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mercredi 27 février 2008

Un texte ancien

J'aime entretenir des correspondances un peu denses au-delà d'un simple courriel texto et, parfois, offrir mes textes en cadeau. Cadeau singulier écrit pour une seule personne. Parce que je n'osais pas ou ne voulais pas les publier ; souvent plus crus parce qu'ils datent d'avant l'ouverture du blog. Aussi parce qu'il y a parfois des éléments trop personnels si l'on a sauté la barrière du virtuel.

Comme j'ai du mal à écrire, j'ai retrouvé un de ces anciens textes. A peine corrigé. Encore une fois, peut-être par distanciation, le narrateur est un homme. Si l'un(e) de vous, esprit éclairé, pouvez m'expliquer pourquoi... ne vous privez pas.

***

Ma nuit a été bien remplie, parcourir Paris illuminé, le froid juste assez pénétrant pour me maintenir éveillé, prendre des dizaines de photos… J'ai hâte de rentrer pour les voir. Monter les escalier quatre à quatre plutôt que prendre l'ascenseur si lent. Avant entamer le cinquième, un flash m'arrête.

Des clés sur une porte. Je ne sais pas qui habite là, on ne connaît plus ses voisins de nos jours. Dois-je sonner ? Il est si tard. Une impulsion soudaine. Ouvrir, entrer. Juste déposer les clés en évidence.

Les laisser s'étonner. Qui ? Quand ?

J'ouvre doucement. Odeur délicieuse du bois de santal. Il fait ombre. Je distingue une console. Voilà l'endroit idéal. Je m'apprête à y déposer le trousseau sans bruit.

Un cri. Rauque. Animal. Féminin.

Mes pas me guident vers le cri dans la pénombre. Une lueur vacillante. Une porte ouverte. Juste rester sur le pas de la porte. Écouter.

Soupirs encore.

Voix féline qui rit, qui remercie, qui murmure. Je ne comprend rien. Et puis la voix qui enfle à nouveau. De mots, encore des mots.

Gourmande assurément … passer ma langue sous la tienne … te pomper la langue comme je pomperai ta queue… titiller un mamelon de la langue … lécher ton ventre… le long de la veine … … … la claquer sur l'anneau de ton cul … ouvrir la bouche… regarder… gland sur ma langue tendue … avaler tout ton jus …

Par la porte entrebâillée, forme blanche d'amphore sur le fouillis des draps beiges, à même le sol ou presque, ambiance totalement dépouillée d'une chambre où le seul meuble est cet épais matelas de coton sur un sol de sisal.

Elle est couchée sur le côté. De dos, le t-shirt noir remonté sous les aisselles, la chevelure bouclée courte châtain.

Illuminée par quelques flammes de larges bougies, je ne vois que la blancheur de deux hanches rondes, fesses voluptueuses, une jambe relevée haut sous son ventre. Le bras le long du corps, la main enfouie dans le sillon, le petit doigt fouillant l'anus exposé.

Personne d'autre, la lueur du pc allumé en face de son visage, que je ne vois pas. Une photo d'homme affichée.

Quelques murmures encore. Doux. Rieurs. Apaisés.

Puis une supplique : -Oui, je les garderais. Raccroche, je ne pourrais pas.

Ses doigts qui délicatement fouillent en elle, puis elle tord une pointe de la couette et l'enfonce dans la chatte béante.

Je vacille.

Les clés m'échappent. Elle se redresse, me regarde avec effroi.

J'avance doucement vers elle. Calmement, surtout ne pas l'effrayer. Pourtant je serre les dents, mon regard brule. Nos regards se jaugent. Je plonge dans ses yeux, dans la rivière profonde, tumultueuse.

Ma main sur ma ceinture, l'ouvrant d'un coup sec. Déboutonnant juste le haut, sortant mon membre douloureux. Elle suis mon geste des yeux, bouche gourmande entrouverte.

Je saisis ma queue et la présente. Elle ouvre la bouche encore davantage, sort la langue. La lave monte instantanément, je jute sur sa langue. Long filet qui coule sur son menton, son cou, son t-shirt dévoilant un sein généreux.

Elle rit de plaisir. Rire taquin.

Je me mets à genou, ma langue va chercher sur son menton ma semence tandis que mes mains l'étalent sur ses seins, son ventre. Ses lèvres cherchent les miennes. Je goûte sa salive abondante mêlées à mon sperme. Subtil mélange.

Gourmande. Moi aussi. Continuer à explorer de ma langue… les seins larges et gonflés, les deux connes rosés si durs. Le creux du ventre.

Elle gémit à nouveau. Feulements sourds.

La sueur sur son ventre si humide, mêlée de cyprine. Ecœurement léger, mais l'envie est plus forte.

Je veux me déshabiller encore, elle implore. -Garde ton jean, j'aime le tissus rugueux contre ma peau, la ceinture, les boutons. S'il te plait.

Je jette un coup d'œil à l'écran, photo d'un homme en jean, main dans la ceinture entrouverte.

Elle ôte son t-shirt, m'aide à ôter mon pull, me caresse les mamelons durçis, me mord, juste suffisamment, c'est si douloureux déjà. Je saisis ses cheveux. Mais elle se dégage, refuse d'être guidée. Elle inverse les rôles en marmonant des mots impérieux d'une voix onctueuse, envoutante.

Sa main dans mes cheveux repousse ma tête plus bas. L'autre main qu'elle passe sous ses fesses, pour se soulever, s'offrir encore d'avantage, cuisses largement écartées prenant appui sur ses talons.

Ma queue bat à nouveau contre son ventre.

La couette est toujours là, je veux l'écarter.

-Non ! Ne l'enlève pas.

Alors je la repousse de coté, la passant au-dessus de sa jambe. Elle lance l'autre jambe haut pour s'offrir entièrement à ma vue, écartant de deux doigts ses lèvres. Je vois le majeur de l'autre main s'insinuer dans son cul qui palpite. Je me repais de la vue des lèvres rouges boursouflées, écartées, du bouton rosé, de la chatte comblée de tissus humides, du cul doigté lentement.

Du pouce, je caresse son bouton dardé.

Elle grimace, trop sensible. Alors doucement, j'approche ma bouche, souffle dessus délicatement. Je fouille dans l'amas de coton, les chairs humides, deux doigts pour aller chercher la moiteur pour apaiser le feu.

Surprise. Mes ongles griffent une surface d'acier avec de petits picots. Deux billes rondes. Elle est tellement écartée.

Au son de sa voix, qui intime de branler fort, mes doigts deviennent fous. Je tire sur la cordelette pour sortir puis à nouveau faire rentrer brutalement les boules, les faire jouer, enfoncer encore davantage, replier les doigts à l'intérieur pour tirer, les tourner plutôt que pilonner tandis que je tire la peau de son ventre. Je la sens enserrer si fort.

Je la sens venir mais elle me réclame en elle. A genou, tenant sa jambe contre mon torse, j'écarte son doigt, passe l'anneau resserré et m'enfouis lentement.

Elle ne doit pas partir trop vite. Dès que j'ai passé le gland, elle est déjà si animale, bestiale, sans plus de mots, juste ses cris rauques, se soulevant encore. Cherchant à jouir immédiatement.

Je ne veux pas. De nouveau maître de moi, je pilonne marquant un rythme lent. De plus en plus lent.

Elle délire. Elle me griffe le bras, le torse. Brûlure insupportable Alors je me retire, la retourne, glisse le coussin qui est à portée de main sous son ventre. Je resserre ses jambes, claquant ses fesses, et à nouveau je l'encule, avec une infinie lenteur.

Je me regarde faire, appuyé sur un bras.

Verge qui entre et qui sort dans les rondeurs luisantes, couilles qui claquent sur les cuisses resserrées. Envie qu'elle regarde aussi, mais elle lève haut le cul.


Pour ne pas venir, pas encore, je fouille en elle, je sens mes couilles qui jouent contre ses rondeurs.

Encore tenir, encore retenir le flot qui monte impétueux, fort, puissant.

De chienne elle devient louve, le cul tendu vers le male dominant.

Je lui dis des mots sales, je rugis. Envie d'entendre son cri, son hurlement tandis qu'elle rue vers moi, qu'elle se dilate et se contracte sans plus de retenue. Envie qu'enfin elle perde pied.

Alors je lâcherai prise, laisserai la bête agir, mais je veux la voir jouir de moi.


Soudain, elle se redresse, aggripe mes cheveux et cherche mes yeux. Son regard vacille, son corps soudain n'est plus. Je ne le sens plus. Je suis elle. Je griffe, j'imprime mes marques. Mon corps se tend et explose en nous.

Une bête hurle, est-ce moi ? Pour la première fois, j'entends ce cri-là.

Abattu sur elle, je gémis doucement. Long moment en suspension.

Puis elle s'écarte. Me murmure d'attendre un peu. Voix joyeuse et câline, rassurante. Bruits d'eau cristallins alors que je devrais être comateux, je perçois tout et je suis si bien.

Elle revient avec une serviette humide brûlante, une petite cuvette de métal d'eau chaude, me met sur le dos et lentement me lave, m'essuie. La chaleur est merveilleusement apaisante.

Elle a aussi apporté un jus de fruit rouges, jus léger et glacé. Elle soulève ma tête et me l'offre à boire à petites gorgées. Le nectar glisse en moi comme une douche fraîche. Intense sensation de se sentir, se ressentir de l'intérieur.

Lorsque les battements de mon cœur sont calmés, elle m'embrasse doucement, s'allonge à mes côtés, m'attire vers ses seins et me laisse m'endormir.

Au petit matin, je m'éveille. Je suis mains liées à un anneau à la tête du lit, pieds liés par une cordelette dure.

A mes côtés, une cravache de cuir. Et mon appareil photo.

(01/12/2007)
B

dimanche 6 janvier 2008

Les Rois Mages

Elle avait relevé son défi dans un éclat de rire. Il était resté sceptique sur le succès de l'entreprise. Il l'avait vue tour à tour mutine, énigmatique, en colère, préoccupée, inquiète. Finalement, elle était venue triomphante déclarer que tout serait prêt. Il avait réclamé quelques explications. Nue, à genou et servant le thé, elle avait entrepris son récit.

Expliquer les dialogues, parfois humiliants. La première rencontre, si décevante. Mais elle est têtue, elle a persisté. La visite dans ce club, alors qu'elle fuit ce genre d'endroit. Troublé, il avait saisi sa nuque, l'avait abaissé vers son ventre. Elle avait refusé. Puis plié.

C'est le jour J. Il s'est préparé. Certes, ce n'est pas la première fois qu'il accepte l'une de ses extravagances. Ou qu'il lui en propose. Mais cette fois, il ne sait rien ou presque. Il n'a fait qu'entrevoir. Et surtout, elle lui a imposé son rôle : il est le Gardien. Accueillir, surveiller, lier. Rien d'autre.


Il relit les instructions qu'elle a adressées : […] Le Gardien vous ouvre. Il ne parle pas. Il désigne une chaise. Déshabillez vous. Prenez le bandeau. Suivez le Gardien et placez vous à genou sur le coussin qu'il vous désigne." Son cœur commence à s'emballer, la peur ? Pas seulement. Et si cela ne fonctionnait pas ? Si tout tournait à la mauvaise farce ? Non, au contraire. Ce sera moment d'exception.

Premier coup de sonnette. Il essuie ses mains moites avec un mouchoir. Il ouvre en se mettant en retrait. L'homme entre, avance de quelques pas. Sourire, évidemment, elle l'a choisi grand, sportif, pas trop jeune pourtant. Ils échangent un regard. Bêtement, il lui tend la main. Il n'aurait pas dû. Mais l'homme lui rend son salut. Poigné de mains vigoureuse. Comme prévu, il se déshabille sans question. Prend le bandeau et le coffret de bois qu'il a apporté.

Désormais totalement dans son rôle, le Gardien l'accompagne vers la chambre, lui désigne le coussin violet. L'homme se met à genou, place le coffret entre ses jambes, l'ouvre. Puis met le bandeau. Un peu gauche, car il ne le fait pas d'habitude, il pose ses mains sur ses chevilles et attends.

Deuxième coup de sonnette. Le Gardien revient rapidement dans l'entrée. Le sang pulse dans sa poitrine. Fébrile, il laisse entrer le deuxième homme. Cette fois, il est nettement plus jeune avec un regard brûlant, un peu fou. Un corps fin mais nerveux. Agité. Il comprend tout à coup son rôle de Gardien. Il se calme totalement. Montre la chaise avec assurance. Le visiteur semble comprendre le double message.

Nu à son tour, il prend la petite fiole et les cristaux translucides qu'il a apportés. Et va s'agenouiller sur le coussin de cuir brun. Calmement.


Troisième coup de sonnette. Avant d'ouvrir, le Gardien prend le temps de boire un peu d'eau. De reprendre son souffle. Comment sera le troisième ? Encore un grand brun ? Ou un gamin blond ? Elle est capable de tout. Peut-être un doux épicurien au ventre rond ?

Mais la personne qui entre le laisse bouche bée. Il croise le regard levé vers lui, fier juste un instant, nécessaire, puis humble. Il désigne la chaise. Le long manteau bien enveloppant tombe des fines épaules. Dans la semi pénombre, il regarde le corps, entièrement nu et scintillant, les courbes voluptueuses, la taille fine. Dans le miroir, il perçoit l'éclat du bijou qui ornemente les aréoles dressées.

Il lui reste à guider son troisième hôte vers le cousin doré. A le regarder s'agenouiller, s'aveugler et mettre les mains sur les chevilles, comme les deux autres.

Elle entre, vêtue d'un nouveau long fourreau rouge carmin et de ses escarpin. Le Gardien rage. Il veut son corps généreux ainsi paré pour lui seul. Mais elle regarde le Gardien avec tant de reconnaissance. Elle lui désigne le fauteuil qu'elle a préparé, avec ses cigares, le verre de cristal et le vieux nectar qu'elle a rapporté de la terre de Gascogne. Et la fine corde de chanvre.

Elle presse tour à tout chacune des épaules. Prends une main, la porte à sa joue, à sa cheville, puis laisse la main choisir d'explorer. Le premier choisit le genou, remonte sur la cuisse. Le second ose tendre la main haut et agripper un sein méchamment. Le Gardien a donné un ordre bref. La main est retombée immédiatement. Elle a pris la troisième main trop hésitante et l'a glissée entre ses cuisses.


"Acceptez-vous ?"

En signe d'approbation
le premier tend alors le coffret porteur de l'encens
Le second tendra les cristaux et la fiole d'huile essentielle de myrrhe

La troisième prendra un de ses seins d'une main en offrande, arquant son corps entièrement enduit d'une huile délicate ornée de paillettes d'or.

Alors, il lui enlève le fourreau et lui lie les mains. La place sur le duvet tendu de fin coton égyptien. Il allume l'encens, dépose un peu d'huile de myrrhe sur chacune des trois mains que les hôtes ont tendue et la livre à leurs jeux. Il s'assoit dans le fauteuil et observe le lent embrasement.

Elle le regarde, l'appelle ; il sourit et affronte son regard en retour. Elle le sait, il n'est pas vraiment obéissant... mais très patient.


B


mercredi 12 décembre 2007

Maudit sans-fil ... soi-disant "ultra performant"

5h45 -
Twiling - Twiling - Twiling
contre son oreille

Elle (sourire mi-éveillée mi-endormie) : Ouiiiiiii ?
Lui (voix bourrue) : Vous m'avez appelé ?
Elle (voix étonnée) : Oh... c'était une erreur. (Mdr, c'est pour ça qu'il ne répondait pas, mdr... 2h du mat, aie aie aie... )
Lui (après un temps, voix virile du petit matin) : Désolé de vous avoir dérangée
Elle (voix.... enfin, sa voix à elle*) : Non, noooooon, c'est moi qui m'excuse.
Lui : Au revoir.
Elle : Au revoir.
---

Elle (mi-endormie encore) : Nom de nom.... quel numéro j'ai fait ??? Mais, mais il n'y a pas de touche bis sur ce machin ???

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8h00
Elle : J'ai rêvé ou quoi ???
Elle (bis) : M'sieur le vendeur de la F... ton sans fil qui grésille, dont l'écran la nuit est illisible, qui a une notice de 30 p à lire (pffff est-ce que j'ai le temps, franchement ?**)..., je vais de te le fourrer dans le f...

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* Pour les uns imaginez, pour ... vous savez !
** Tiens, tiens... voilà un job pour mon sex slave préféré

B

samedi 24 novembre 2007

Halitueux

Avertissement : Ce texte s'adresse aux personnes majeures.
De plus, oui, je sais.. toujours trop long. J'essaie...

22 heures - Je sors du cybercafé que je fréquente depuis quelques temps. Pourquoi un cybercafé ? Au bureau ? Trop sollicitée. A la maison ? Malaise. Cet endroit me permet de me concentrer, de me mettre hors du monde. Enfin presque. La faune qu'on y trouve est intéressante aussi.

Dialogue sur le net, sites de rencontre ? Jamais. Seulement l'écriture. Les mots. Les collages d'images et de mots sur les blogs. Que d'univers découverts.

Les mots à lire, les mots pour surprendre, choquer, séduire, exister. Les mots pour comprendre, pour connaître, pour apprendre, ... pour aimer, pour jouir.

Ce soir-là, encore une fois, jouir et faire jouir des mots. Sortir dans un état vaporeux, halitueux. Légère et … heurter un grand jeune homme. La trentaine entamée, brun, beau visage de mâle, de prédateur, souligné de la barbe de fin de journée. Yeux trop cernés. Et surtout drôle… Souvent assis à côté ou en face de moi. On s'est échangé des douceurs, il a pioché dans mes raisins, il m'a aidée quand j'ai paniqué à cause de la technique, il m'a prêté son cellulaire. On a rit de la naïveté d'une jeunette. Complicité de prédateurs.

Alors là… allez savoir pourquoi, je l'embrasse comme un vieux copain. Il est tout éberlué.

-Ohhhhh ! Excusez-moi… je suis un peu hors du réel. Mais… vous n'avez pas l'air d'aller bien ce soir.

Il me regarde soudain d'un air furieux. -Les françaises sont toutes des … !!! Il ne finit pas sa phrase.

J'entends la musique dans le petit bar à coté. -Allons, venez. N'allez pas au cyber ce soir. Venez donc prendre un café.


Je l'entraîne dans l'ambiance plus agréable du bar. Il se laisse faire. Je ne cherche pas la confidence. N'entame pas le dialogue. Chacun dans sa bulle. C'est lui qui attaque.

-Je ne veux pas être indiscret, mais vous faites quoi au cybercafé ? Du chat ?

-Non, j'écris. C'est comme d'aller au café pour écrire… l'ambiance.

-Vous mentez. J'ai bien vu !!!

… Et alors ? Choqué ? Pourquoi pas ?

-Toi, une femme comme toi, tu n'as certainement pas besoin de ça !

-Et toi donc ? Ne me dis pas que, ici, par exemple, en quelques minutes… tu ne trouverais pas, bien plus facilement que sur un site de rencontre ??? Non, il y a autre chose. Mais je n'ai pas envie d'en parler. Surtout (je regarde l'heure sur mon portable), surtout à présent.

-Oui... peut-être. Mais, j'ai envie de te l'entendre dire. Pourquoi ? La voix est calme, grave, envoûtante. Les yeux plongeant, hypnotisant.

Je lui glisse quelques mots à l'oreille. Il me regarde avec un total mépris. C'est encore plus délicieux. Alors je provoque. -Et là, j'ai tellement envie d'en avoir plein la bouche, plein la figure que j'irais aborder n'importe lequel ici.

Je me lève. -Viens… allons dans les toilettes. Il est stone. Encore plus que tout à l'heure. Assise sur la cuvette, je le dégrafe. M'approche. Il me repousse enfin.

-Non ! Pas ici. J'habite à deux pas.

Bel immeuble, ascenseur, il appuie sur le 3ème. Nous ne parlons pas. Ne nous touchons pas. Mais lorsque l'ascenseur s'arrête, il me retient. -Nous allons plutôt au 6ème. Le ton de la voix. Encore plus grave. Si calme.

Arrêt au 5ème, petit escalier de service en colimaçon. Une porte blindée, puis une autre. Isolation acoustique. Un grand loft mansardé. Décoration minimaliste. Des coussins par terre, quelques matelas, des tabourets, un bar. Des miroirs dans un angle, sur les murs, le plafond, le sol. Mais il m'entraîne plus loin. Une salle ronde. Superbe. Dans certains immeubles anciens, l'angle est couronné d'une pièce en coupole, d'un petit dôme. Un écrin. Là trois grandes fenêtres s'ouvrent sur la ville à nos pieds. Six fauteuils larges de velours rouge grenat, une estrade en miroir au milieu, avec un anneau tendant une lourde chaîne du sol au plafond. Un grand écran. Fascinant.

Il ôte mon manteau, lève mes bras, m'accroche par deux liens à la chaîne sans difficulté. Il est derrière moi. M'entoure de ses bras, m'enlace. -Racontez moi. N'oubliez rien.

Je commence le récit. A chaque pose, il défait un bouton du vieux 501 masculin que je porte. Puis glisse les mains entre le jean et la peau. -Tiens, tiens… Il est presque étonné. Il passe les mains derrière, saisi les rondeurs à pleine main, sans bouger davantage. Je continue… il griffe. Frotte son menton irritant sur ma nuque, les épaules, le dos. Chacun de ses mouvements est une récompense. Baisse le jean sur les bottes, ça ne passe pas. A genou, continue à frotter la barbe sur la peau fine, ferme et ronde, qui doit rosir maintenant. Je ne parle plus. Alors, il se redresse devant moi. Sort un cran d'arrêt. Passe sous le pull de coton noir.

Il attend que je poursuive le récit, on s'affronte du regard. Je continue. La pointe déchire à gauche, au niveau du sein, une première fois, puis à droite. Il sort le couteau, tire le tissus sous l'aisselle, fend la manche pas dessous sur toute la longueur du bras, s'arrêtant à la couture. L'autre bras.

Il se recule. S'en va. Reviens avec une petite table pliante, un laptop, une webcam. S'affaire. Cherche le bon angle. J'apparais sur l'écran. Connexion à un site. Il me regarde. Je soutiens son regard, hautaine.

Suspendez-vous à la chaîne et tendez vos jambes, que j'ôte le pantalon. Je m'accroche, lance mes pieds. J'ai les jambes musclées, un peu fortes. Il faut de la force pour les tenir. S'il ne rattrape pas, on s'arrêtera là. Pas de problème pour lui. Il arrive à ôter une première jambe de pantalon sans enlever la botte, pas la seconde. Ma jambe retombe. Cuisses largement écartées. Nous regardons l'écran tous les deux.

Finalement, il laisse le pantalon. Va s'asseoir, écrit, reçoit des messages. Les lit à haute voix, revient, me fait tourner, pose ses mains, écarte, dévoile, expose, caresse, claque légèrement, comme demandé. Certains mots sont crus, insultants. D'autres sont doux. J'en ris. Ça l'irrite. -Assez joué !

Vous avez dit que vous aviez un blog ? Je donne l'adresse, ajoutant. -Je commence à avoir froid.

Il me regarde de biais. Ça ne le fait pas sourire. Et puis il lit le récit en deux parties.

Racontez-moi celui-là, encore. Mais attendez un instant. Il découpe un morceau du tissus noir et en fait un bandeau. Je l'entend s'éloigner, chercher...


Il revient. Je commence le récit. Je sens alors une pointe de cuir repliée passer sur ma joue. Je sais ce que c'est. Il écarte les lambeaux de coton noir, caresse, agace les pointes, descend, insinue dans le sillon, titille, va-et-vient lentement. Lorsque je perd pied, douce caresse sur la hanche pour me faire revenir. Je suis presque à bout. Alors il ôte le bandeau. Il ne regarde que la longue cravache de cuir roux, belle poignée ouvragée, bel objet. Il voit mon regard sur l'objet. Il réfléchit, sombre, son visage est à l'orage. Il se place de côté, il la pose dans le creux des reins, attends que je poursuive le récit. Juste avant de terminer, il s'approche, m'entoure de son bras, me serre fort, fait tourner la cravache dans sa main, la saisit différemment et descendant du creux des reins, le long du sillon, l'enfonce d'un coup. Je rugis.

Madame, ce soir, les françaises hautaines m'agacent. Je le regarde. Soudain, il me fait peur. Vraiment. Au-delà du nécessaire. Je panique. Il le sent. Alors, il me plante là. S'en va.

Il revient après un long moment. Torse nu. Semble apaisé, beaucoup plus calme. Je n'ai pas bougé, rien dit. Fière encore. Il a deux bouteilles d'un soda brun.

Il me détache. Je glisse sur le sol froid du miroir. Il écarte mes jambes du pied. Le pose sur la cravache qui n'a pas bougée. Me regarde. Regard différent. Admiratif ? Ça serait présomptueux de le dire.

Avez-vous soif ? Lentement, il commence à verser le soda sur ma gorge, mon ventre, les cuisses, puis revient vers ma bouche ouverte, vide la première bouteille. Se met à genou entre mes jambes, se penche. Sa tête à quelques centimètres de ma peau. Enfin. Mais il se redresse, pose un genou sur la cravache pour la fixer et commence à introduire la bouteille dans les chairs halitueuses, baveuses à l'excès, en tournant lentement. Il sent un mouvement. Voit le bassin bouger. Se redresse.

Continuez sans moi. Lentement, il observe la bouteille disparaître. Caresse mon corps collant, en sueur, du bout des doigts, sans jamais toucher aux zones trop sensibles. Il sent que je fatigue, car je me met à bouger d'une manière plus saccadée, moins harmonieuse, alors il avance le genou pour bien caler la bouteille et des deux mains passée derrière, me soulève un peu et me colle à son genou, tenant la cravache en place. Frissons incontrôlables mais pas encore libérée…

Il se dégrafe, se prend en main. Reprend sa bouteille et bois le soda à petites gorgées. Appuie par à-coups du bassin qui entraîne son genou.

Et puis il tend le bras, verse le soda sur mon visage en même temps qu'il gicle un long trait blanc et crémeux.

J'avale le tout.

Plus tard, il sera encore à genou, sa bouche, sa langue, ses doigts... Enfin.

****

Je ne crois pas que je reviendrai dans ce cybercafé.

B



Dédicace : Il se reconnaîtra - "La cravache. Oh elle ne va pas s'enfuir en courant ! Elle ne la voit tout simplement pas. Qui t'a dit que l'on ne pouvait pas faire des choses douces avec une cravache ... et ô combien frustrantes aussi, ce qui est une des caractéristiques désirées de la rencontre, non ?".