très casual par une robe gris-noir légèrement satinée, fluide et douce comme une seconde peau, ainsi que des escarpins à fine boucle autour de la cheville.

Sans changer ses dessous, de soie et de dentelles… tant pis pour le clin d’œil et la surprise.

Dans la voiture, ils avaient à peine eu le temps d’entamer la conversation qu’ils étaient déjà arrivés.

A peine, à une ou deux reprises, avait-il posé la main sur sa cuisse puis remonté lentement, accrochant le tissu, jusqu’à la limite de la large dentelle du bas.

Son ongle griffant légèrement la chair nue.


Quelques kilomètres vers le sud-est et c’était déjà la plaine, un petit village, une route étroite, une maison basse et ordinaire derrière un haut portail, à l'abri des regards par une épaisse haie végétale.

Il lui avait demandé de patienter quelques minutes, afin de vérifier les lieux. Certes, un étudiant occupait la maison durant la semaine, comme gardien en quelque sorte, mais il rentrait en province le week-end. Ils seraient donc seuls. Mais il préférait s’en assurer. Il s’éloigna avec leurs sacs de voyage et le panier. Lorsqu’il fut hors de vue, elle se retourna.

Sur le siège arrière, restaient encore le sac de cuir et le simple tube en carton. Un de ces longs tubes que l’on utilise pour transporter les affiches ou les plans. Deux objets familiers. L’un et l’autre étaient toujours en évidence, le sac sous le bureau, le tube appuyé contre la bibliothèque. Il ne les cachait pas. Il lui avait simplement demandé de ne pas y toucher. Juste demandé. Pas interdit. Il aurait pu les mettre dans un placard mais, avait-il expliqué, un peu en plaisantant, il avait besoin de les savoir là, à portée de main et surtout, plus sérieusement, il ne voulait pas les cacher. Les lui cacher.

Lorsqu’il s’absentait seul un week-end, une nuit ou un soir, elle constatait par hasard leur disparition. Elle savait ce qu’ils contenaient. Elle ne lui demandait pas d’explication. Souvent c’était lui qui parlait, ensuite.

Elle jeta plusieurs regards par dessus son épaule, les tempes battantes, réfrénant l’envie de s’en saisir, d’ouvrir l’un et l’autre.

Après de longues minutes, il revint enfin la chercher. Mais, au lieu de la conduire dans la maison, il lui en fit faire le tour pour s’arrêter devant la porte d’une sorte de hangar attenant.

Malgré le froid, il était en chemise et posa le sac et le tube contre la porte, puis se retourna vers elle, qui serrait son manteau étroitement.

Lui : Cet endroit, je vous l’ai dit, est peu banal, tout comme son propriétaire. J’y suis venu plusieurs fois. Pour des soirées, pour des fêtes. C’était très décoré. Là, nous ne serons que deux, c’est donc assez … froid. Peu importe. Nous ne sommes pas là pour le décor, n’est-ce pas ?

Elle ne répondit pas.

Lui (plus solennel encore, l’enveloppant peu à peu de sa voix grave si particulière) : Il y a des règles à respecter. La première est que toute femme entrant ici doit laisser libre accès à son intime.

Elle soutint son regard, y trouva une lueur coquine malgré le ton trop cérémonieux à son goût.


D’un geste, elle ouvrit son manteau, passa les mains dessous, soulevant sa robe par l’arrière mais astucieusement laissant le pan de devant ne rien révéler. Elle suivait le cheminement de ses yeux baissés qui l’observaient. Habilement, elle ôta le slip de tulle ouvragé, le faisant glisser sur une cheville puis l’autre. Puis le lançant par dessus son épaule.

Bravache car, vraiment, elle n’en menait pas large en réalité.

Dommage se dit-il en apercevant le fin vêtement voleter. Il était bien joli, autant qu’il avait pu subrepticement en juger. Mais il avait édicté la règle…

Lui : La deuxième règle est que toute personne doit obéissance inconditionnelle à qui la fait entrer ici. Un « non » prononcé à l’intérieur et cette personne doit partir, sur le champ. Pour ne plus jamais revenir. Je ne transigerai pas. Même si nous ne sommes que tous les deux. Evidemment, nous pouvons convenir d’un autre mot, si vous souhaitez m’alerter de quelque chose qui ne vous conviendrait pas.

Il avait perçu son recul, vu sa fureur dans ses yeux. Il savait qu’elle n’appréciait guère ce genre de rituel pompeux. Alors il eu peur pour la première fois d’avoir été maladroit, peu habile alors que par bien des signes, elle lui avait montré son consentement. Il la prit dans ses bras, la berçant de ses mots.

Lui : Ecoutes-moi. Fais-moi confiance. Il fallait que je le dise ainsi. C’est nécessaire pour moi. Mais c’est ta soirée. (Il la sentit se raidir encore davantage). Pardon, c’est notre soirée. Mais si tu préfères, nous pouvons encore entrer dans la maison, dîner, passer une soirée au coin du feu et profiter d’une balade demain.

Elle (le repoussant doucement) : Je ne suis pas une girouette, vous le savez. Si vous le souhaitez encore, j’aimerais que nous entrions pour enfin visiter cette salle soi-disant si singulière et…

Il l’attrapa alors par le coude et la fit entrer sans la laisser finir. Inutile de la pousser jusqu’à l’insolence. Pas ce soir. Il ne voulait pas qu'elle le force à convoquer ses démons. Pas ainsi.

La salle était assez grande, autant qu’elle pouvait en juger car plongée dans une semi pénombre et coupé en deux par d’épais rideaux rouges qui pendaient d’une poutre, formant une sorte de théâtre. Des canapés disposés en U autour de quelques tables basses occupaient la plus grande partie de ce premier espace ainsi qu’une grande table de bois le long du mur. Il alla chercher le sac et le tube qu’il posa sur la table tandis qu’à sa demande, elle s’asseyait sur un des canapés. Il leur servit un verre de vin à chacun.

Il temporisait un peu, laissant leur colère mutuelle s’apaiser.

Il lui parla du propriétaire, un amateur d’art, lui montrant un épais catalogue dont elle feuillette les pages comme un magazine, presque indifférente. S'arrêtant toutefois un long instant sur une oeuvre majeure. De temps en temps, elle levait les yeux, l’écoutait attentivement. En apparence. Car il voyait son regard dériver au-delà de lui. Elle se haussait un peu, essayant de voir le sac posé derrière lui. Il jugea alors qu’il était temps.

Lui : Ne bougez pas. Je viendrai vous chercher.

Lentement, lui tournant le dos, il sortit un à un chacun des objets. Certain qu’elle ne voyait rien. Lorsqu’il eut fini, il vint la chercher. Se plaçant derrière elle, les mains à peine posées sur ses bras nus, il souffla dans sa nuque :

Lui : Voilà. Regardez les, chacun de ces objets a une histoire, et pour l’un au moins vous la connaissez. Et ce soir, je vous demande d’en choisir un. Un seul. Dont je me servirai.

Il se recula d’un pas sur le côté. Masquant sa fébrilité sous une apparente froideur qu’il avait appris à maîtriser au fil des années.

Ces derniers jours, il ne vivait que pour ce moment très précisément. Ce qui se passerait après, il en connaissait le scénario, vécu tant de fois. Toujours semblable, toujours exaltant et émouvant. Mais ce moment là était unique. Le moment du choix. Du basculement.

Allait-elle se détourner, avec dégoût, avec mépris ? Quitter la salle sans un mot. Elle en était capable.

Il y survivrait. Il rangerait alors le sac. Une nouvelle fois. Dans la voiture, ou peut-être dans la maison, il lui dirait que rien n’a changé, rien ne s’est passé. Ce qui était la stricte vérité, au fond. Ils continueraient comme avant. Au fond de lui, il saurait. Mais il tenterait d’oublier.

Ce qu’il observait n’était cependant ni dégoût ni mépris.

Lorsqu’il l’avait lâchée, elle avait entendu sa phrase mais avait mis un moment avant d’en percevoir le sens. Toute son attention focalisée sur la table. Elle écarquillait les yeux pour mieux les voir. Il les avait soigneusement alignés l’un à côté de l’autre. Une quinzaine, peut-être plus ? Plus d'une quinzaine, cela faisait beaucoup, vraiment beaucoup.

Qu’avait-il dit déjà ? Les mots lui revenaient un par un. Il lui fallait en choisir un. Un seul. Seulement un ? Elle se mordit la lèvre. Puis jugeant qu’il devait lui aussi être un peu sur le qui-vive, elle tendit la main pour les effleurer. Un à un. lentement

Elle commença par l’extrémité droite de la table, à l’opposé de là où il se tenait. Elle négligea les premiers objets. Elle n’avait aucun goût pour le paddle, encore moins pour le battoir, assez impressionnant et trop vulgaire. Par contre, elle décida de caresser du doigt sur toute sa longueur le cuir fauve d’une strap, l’une des deux ou trois lanières de cuir courtes et plates. Mais elle en déjà connaissait la morsure peu supportable.

Elle suivit d’un tour de poignet le cercle de cuir formé par une très longue et fine lanière ocre enroulée sur elle-même. Négligea le second, qui était noir. Elle passa vite sur les martinets et sa main voletait déjà au dessus des cravaches.

Oui, elle reconnaissait celle qu’elle lui avait offerte. Une vraie. Belle tresse de cuir acquise dans un magasin d’équitation spécialisé, en haut de l’avenue Victor H. Elle n’était pas peu fière d’avoir osé l’acheter seule. Davantage par défi que par envie, il est vai.

Evidemment, il l’avait percée à jour. Il lui avait alors tendu son cadeau, lui révélant qu'il avait pour principe de ne jamais utiliser un cadeau sur la personne qui le lui avait offert, qu'il ne cédait pas à ce genre de provocation facile. Mais lui disant qu’il lui revenait l’honneur de l’utiliser la première fois. Il s’était retourné et avait lentement enlevé sa chemise. Sans un mot, il avait attendu. Elle avait fait siffler deux fois dans l’air pour éprouver le poids, la prise en main puis sur son dos nu, sur les muscles dont elle connaissait la géographie, sur la peau si douce, si étrangère et si familière, caressée mille fois, elle avait frappé méthodiquement. Dix fois. Puis, des larmes plein les yeux, elle avait jeté au loin la cravache et saisit son visage, pour le couvrir de baisers.

Il l’avait alors prise bestialement, sauvagement. Comme un reproche à sa faiblesse. Puis peu à peu, il s’était apaisé, comme souvent, dans la volupté de ses rondeurs.

Se souvenait-il de ce moment ? Elle sentait ses yeux sur elle mais ne voulait pas le regarder.

Ensuite venaient diverses cannes, tiges, d’autres instruments… elle désigna du doigt l’un d’entre eux. Une canne souple de couleur et d’aspect ivoire. Une petite partie lisse puis le reste torsadé sur toute la longueur. Comme scuplté. « Qu’est-ce que c’est ?».

Il sentit son cœur s’arrêter. Décidément, elle avait un instinct très sûr. Elle avait désigné l’objet le plus insolite et le plus précieux.

Lui : Il s’agit d’une pièce authentique et rare. Prenez là. Vous constaterez comme elle est légère. Rigide en apparence mais d'une étonnante souplesse. Et pourtant redoutable. Cette canne très ancienne était utilisée dans les prisons au Japon. Pour maintenir la discipline et pour punir. Interdite, elle n’est plus fabriquée à ma connaissance. C’est donc un vrai objet de collection. Il doit y avoir très peu en Occident. Celle-ci m’a été offerte par un amateur qui en exposait plusieurs dans son salon, sous une vitrine. Ce n’est pas mon cas. Comme vous pouvez le constater, l’extrémité est abîmée. Au fil du temps, elle a perdu une bonne dizaine de centimètres.

Elle reposa la canne vivement.

Elle (un peu ironique) : Oh ! Je m’en voudrais de contribuer à abîmer quelque chose d’aussi précieux. Et celui-ci, il me semble neuf mais je suis certaine qu’il a aussi une histoire ?

Il saisit fermement son poignet avant qu’elle ne s’empare de l’objet ocre dont elle avait dessiné le cercle peu de temps auparavant.

Lui : Attention. Celui-ci vous paraît neuf mais en fait, c’est parce qu’il a peu servi. C’est un authentique fouet de vacher utilisé en Amérique du Sud. Il est insupportable. Je vous le déconseille… pour ce soir.

Elle essaya quand même de le prendre, ce dont il se doutait. Il retint donc sa main, serrant un peu plus fort. Elle lutta un instant puis céda, lui faisant comprendre qu’elle acceptait sa décision en se lovant contre lui. Il l’embrassa doucement.

Elle (prenant l’un des martinets aux plus fines lanières) : Celui-ci alors ?

Lui : Choix excellent. Très approprié pour une quasi-initiation. Et pour cette date en fait !

Elle : Pourquoi donc ?

Lui : Je vous raconterai… après. Passons à côté mais avant, je vous veux nue. Entièrement nue. Je vous attends de l’autre côté du rideau.



(à suivre...)

Et vous, savez-vous pourquoi ce choix est judicieux pour ce jour-là ?

samedi 7 juin 2008

Gourmande

Soudain, un désir fou, une pulsion, il l'appelle. il lui pose un ultimatatum.

Ce soir.

Il veut que ça soit ce soir. Si elle n'accepte pas, tant pis. Mais il est au marché, il fait quelques emplettes. Il lui dit tout ce qu'il fait, les délices qu'il choisit. Pour elle, pour eux. Ca suffit de ces correspondances, de ces longues conversations au téléphone. Assez de se contenter des textes où elle se revèle et qui le font bander.

Mais elle se dérobe. Elle avoue sa timidité. Sa pudeur.

Parce que ce sont ces derniers jours à Paris, il en a envie. Il la veut.

Que risquent-ils en fait ? Au pire, une agréable conversation, au mieux une soirée délicieuse.

Elle était très réticente. Elle avait posé ces exigences, des indications bien précises. Elle a peur de son regard.

Un bandeau.

Accepter son rituel à elle, accepter de se laisser guider. Et de satisfaire sa gourmandise en premier. Sa faim de lui, de goûter sa jouissance, de le faire jouir dans sa bouche.

Il a accepté.

Il lui envoie un sms avec l'adresse et ces quelques mots "tu peux annuler à tout moment". Mais il est si charmant...

Elle est perdu dans la banlieue, il la guide au téléphone. Au dernier moment, soudain elle a encore une peur. "Est-ce que tu as prévu des...." elle hésite à dire le mot. Il la rassure. Ca y est. Elle est devant la maison.

Il attend derrière la porte. Elle a le coeur qui bat fort. Cela sera la seule fois. Il faudra que cela soit unique, intense.

Ils hésitent, se murmurent un bonsoir. Elle lui prend la joue, l'embrasse doucement. Il pose ses mains sur elle, sur son visage qu'il découvre du bout des doigts, sur ses épaules, ses seins, ses hanches... Il la capture déjà, mais elle s'écarte. Ce n'est pas ce qui était convenu ! il devait se laisser guider.

Tremblante, craintive, elle explore du regard la grande pièce inconnue.

Sur le sol, une couette, un oreiller devant un feu de cheminée, des bougies.

Comme il lui a décrit au téléphone le matin, de fins copeaux de jambon corse sec et poivré, dés de salers, framboises, petits grains de raisin, Gamay et chocolat extra bitter coupés grossièrement. Disposés harmonieusement sur une table basse.

Surprise par tant d'attentions et empressée, elle l'a sollicité immédiatement, le conduisant au canapé, s'agenouillant entre ses jambes.

Parce qu'elle est si timide, elle ose au-delà, immédiatement.

Sinon, ça ne sera jamais. Elle ouvre la chemise, mais ne perd pas de temps. Déjà la ceinture, le jean. Il se soulève un peu, elle fait glisser les vêtements vers le sol.

Alors doucement, puis goulûment...

Une fois enfin abreuvée et lui ravi, elle lui enlève le bandeau. Ils se redécouvrent. Des yeux et des lèvres.

Petite dînette, à la chaleur du feu.

Lorsque, les lèvres agacées par le poivre, elle a disposé chocolat et framboises entre ses seins, il a compris vite et s'est empressé. Allant de monts en vallée.

Puis il s'est appliqué à faire partager afin d'apaiser le feu de sa bouche, le goût framboises écrasées-chocolat-...

Elle a alors cédé à l'attrait du feu, rampant à quatre pattes, offrant son visage, sa gorge à la chaleur de la flamme, tandis que derrière elle, il se concentrait sur un autre incendie qui couvait.

Il a eu des mots doux et puis des mots crus. "Ta chatte est aussi bonne que ta bouche"

Elle a semblé soudain ailleurs… perturbée. Ils se sont éloignés.

Puis ils sont revenus l'un vers l'autre, l'un à l'autre. Elle s'est montrée, exposée, de sa main faisant renaître le feu. Il a choisi de l'accompagner, de lui donner ses propres doigts.

Surpris par la folle moiteur, la béance, il accepté de la remplir pleinement de sa main.

Il a senti sa langue explorer des territoires que d'aucun s'interdise d'explorer.

Lorsqu'elle l'a exigé, à nouveau, il s'est encore offert à sa vue, à sa bouche ouverte, à sa langue tendue.

L'encourageant à poursuivre sa propre caresse, l'exigeant à son tour, il s'est branlé pour elle, sur sa bouche, enfin, encore. Sous les lueurs du feu rougeoyant.

Lorsqu'il a poussé le feulement ultime, lorsqu'il a giclé sur son visage, elle a ri de plaisir.

Elle : J'adore ton goût ! Excellent !
Lui : C'est vrai que tu es gourmande !!!

lundi 21 avril 2008

Proposition indécente

Préambule :

Scribitur ad narrandum non ad probatum

Je suis une conteuse. J’aime raconter des histoires (dans le bons sens du terme évidemment, je déteste le mensonge).

J’aime que l’on prenne plaisir à les lire. J’aime donner ces plaisirs.

Je n’ai aucune ambition littéraire, je n’ai rien à prouver, rien à justifier.

J’écris. Je vis. Deux facettes différentes, complémentaires. Les émotions, les sensations de l'écritures se suffisente à elles-mêmes. Vivre c'est encore autre chose.


Question de volonté, de générosité, de partage.

En fait, la plupart de ces histoires ont été écrites pour un seul homme, que j’aime et qui m’aime. Amour clandestin. Amour impossible.

Amour pour un homme qui a su délier mon écriture.
Amour pour une femme qui a su le faire rire de ses démons.

Amour ? Il y a tant de définitions à l’amour.

---


Cher V.

Ces prochaines lignes ne s’adressent qu’à vous. Et je me vois contrainte bien malgré moi de les publier ici, sans pudeur, à la vue de tous.

Quelle ironie ! La technologie nous a fait nous croiser. Elle nous sépare. Les chances que nous nous soyons trouvés ce soir-là étaient infimes, je n’aurais jamais dû avoir accès à ma messagerie, je déteste le tchat... vous étiez sans cesse déconnecté.

Oui, je cherche depuis quelque temps un (regard) objectif. J’en ai parlé ici ou là. Faire des photos de charme (ou de cul... n'ayons pas peur des mots) pour dévoiler l'apparence. Jouer la transparence.

Nous avons convenus qu’il s’agit d’un vrai travail, qui ne peut se faire que s’il y a complicité et projet commun, une chose (presque) sérieuse en dehors du jeu.

Mais nous avions aussi l’un et l’autre envie d’un autre jeu. Envie de bâtir une bulle, éphémère. Moment festif et jouissif. Une bulle de savon aussi légère que colorée. Une bulle en dehors du temps.

Je ne peux pas recevoir de sms, mon opérateur ne sait pas pourquoi. J'enrage.

Je n’ai pas accès facilement à mes messages électroniques perso.
Malchance ? peut-être pas… Peut-être que je ne fais pas l’effort parce que je veux vivre plutôt qu’écrire. (cf mon préambule)

Il me reste ce blog que vous allez consulter, alors je me dévoile sans pudeur dans ce petit texte.


Alors je vous fais cette proposition indécente sous forme d'un petit texte... il est transparent.

---

Dans quelques instants, vous ouvrirez la porte du studio. Si j’étais un homme, je vous dirais que je bande, là à cet instant très précis. Et je pense que vous aussi. Car peu importe qui nous somme et ce que nous sommes, nous l'avons décidé. Je ne vous ai menti sur rien. Vous savez à quoi vous en tenir.

Conformément à ce que je demande, vous vous reculerez pour me laisser entrer, vous me tournerez le dos. Je vous laisserai le temps de vous asseoir sur la chaise que vous avez préparée et mettrai ma main sur votre épaule nue. Je croiserai un bandeau sur vos yeux, le nouerai en arrière. Nous n'aurons pas vu nos visages. Mais je connais déjà un peu le votre.

Il me faudra quelques instants avant de poursuivre. Me rendre familière du lieu. Trouver les deux verres et la bouteille d’eau disposés à ma demande encore, peut-être aussi quelques-uns de vos jouets. Pour plus tard.

Je reviendrai vers vous pour saisir vos mains afin de vous laisser explorer mon visage. Je poserai un pied sur votre cuisse pour vous laisser saisir ma cheville. Je vous laisserai choisir de toucher une troisième partie de moi. Me toucher en trois points.

Rituel imposé. Le mien. L’acceptez-vous ? Devant cette porte inconnue, je sais déjà que oui. Et cela me fait frémir.

Après ? Nous verrons bien si la bulle que nous souhaitons bâtir l'un et l'autre se referme sur nous. Et quelles en sont ses couleurs.


Je n'ai aucune chance de lire les commentaire de ce blog avant demain après midi...

mais vous, vous pouvez me téléphoner !

B

vendredi 29 février 2008

Initiation

Toute ressemblance dans la première partie du récit n'est pas fortuite.
Mesdames... lisez jusqu'au bout, une photo d'un homme vous attend, vous qui êtes l'objet de sa vénération...

Partie 1

C'était il y a bien longtemps, j'avais entrepris de faire un petit tour d'Europe. Un type rencontré dans un lieu improbable de beuverie et de fornication m'avait invité à Paris et proposé de garder son appartement quelques temps en son absence. A Paris, il y a beaucoup de cambrioleurs.

Il m'avait montré en partant un curieux petit terminal, un minitel que ça s'appelait. Là-dessus on pouvait se brancher sur des forums et faire des plans cul à souhait.

Il y avait surtout des poufiasses mais ça me gênait pas, je les aimes toutes. Et puis il y a eu aussi cette femme, avec laquelle j'ai d'abord correspondu quelques temps. Elle m'a définitivement marqué. Au propre comme au figuré. Son profil était troublant mais ce qu'elle cherchait ne m'intéressait pas. Trop… wird.

Comme j'avais eu l'idée de lui dire quand même qu'elle écrivait bien, nous avions engagé la conversation virtuelle. J'avais le bonheur de lui plaire parmi tout cet assemblage de parfaits abrutis qui croient qu'on y trouve des princesses étiolées ou des garces à baiser facilement.

Elle m'appelait aussi au téléphone, pour parler de tout et n'importe quoi, en anglais ou en français, de sexe d'une manière si libre que s'en était délicieux et aussi m'apprendre les mots, les usages pour draguer les parisiennes si peu libérées, rien vraiment entre nous.

Parfois d'une voix si lasse mais tellement langoureuse que j'en avais des frissons.

Un jour où je l'agaçais un peu trop, elle m'a proposé une rencontre, sous des conditions bien précises. Je devais acheter quelques objets et l'attendre à demi-nu dans la pénombre, un bandeau sur les yeux. Je n'étais pas emballé par l'idée mais elle avait une voix si douce et si rauque, et par ailleurs des mots si enivrants que je me doutais que le jeu serait différent.

Peut-être se donnait-elle une excuse pour venir baiser avec un jeunot.

Je l'entendais donc dans l'ombre et aveuglé. J'avais seulement demandé à toucher son corps en trois points avant d'aller plus loin.

Elle a sonné, j'ai ouvert la porte et senti le froid sur ma peau. J'ai tendu la main qu'elle a pris dans les siennes. Elle l'a posée sur le velours de sa joue, mon pouce sur ses lèvres entrouvertes et humides. Avant que je puisse m'y glisser, elle a repoussé ma main vers son sein. Elle l'avait promis lourd et ferme. Elle n'avait pas menti.

Pétrissant la chair, l'odeur suave de sa chaleur mêlée à une brume de roses m'a envahi.

Ensuite, sa hanche. Elle m'avait prévenu, sa dernière et récente grossesse avait posé là quelques kilos qu'un divorce pénible n'avait pas encore permis d'effacer.

Je remonte ma main vers la taille cependant bien prise dans un corset de cuir lacé.

Mais elle me repousse brutalement et attend.

Alors déjà vaincu et pour la satisfaire, elle, je baisse la tête, indiquant la chambre de la main.

Elle m'entraîne et me guide vers mon antre seulement éclairé de quelques bougies odorantes qu'elle a exigées. Au bout du lit j'ai aussi disposé ces curieux objets qu'il m'a fallu aller chercher à travers Paris, derrière le rideau rouge d'une boutique au néon sordide d'une petite rue glauque, chez un maroquinier spécialisé d'un quartier luxueux, le cœur pulsant, un peu honteux. Mais aussi animé de la folle volonté de relever le défi obscène.

Une grande plume rouge (pourquoi rouge ? vicieux et amusant)

Un battoir (que j'ai pris un malin plaisir à choisir moche et imposant)

Une cravache fauve. Là, l'indication était précise. Chère. Bel objet.

Mais elle me laisse au centre de la pièce et me demande…

Sa voix douce prononçant des mots si vulgaires et pervers tisse inexorablement autour de moi un cocon infernal.

… de tourner sur moi-même pour me montrer. De très lentement comme une putain, ôter mon pantalon. De croiser mes mains sur ma nuque, de cambrer le cul, d'exposer…

Aucun souci. Je n'ai pas menti non plus. Je suis athlétique, les épaules larges, le ventre bien dessiné, les fesses fermes.

Et surtout elle peut constater déjà l'effet qu'elle me fait.





Mets toi en position !
L'ordre claque et je frissonne. A tâtons, je cherche le bord du lit, m'agenouille, la tête sur mes bras.

Choisis ! que veux-tu que j'utilise ?

Son ton est devenu dur et je commence à paniquer. Le battoir est impressionnant, je sais qu'elle n'osera pas, que c'est pour rire et qu'elle me prendra enfin dans ses bras.

Alors je le choisis et lui dis de la voix basse et vibrante qu'elle m'a avoué aimer, elle ne pourra pas résister. Je l'entend approcher. Crissements de la soie, le frottement de ses cuisses. Puis le silence. Seulement le sang qui bat dans la tête, et les vagues dans le ventre.

J'attends, certain qu'elle détaille mon dos, mes cuisses puissantes et qu'elle les veut, d'ailleurs son odeur nouvelle ne ment pas.

Tu es prêt ? Le ton est toujours cruel et là je flippe vraiment. Et je sens sur mon dos la pointe de sa chaussure peser, puis le talon s'enfoncer.

Le déclic.

Je suis à nouveau calme, tendu mais désormais totalement attentif à tous ces signaux qui envahissent mon corps.
Monde de sensation tout à fait nouvelles.

Je m'attend au pire et j'espère le pire.

De longues minutes… ou peut-être n'était-ce qu'un instant. Craquements du cuir de son vêtement… que fait-elle ?

Et je sens sur mes fesses la douce caresse de la plume qui déjà me fait gémir.

Un peu déçu quand même. Mais je l'avais devinée. Elle.

Encore un long moment à ne sentir que la caresse légère et chatouillante, peu à peu saisi, tremblant d'impatience.

Un claquement vif dans l'air soudain.

Arrête de gémir ! Sinon je m'en vais !

Je mords mon avant-bras. Je dois rester patient. Elle appuie le petit bout de cuir replié qui termine la cravache dans le creux de mon dos, insistant pour que je le creuse encore. J'écarte un peu les genoux et prend une pose désormais bien trop suggestive à mon goût.

Mais je connais l'effet de mon corps sur les filles, d'ailleurs je ne sens que le bout de cuir replié qui termine la cravache qui explore mes fesses, caresse les couilles dégagées, s'insinue juste en peu dans l'anus révélé. Je sais qu'elle ne tardera pas à y mettre le doigt pour m'envoyer si haut que j'en oublierai ce pari finalement si ordinaire.

Un claquement, une brûlure puis deux, trois… ici, là partout et n'importe où la cravache s'abat sans discontinuer, le dos, les fesses, les hanches, les cuisses, tout se met à brûler. Elle est folle !

Je sens mes larmes couler. Qu'elle arrête, qu'elle arrête son délire. C'est insupportable.

Mais je continue à mordre mon avant-bras et subis sans protester.

Les coups se font plus précis désormais. Alternant sur les parties rugueuses peu sensibles puis sur d'autres vulnérables. Envoloppé dans les claquements, les brûlures, m'étouffant dans la saveur salée des larmes...

Si elle frappe encore sur les couilles, je sais que je vais exploser. Mais les coups libérateurs ne viennent pas. Sa chaussure s'en va.

Allonges toi sur le ventre !

Je cède encore. Alors avec une infini douceur, elle étale sur mon dos, mes cuisses, la lotion qu'elle avait réclamé. Enfin elle me demande de me retourner.

Je bande si dur, j'attends qu'elle vienne se planter. Mais elle l'attrape l'anneau qui en décore le bout, clé de bien des plaisirs partagés.

Branles-toi sur ma main !

Sa voix est rauque. J'obéis en la suppliant de venir. Pour toute réponse, elle fait couler sur mon corps des petites gouttes ou de longues traînées de cire chaude. Je commence à faire le mouvement et sens la paume de sa main qui se place au bout de mon gland.

Sur elle, je bute à chaque geste.

Je ne veux plus que ça s'arrête, elle me guide de la voix, précise. Alternant les rythmes pour stopper et relancer. De temps en temps à travers le bandeau je perçois un éclair, je sais qu'elle prend des photos avec le jetable qu'elle m'a réclamé. Lorsque je sens que je n'en peux plus, je lui demande la permission de venir.

Non, ne jouis pas.

Elle pose délicatement alors sur mon méat sa langue, recueille une goutte de sperme qui perle déjà. Je bloque tout. J'attend la caresse libératrice qui va m'envoyer dans la stratosphère.

Mais elle me demande où est la salle de bain. Je lui réponds en bredouillant.

J'entends ses pas qui s'éloignent puis fortement claquer la porte d'entrée.

Pendant quelques jours chaque matin dans la salle de bain, j'ai observé sur mon corps les traces de ces instants. Obstinément sous la douche, j'arrachais la croûte qui se formait sur mon avant-bras, là où j'avais tant mordu.

Ça a fini par s'infecter. A gonfler. J'ai dû aller aux urgences. J'ai dit à l'interne que j'avais été mordu par un chien que je ne connaissais pas.

Un médecin est venu pour me faire une piqûre. J'ai enlevé mon t-shirt. Il a regardé mon dos sur lequel le triangle et le point de la chaussure étaient encore imprimés, puis sur mon torse les points, les traits qui s'effaçaient. Il a réexaminé mon bras. Puis a jeté d'un geste de mépris la seringue dans l'évier. Monsieur, vous me faite perdre un temps précieux. L'infirmière va mettre de l'alcool sur votre bobo.

Partie 2

Elle, l'ai cherché sur tous les forums, j'écrivais des suppliques, des colères, des déclarations enflammées. Je laissais sur son répondeur des demandes impérieuses. Un jour, la ligne a été déconnectée. Je ne l'ai jamais revue. Je n'ai jamais refais ça.

Lorsque je me suis marié, j'ai oté l'anneau.

Aujourd'hui encore, lorsque j'entend une intonation rauque, au téléphone, restaurant, n'importe où, je me prends à espérer. Mais nous ne vivons pas sur le même continent.

Alors je cherche sur le net, des sensations, des frissons. Souvent assez décevant.

Ces jours là quand je rentre au logis tard le soir, dans la maison endormie, où les bruits d'enfants se sont tus, je m'enferme dans mon bureau. Je vais chercher caché parmi les vieux dossiers une pochette, et je regarde en méditant les photos.

Puis je vais dans la chambre retrouver ma belle endormie. Je soulève la couette, et contemple mon tout, ma vie, mon monde, mon univers absolu et secret. Nue sous sa nuisette remontée haut sur son dos, à plat ventre sur le lit, les jambes un peu pliées de côté, elle m'offre la vue de son intimité vénérée et sublime, la seule qui m'enchaîne à jamais désormais.

Alors doucement je l'attire sur le bord du lit, je la réveille tendrement. Je jette un dernier coup d'œil sur la cicatrice de mon avant-bras. Ces soirs là, les étreintes conjugales sont longues et magistrales.

(12/2007)B

Merci à P. pour les photos d'illustration. Elles restent sa propriété et ne sont pas utilisables librement...
Et, pour vous Mesdames... puisque vous me lisez aussi, cadeau :



mercredi 27 février 2008

Un texte ancien

J'aime entretenir des correspondances un peu denses au-delà d'un simple courriel texto et, parfois, offrir mes textes en cadeau. Cadeau singulier écrit pour une seule personne. Parce que je n'osais pas ou ne voulais pas les publier ; souvent plus crus parce qu'ils datent d'avant l'ouverture du blog. Aussi parce qu'il y a parfois des éléments trop personnels si l'on a sauté la barrière du virtuel.

Comme j'ai du mal à écrire, j'ai retrouvé un de ces anciens textes. A peine corrigé. Encore une fois, peut-être par distanciation, le narrateur est un homme. Si l'un(e) de vous, esprit éclairé, pouvez m'expliquer pourquoi... ne vous privez pas.

***

Ma nuit a été bien remplie, parcourir Paris illuminé, le froid juste assez pénétrant pour me maintenir éveillé, prendre des dizaines de photos… J'ai hâte de rentrer pour les voir. Monter les escalier quatre à quatre plutôt que prendre l'ascenseur si lent. Avant entamer le cinquième, un flash m'arrête.

Des clés sur une porte. Je ne sais pas qui habite là, on ne connaît plus ses voisins de nos jours. Dois-je sonner ? Il est si tard. Une impulsion soudaine. Ouvrir, entrer. Juste déposer les clés en évidence.

Les laisser s'étonner. Qui ? Quand ?

J'ouvre doucement. Odeur délicieuse du bois de santal. Il fait ombre. Je distingue une console. Voilà l'endroit idéal. Je m'apprête à y déposer le trousseau sans bruit.

Un cri. Rauque. Animal. Féminin.

Mes pas me guident vers le cri dans la pénombre. Une lueur vacillante. Une porte ouverte. Juste rester sur le pas de la porte. Écouter.

Soupirs encore.

Voix féline qui rit, qui remercie, qui murmure. Je ne comprend rien. Et puis la voix qui enfle à nouveau. De mots, encore des mots.

Gourmande assurément … passer ma langue sous la tienne … te pomper la langue comme je pomperai ta queue… titiller un mamelon de la langue … lécher ton ventre… le long de la veine … … … la claquer sur l'anneau de ton cul … ouvrir la bouche… regarder… gland sur ma langue tendue … avaler tout ton jus …

Par la porte entrebâillée, forme blanche d'amphore sur le fouillis des draps beiges, à même le sol ou presque, ambiance totalement dépouillée d'une chambre où le seul meuble est cet épais matelas de coton sur un sol de sisal.

Elle est couchée sur le côté. De dos, le t-shirt noir remonté sous les aisselles, la chevelure bouclée courte châtain.

Illuminée par quelques flammes de larges bougies, je ne vois que la blancheur de deux hanches rondes, fesses voluptueuses, une jambe relevée haut sous son ventre. Le bras le long du corps, la main enfouie dans le sillon, le petit doigt fouillant l'anus exposé.

Personne d'autre, la lueur du pc allumé en face de son visage, que je ne vois pas. Une photo d'homme affichée.

Quelques murmures encore. Doux. Rieurs. Apaisés.

Puis une supplique : -Oui, je les garderais. Raccroche, je ne pourrais pas.

Ses doigts qui délicatement fouillent en elle, puis elle tord une pointe de la couette et l'enfonce dans la chatte béante.

Je vacille.

Les clés m'échappent. Elle se redresse, me regarde avec effroi.

J'avance doucement vers elle. Calmement, surtout ne pas l'effrayer. Pourtant je serre les dents, mon regard brule. Nos regards se jaugent. Je plonge dans ses yeux, dans la rivière profonde, tumultueuse.

Ma main sur ma ceinture, l'ouvrant d'un coup sec. Déboutonnant juste le haut, sortant mon membre douloureux. Elle suis mon geste des yeux, bouche gourmande entrouverte.

Je saisis ma queue et la présente. Elle ouvre la bouche encore davantage, sort la langue. La lave monte instantanément, je jute sur sa langue. Long filet qui coule sur son menton, son cou, son t-shirt dévoilant un sein généreux.

Elle rit de plaisir. Rire taquin.

Je me mets à genou, ma langue va chercher sur son menton ma semence tandis que mes mains l'étalent sur ses seins, son ventre. Ses lèvres cherchent les miennes. Je goûte sa salive abondante mêlées à mon sperme. Subtil mélange.

Gourmande. Moi aussi. Continuer à explorer de ma langue… les seins larges et gonflés, les deux connes rosés si durs. Le creux du ventre.

Elle gémit à nouveau. Feulements sourds.

La sueur sur son ventre si humide, mêlée de cyprine. Ecœurement léger, mais l'envie est plus forte.

Je veux me déshabiller encore, elle implore. -Garde ton jean, j'aime le tissus rugueux contre ma peau, la ceinture, les boutons. S'il te plait.

Je jette un coup d'œil à l'écran, photo d'un homme en jean, main dans la ceinture entrouverte.

Elle ôte son t-shirt, m'aide à ôter mon pull, me caresse les mamelons durçis, me mord, juste suffisamment, c'est si douloureux déjà. Je saisis ses cheveux. Mais elle se dégage, refuse d'être guidée. Elle inverse les rôles en marmonant des mots impérieux d'une voix onctueuse, envoutante.

Sa main dans mes cheveux repousse ma tête plus bas. L'autre main qu'elle passe sous ses fesses, pour se soulever, s'offrir encore d'avantage, cuisses largement écartées prenant appui sur ses talons.

Ma queue bat à nouveau contre son ventre.

La couette est toujours là, je veux l'écarter.

-Non ! Ne l'enlève pas.

Alors je la repousse de coté, la passant au-dessus de sa jambe. Elle lance l'autre jambe haut pour s'offrir entièrement à ma vue, écartant de deux doigts ses lèvres. Je vois le majeur de l'autre main s'insinuer dans son cul qui palpite. Je me repais de la vue des lèvres rouges boursouflées, écartées, du bouton rosé, de la chatte comblée de tissus humides, du cul doigté lentement.

Du pouce, je caresse son bouton dardé.

Elle grimace, trop sensible. Alors doucement, j'approche ma bouche, souffle dessus délicatement. Je fouille dans l'amas de coton, les chairs humides, deux doigts pour aller chercher la moiteur pour apaiser le feu.

Surprise. Mes ongles griffent une surface d'acier avec de petits picots. Deux billes rondes. Elle est tellement écartée.

Au son de sa voix, qui intime de branler fort, mes doigts deviennent fous. Je tire sur la cordelette pour sortir puis à nouveau faire rentrer brutalement les boules, les faire jouer, enfoncer encore davantage, replier les doigts à l'intérieur pour tirer, les tourner plutôt que pilonner tandis que je tire la peau de son ventre. Je la sens enserrer si fort.

Je la sens venir mais elle me réclame en elle. A genou, tenant sa jambe contre mon torse, j'écarte son doigt, passe l'anneau resserré et m'enfouis lentement.

Elle ne doit pas partir trop vite. Dès que j'ai passé le gland, elle est déjà si animale, bestiale, sans plus de mots, juste ses cris rauques, se soulevant encore. Cherchant à jouir immédiatement.

Je ne veux pas. De nouveau maître de moi, je pilonne marquant un rythme lent. De plus en plus lent.

Elle délire. Elle me griffe le bras, le torse. Brûlure insupportable Alors je me retire, la retourne, glisse le coussin qui est à portée de main sous son ventre. Je resserre ses jambes, claquant ses fesses, et à nouveau je l'encule, avec une infinie lenteur.

Je me regarde faire, appuyé sur un bras.

Verge qui entre et qui sort dans les rondeurs luisantes, couilles qui claquent sur les cuisses resserrées. Envie qu'elle regarde aussi, mais elle lève haut le cul.


Pour ne pas venir, pas encore, je fouille en elle, je sens mes couilles qui jouent contre ses rondeurs.

Encore tenir, encore retenir le flot qui monte impétueux, fort, puissant.

De chienne elle devient louve, le cul tendu vers le male dominant.

Je lui dis des mots sales, je rugis. Envie d'entendre son cri, son hurlement tandis qu'elle rue vers moi, qu'elle se dilate et se contracte sans plus de retenue. Envie qu'enfin elle perde pied.

Alors je lâcherai prise, laisserai la bête agir, mais je veux la voir jouir de moi.


Soudain, elle se redresse, aggripe mes cheveux et cherche mes yeux. Son regard vacille, son corps soudain n'est plus. Je ne le sens plus. Je suis elle. Je griffe, j'imprime mes marques. Mon corps se tend et explose en nous.

Une bête hurle, est-ce moi ? Pour la première fois, j'entends ce cri-là.

Abattu sur elle, je gémis doucement. Long moment en suspension.

Puis elle s'écarte. Me murmure d'attendre un peu. Voix joyeuse et câline, rassurante. Bruits d'eau cristallins alors que je devrais être comateux, je perçois tout et je suis si bien.

Elle revient avec une serviette humide brûlante, une petite cuvette de métal d'eau chaude, me met sur le dos et lentement me lave, m'essuie. La chaleur est merveilleusement apaisante.

Elle a aussi apporté un jus de fruit rouges, jus léger et glacé. Elle soulève ma tête et me l'offre à boire à petites gorgées. Le nectar glisse en moi comme une douche fraîche. Intense sensation de se sentir, se ressentir de l'intérieur.

Lorsque les battements de mon cœur sont calmés, elle m'embrasse doucement, s'allonge à mes côtés, m'attire vers ses seins et me laisse m'endormir.

Au petit matin, je m'éveille. Je suis mains liées à un anneau à la tête du lit, pieds liés par une cordelette dure.

A mes côtés, une cravache de cuir. Et mon appareil photo.

(01/12/2007)
B