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lundi 6 juillet 2009

Hot, hot, hot

Je ne sais pas pour vous mais moi, ce temps chaud a un curieux effet sur ma libido !

J’ai des envies de baise animale, de sexe primitif … instinctif et spontané.

Mais Samedi soir, chaque effleurement, chaque caresse était comme une brulure… il faisait bien trop chaud.

Je crois que j’aurais passé bien plus de temps sous la cascade fraiche de la douche si, par pure bonté, je n’avais cédé la place à mon amant. Je suis trop gentille, non ?


Accessoirement, mais cela n’a rien à voir avec le temps, j’ai constaté que même si ce fut intense et bon, je suis encore, et de plus en plus, déstabilisée par un amant mutique. Même si nous avons longuement et agréablement parlé après.


Bon, même si ça se rafraîchit, il fait encore très beau.




Et vous, ce temps… ça vous rend ramollo ou … horny




The third time I saw lightening strike
It hit me in bed
It threw me around
And left me for dead
For a second that room was on the moon
Then everything went black
I left that house on fire
And I never went back

(The Cure)

vendredi 12 juin 2009

A tous, merci !

J’ai été très touchée par vos commentaires sur mon texte « Improvises-moi ».

Alors je me permets de vous remercier collectivement et plus particulièrement L, mon fidèle lecteur et commentateur.

Ces commentaires sont autant d’encouragements à être courageuse, à oser publier.

Et à être humble.

Car c’est souvent par vanité, trouvant mes textes fades ou pompeux, que je renonce à les publier.

Et puis voilà que j’envahis l’espace d’un autre en tentant de répondre à une question cruciale. N'importe quoi !

Je vais donc préparer ma réponse à Gicerella en tenant d'expliquer mon goût pour l'esthétique et la pratique du shibari.

A bientôt...

B


jeudi 28 mai 2009

Petit message personnel

Je suis privée d'internet pour quelques jours, une semaine peut-être à la suite d'un plantage, d'un court-circuit... de je ne sais pas quoi...

Au bureau, je ne consulte plus les blogs.

Pas le temps, pas envie, de passer au cybercafé.

Mais je réponds encore à mon téléphone...

Bises sucrées-salées.

Improvise-moi...

J’ai commencé à faire une liste… une liste de lieux, une liste pour une rencontre qui se doit d’être surprenante, excitante, innovante sur le simple critère de l’endroit. Il faudrait un lieu insolite pour une rencontre inédite.

Bien évidemment, ce n’est qu’un prétexte. Nous jouons à qui aura la meilleure idée, la moins convenue.

Et puis je me suis soudain souvenu de lui. Lui que j’avais totalement zappé, oublié !

A cette époque, j’étais stagiaire. C’est vous dire que le souvenir remonte loin.

Lui était Vice-Président, mais cela ne signifiait rien… Ils étaient tous VP de quelque chose même s’ils avaient à peine trente ans.

Il était marié.

Ah non, pas exactement. Je me souviens mieux maintenant. Il était fiancé. Du sérieux, la cérémonie qui se prépare un an à l’avance. Deux grandes familles qui s’allient. Il était « engagé ».

Peut-être qu’il brûlait ses dernières cartouches…

Il n’y avait pas encore de téléphone portable à cette époque. « Ils » n’avaient aucun moyen de savoir où nous étions. Aucun moyen de nous joindre, de nous pister. On pouvait trouver n’importe quel prétexte pour justifier ces absences. Il voyageait beaucoup. J’étais encore un électron libre.

C’était bien, c'était si simple…


On ne planifiait rien. On ne savait jamais s'il y aurait une prochaine fois. Parce que l'on n'envisageait rien d'autre que le présent.

« On va prendre un café dehors ? » était notre phrase codée. Avec diverses variantes. S’il était hors du bureau « J’ai fini mon rendez-vous, tu me retrouves pour un café, Place … ? »

Je ne bois jamais de café et il le savait.

On s’enfuyait comme des gamins qui auraient fait l’école buissonnière.

Il trouvait toujours un petit hôtel, au hasard. Il nous suffisait de tourner une rue à gauche, une rue à droite… On ne prévoyait rien.


Il improvisait.

Pour quelques dizaines de francs, la chambre était souvent minuscule mais propre. Rien de sordide, juste banale.

Il aurait pu choisir un palace. Il avait les moyens. Cela n’aurait fait aucune différence. On ne regardait pas le décor.

On y passait à peine quelques heures. Des heures gourmandes. Joyeuses, joueuses.

Des heures fauves aussi. Luxurieuses, licencieuses.

Lequel de nous deux était le plus prédateur ? Lequel était la proie ?

On riait beaucoup. On riait du petit sourire entendu de la réceptionniste, ou alors de l’air pincé du concierge qui nous avait tendu la clé avec dédain parce que l’on n’avait pas de bagage.

On riait de l’écho provoqué par nos rires dans le silence des couloirs désertés en pleine après-midi.

On riait du temps que l’on prenait pour franchir l’espace entre la porte et le lit, une fois la porte refermée, alors que l’un avait longuement plaqué l’autre contre la porte pour le caresser, le lécher, le sucer, le doigter.

On riait du temps qu’il prenait à se déshabiller en posant soigneusement veste et chemise sur le dos d'une chaise, pour ne rien froisser. Alors que je balançais au hasard chemisier, jupe et escarpins. Quand je les enlevais…

On riait du lit trop mou qui l’obligeait à forcer les coups de reins. Ou à nous faire prendre des positions acrobatiques indécentes.

On riait de la douche étroite. Il était grand, il pouvait à peine se tourner. Le rejoindre pour gagner du temps était un prétexte pour rester encore un peu collés. Quand j’acceptais de prendre une douche… j’aimais bien l’odeur de son foutre sur moi.

J’aimais bien porter nos odeurs mélées lorsque le travail se prolongeait tard le soir. Et que ces effluves le faisait rougir et bégayer de confusion, lui si martial. Si self control.

On riait de cette manie qu’il avait de faire semblant de partir, et puis une fois la porte entrouverte, de se pencher pour un dernier baiser et de nous repousser à l’intérieur. Encore…

Parfois on ne parlait pas. On avait juste soif. Soif de sueurs et de fluides.






Souvent on murmurait des mots impudiques, des propositions indécentes, des suppliques lubriques, il les disait parfois en anglais… il avait déjà eu tant d’amantes ailleurs. Je ne comprenais pas toujours mais sa voix tantôt suppliante, tantôt impérieuse me guidait. Et je savais faire la mienne implorante ou vicieuse.

Une fois, il m'a demandé de le rejoindre dans un grand hôtel. Hors de la capitale. Luxe. Bord d’océan. Un séminaire ou un rendez-vous avec un client. Je ne sais plus vraiment. C’était juste une opportunité pour une envie. Un mensonge peut-être.

Je ne voulais pas dormir avec lui. Alors nous n’avons pas dormi. Au petit matin, on a marché sur la plage. Un peu groggy. J’étais étonnée de me retrouver là. Hors cadre. Hors champ.

Il a voulu parler de quelque chose. Puis il s’est ravisé. Je crois qu’il était triste. C’est la première fois que je le voyais triste.

C’était notre dernière fois. Ca, je ne le savais pas.

Quelques jours après, fin du stage. Il était parti à l’étranger. Vers 16h00, alors je faisais le traditionnel petit tour pour remercier, j’ai reçu un gros bouquet de roses pâles d’un célèbre fleuriste de la Rue Royale. Elles avaient de si longues tiges. J’étais très embarrassée.

Je ne lui ai pas laissé mon numéro de téléphone personnel. Ni d’adresse.

J’étais encore une jeune femme trop bien élevée.

On s’est recroisé une fois, quelques mois après ; "ils" me proposaient un vrai job. Je crois qu’il m’a fortement recommandée. Je n’ai pas donné suite.

Beaucoup plus tard, par hasard, j’ai su qu’il avait monté sa propre structure. Qu’il cherchait des collaborateurs. Je venais de divorcer, je cherchais un nouvel emploi, c’était dur. J’aurais pu… mais je n’ai pas voulu.


Aujourd’hui, bizarrement, je me souviens surtout de ces petites chambres banales. De ces rendez-vous improvisés. De nos parfums entremelés.

Nous n’avions pas besoin de lieu insolite, ni de fanfreluches, de décors raffinés, de dentelles, de cordes ou de cuir.

Tout était si simple.

J’ai déchiré la liste.

Et si on allait prendre un café ? Improvise-moi...

lundi 25 mai 2009

A voir, à lire ... et méditer

A voir :

Une très belle et émouvante photo de shibari sur le superbe et singulier blog de L singulière plurielle, où je vais sans jamais commenter, ce qui n'est pas le cas de quelques uns de mes lecteurs, n'est-ce pas ;-))

Donc ici : http://lsinguliereplurielle.blogspot.com/2009/05/une-nouvelle-corde.html

Eventuellement les courts métrages joliment pornographiques (payants) sur Second Sexe (je n'arrive pas à copier/coller le lien).

A lire :

Mes commentaires incendiaires sur un livre pseudo-féministe (le Petit livre rose de la serial loveuse - Servane Vergy - Ed. Blanche) là : http://boudoirlibertin.canalblog.com/ ce qui m'épargne de l'écrire ici !

B

mercredi 4 mars 2009

En kiosque aujourd'hui : Cahier Syles du Monde - Nan Goldin

Mon œil a été attiré tôt ce matin par le cahier spécial Styles du Monde, placé à terre en attente de l’édition de l’après-midi. Une œillade que n’a pas manqué de remarquer la kiosquière qui accepta de m’en « donner » un exemplaire alors que je lui promettais de revenir chercher le journal demain. (Je lis le Monde sur le net, un de mes péchés honteux)

Une belle surprise à l’intérieur. Quelques images de la photographe Nan Goldin. Malheureusement trop peu. Mais trois grands formats.

J’ai eu l’occasion de voir plusieurs de ses diaporamas sonores en différents endroits et différentes époques. Diaporamas dans lesquels elle collabore avec des musiciens et auteurs.
Collaboration que l’on retrouve dans certains livres publiant ses photographies, où l’on peut lire par exemple des textes de Nick Cave, dans The Devil’s Playground (Phaidon Press, Inc., 2003), dont la photo de couverture est un extrait de celle-ci :




Nan Goldin
Jens Hand on Clemens Back, Paris, 2004


Parmi ses images qui m’ont troublée, l’une figure encore sur le site du Centre Pompidou (Clemens and Jens lovemaking, 2001) mais je ne peux la capturer et vous invite à visiter les pages du site.

http://www.centrepompidou.fr/expositions/nangoldin/fr/flashback.html

Je me souviens aussi d’une autre photo explicite (Jens entering Clemens (after Caravaggio) là encore impossible à capturer). Ces photos ont contribué à me donner une perception différente, plus douce, plus tendre des relations homme/homme que je me projetais animales et brutales.

Lorsque je regarde certains instantanés illustrant les blogs, intimistes, couleurs saturées, je retrouve le style de Nan Goldin et, quelque part, sa volonté de capturer la vie.

Toutefois, il existe une part plus sombre de son œuvre, liée aux errances des années 80-90 (sex, drugs, grunge, contre-culture, etc) ainsi qu’à son histoire personnelle de violences conjugales et d’abus de substances.

Elle a toutefois toujours été proche du monde de la mode.

Je n’ai malheureusement pas le temps d’en écrire davantage sur cette photographe mais G**gle est votre ami !



B

samedi 21 février 2009

Februo (1/2)

Avertissement : Comme à mon habitude, je ne sais pas faire court. Ce texte est donc long. Très long... S'il vous plait, prenez le temps.

Il se pencha sur ses lèvres entrouvertes pour y partager la gorgée de vin qu’il venait de prendre en bouche, ne quittant du regard ses yeux un peu fous et noyés de larmes qui ne coulaient pas. Elle ne répondait pas à son baiser. Etait-elle déjà perdue loin de lui ? Il sentit contre son torse nu la pointe dure de ses seins. Elle s'affaissait doucement sur lui. Alors qu'elle s'était jusqu'à présent tenue si droite et si fière.

Il se recula, par peur de céder au vertige. Et qu'elle ne l'entraîne dans le sien. Lentement, il remonta le long de ses bras tendus au dessus de sa tête, effleurant sa peau. Du regard, il vérifia la couleur de ses mains. Il avait serré les liens sans mansuétude. Mais elle avait saisit la sangle et la tenait fermement. Il n’avait rien à craindre. Alors il tourna autour d’elle, prenant le temps de lui accorder une pose nécessaire, le temps de la laisser revenir vers lui.

Il observa avec attention les faisceaux de traits rouges et fins qu’il avait dessiné sur ses reins, ses cuisses, la cambrure de son dos. Cherchant le moindre endroit où la peau trop fine aurait cédé, promesse d’une marque irrémédiable.

Pour ne pas reprendre trop vite, il se remémora le chemin qui les avait mené jusqu’à ce moment.

C’était le samedi précédent, ils s’étaient retrouvés épuisés et assoiffés à la sortie de la fn*c et avait décidé de prendre un verre. Il détestait la foule mais avait cédé à sa fringale de livres. Il l’avait laissée seule rapidement, se réfugiant à l’étage de la musique. Pour les livres, il préférait visiter quelques libraires avec qui il prenait plaisir à discuter. Pas un supermarché.

Lui : Alors, des trouvailles ?
Elle : Oh, pas grand-chose.
Lui (en jetant un œil sur le sac qui paraissait bien lourd) : Pas grand-chose ???
Elle : Ah si, un truc amusant mais c’est tout petit. Une anthologie de littérature érotique dans un format tout mini. En fait il y avait un mur entier de romans coquins, et d’autres petites choses : un carnet de chèques « hot » et un autre « love », avec des sortes de gages ludiques, et puis des livres de bain pour adulte en plastique, dont l’un offrait même en promo un de ces fameux canards jaunes !
Lui : Je ne savais pas qu’ils vendaient ce genre de littérature.
Elle : Si, si… mais juste deux étagères planquées dans le coin des livres en langue étrangère. Avec une sélection tout aussi anémique d’ailleurs…
Il la regarde avec un petit sourire.
Elle (se justifiant en rougissant) : c’est d’ailleurs comme ça que je les ai découverts ! En cherchant les bouquins en anglais. Mais là, je me demande bien pourquoi c’était si en évidence. A moins que… oui ça doit être pour la Saint-Valentin.
Lui : Ah oui, tiens. C’est samedi prochain. Qu’est-ce qui te ferait plaisir ?
Elle : Oh pitié ! Ce ne se demande. Et pas de restaurant, de bouquets de fleurs ou je ne sais quoi… pas entre nous ! Ni de soirée en cl…
Elle s’interrompt, fuit son regard. Elle semble chercher l’air en prenant une respiration profonde. Il perçoit soudain le dessin de son pull tendu.
Lui : Ni de soirée où ça ? Va au bout de ta pensée, s’il te plait.
Il ne la lâchera pas. C’est clair.
Elle (après un moment de réflexion, relevant le menton, du défi dans le regard) : En fait, si j’avais un souhait à émettre, pour ce jour-là, j’aimerais bien, Monsieur, qu’enfin vous me montriez toute votre collection.
Elle a appuyé sur le mot « toute », cela ne fait aucun doute. Il sent comme une langue de feu monter de ses reins à sa nuque. Il s’efforce de se maîtriser et répond calmement, froidement.
Lui : Ma collection ? Mais vous savez fort bien que je ne l’expose que pour m’en servir.
Elle se mord la lèvre, ne répond pas immédiatement. Puis d’un petit geste du menton, elle acquiesce.
Elle : C’est entendu. J'ai bien compris et je ne change pas d'idée.
Lui : …
Elle (le relançant, faussement ingénue) : Et vous, que souhaiteriez vous comme cadeau ?
Lui : Je croyais que cela ne se demandait pas. Je vous le dirai samedi, si vous n’avez pas deviné.

Ils avaient ensuite parlé d’autre chose et n’avaient plus évoqué cette soirée les jours suivants.

Jusqu’au moment où, sa verge planté profondément en elle, un long moment immobile au dessus d’elle et observant son impatience, ses petits coups de reins tentateurs, il avait murmuré à son oreille qu’ils se rendraient chez un ami qui lui prêtait sa maison pour le week-end. Un lieu assez isolé mais proche de Paris. Assez simple, en pleine campagne mais peu banal avait-il ajouté.

Elle : Pas banal ? Comment ça ?
Lui : Je préfère garder la surprise. Je te laisse imaginer…

Et il avait repris un mouvement lent et ample, sous son regard qui peu à peu s’agrandissait.

Ils avaient passé la matinée du samedi fort affairés chacun de leur côté mais à s’épier l’un l’autre. Elle avait rempli un panier de victuailles fines et de vin. Il s’amusait toujours de ses préoccupations de ménagères, mais elle lui répliquait que dans l’art de la guerre, il était aussi important d’assurer l’intendance ! Gourmet tout autant que gourmand, il ne l’avait pas démenti.

Lorsqu’à la dernière minute, elle l’avait vu choisir avec soin non seulement chemise et pantalon noirs mais des chaussures de ville, elle avait vite enfoui pull et jean dans un sac et, cachée dans la salle de bain, remplacé sa tenue très casual par une robe gris-noir légèrement satinée, fluide et douce comme une seconde peau, ainsi que des escarpins à fine boucle autour de la cheville.

Sans changer ses dessous, de soie et de dentelles… tant pis pour le clin d’œil et la surprise.

Dans la voiture, ils avaient à peine eu le temps d’entamer la conversation qu’ils étaient déjà arrivés.

A peine, à une ou deux reprises, avait-il posé la main sur sa cuisse puis remonté lentement, accrochant le tissu, jusqu’à la limite de la large dentelle du bas.

Son ongle griffant légèrement la chair nue.


Quelques kilomètres vers le sud-est et c’était déjà la plaine, un petit village, une route étroite, une maison basse et ordinaire derrière un haut portail, à l'abri des regards par une épaisse haie végétale.

Il lui avait demandé de patienter quelques minutes, afin de vérifier les lieux. Certes, un étudiant occupait la maison durant la semaine, comme gardien en quelque sorte, mais il rentrait en province le week-end. Ils seraient donc seuls. Mais il préférait s’en assurer. Il s’éloigna avec leurs sacs de voyage et le panier. Lorsqu’il fut hors de vue, elle se retourna.

Sur le siège arrière, restaient encore le sac de cuir et le simple tube en carton. Un de ces longs tubes que l’on utilise pour transporter les affiches ou les plans. Deux objets familiers. L’un et l’autre étaient toujours en évidence, le sac sous le bureau, le tube appuyé contre la bibliothèque. Il ne les cachait pas. Il lui avait simplement demandé de ne pas y toucher. Juste demandé. Pas interdit. Il aurait pu les mettre dans un placard mais, avait-il expliqué, un peu en plaisantant, il avait besoin de les savoir là, à portée de main et surtout, plus sérieusement, il ne voulait pas les cacher. Les lui cacher.

Lorsqu’il s’absentait seul un week-end, une nuit ou un soir, elle constatait par hasard leur disparition. Elle savait ce qu’ils contenaient. Elle ne lui demandait pas d’explication. Souvent c’était lui qui parlait, ensuite.

Elle jeta plusieurs regards par dessus son épaule, les tempes battantes, réfrénant l’envie de s’en saisir, d’ouvrir l’un et l’autre.

Après de longues minutes, il revint enfin la chercher. Mais, au lieu de la conduire dans la maison, il lui en fit faire le tour pour s’arrêter devant la porte d’une sorte de hangar attenant.

Malgré le froid, il était en chemise et posa le sac et le tube contre la porte, puis se retourna vers elle, qui serrait son manteau étroitement.

Lui : Cet endroit, je vous l’ai dit, est peu banal, tout comme son propriétaire. J’y suis venu plusieurs fois. Pour des soirées, pour des fêtes. C’était très décoré. Là, nous ne serons que deux, c’est donc assez … froid. Peu importe. Nous ne sommes pas là pour le décor, n’est-ce pas ?

Elle ne répondit pas.

Lui (plus solennel encore, l’enveloppant peu à peu de sa voix grave si particulière) : Il y a des règles à respecter. La première est que toute femme entrant ici doit laisser libre accès à son intime.

Elle soutint son regard, y trouva une lueur coquine malgré le ton trop cérémonieux à son goût.


D’un geste, elle ouvrit son manteau, passa les mains dessous, soulevant sa robe par l’arrière mais astucieusement laissant le pan de devant ne rien révéler. Elle suivait le cheminement de ses yeux baissés qui l’observaient. Habilement, elle ôta le slip de tulle ouvragé, le faisant glisser sur une cheville puis l’autre. Puis le lançant par dessus son épaule.

Bravache car, vraiment, elle n’en menait pas large en réalité.

Dommage se dit-il en apercevant le fin vêtement voleter. Il était bien joli, autant qu’il avait pu subrepticement en juger. Mais il avait édicté la règle…

Lui : La deuxième règle est que toute personne doit obéissance inconditionnelle à qui la fait entrer ici. Un « non » prononcé à l’intérieur et cette personne doit partir, sur le champ. Pour ne plus jamais revenir. Je ne transigerai pas. Même si nous ne sommes que tous les deux. Evidemment, nous pouvons convenir d’un autre mot, si vous souhaitez m’alerter de quelque chose qui ne vous conviendrait pas.

Il avait perçu son recul, vu sa fureur dans ses yeux. Il savait qu’elle n’appréciait guère ce genre de rituel pompeux. Alors il eu peur pour la première fois d’avoir été maladroit, peu habile alors que par bien des signes, elle lui avait montré son consentement. Il la prit dans ses bras, la berçant de ses mots.

Lui : Ecoutes-moi. Fais-moi confiance. Il fallait que je le dise ainsi. C’est nécessaire pour moi. Mais c’est ta soirée. (Il la sentit se raidir encore davantage). Pardon, c’est notre soirée. Mais si tu préfères, nous pouvons encore entrer dans la maison, dîner, passer une soirée au coin du feu et profiter d’une balade demain.

Elle (le repoussant doucement) : Je ne suis pas une girouette, vous le savez. Si vous le souhaitez encore, j’aimerais que nous entrions pour enfin visiter cette salle soi-disant si singulière et…

Il l’attrapa alors par le coude et la fit entrer sans la laisser finir. Inutile de la pousser jusqu’à l’insolence. Pas ce soir. Il ne voulait pas qu'elle le force à convoquer ses démons. Pas ainsi.

La salle était assez grande, autant qu’elle pouvait en juger car plongée dans une semi pénombre et coupé en deux par d’épais rideaux rouges qui pendaient d’une poutre, formant une sorte de théâtre. Des canapés disposés en U autour de quelques tables basses occupaient la plus grande partie de ce premier espace ainsi qu’une grande table de bois le long du mur. Il alla chercher le sac et le tube qu’il posa sur la table tandis qu’à sa demande, elle s’asseyait sur un des canapés. Il leur servit un verre de vin à chacun.

Il temporisait un peu, laissant leur colère mutuelle s’apaiser.

Il lui parla du propriétaire, un amateur d’art, lui montrant un épais catalogue dont elle feuillette les pages comme un magazine, presque indifférente. S'arrêtant toutefois un long instant sur une oeuvre majeure. De temps en temps, elle levait les yeux, l’écoutait attentivement. En apparence. Car il voyait son regard dériver au-delà de lui. Elle se haussait un peu, essayant de voir le sac posé derrière lui. Il jugea alors qu’il était temps.

Lui : Ne bougez pas. Je viendrai vous chercher.

Lentement, lui tournant le dos, il sortit un à un chacun des objets. Certain qu’elle ne voyait rien. Lorsqu’il eut fini, il vint la chercher. Se plaçant derrière elle, les mains à peine posées sur ses bras nus, il souffla dans sa nuque :

Lui : Voilà. Regardez les, chacun de ces objets a une histoire, et pour l’un au moins vous la connaissez. Et ce soir, je vous demande d’en choisir un. Un seul. Dont je me servirai.

Il se recula d’un pas sur le côté. Masquant sa fébrilité sous une apparente froideur qu’il avait appris à maîtriser au fil des années.

Ces derniers jours, il ne vivait que pour ce moment très précisément. Ce qui se passerait après, il en connaissait le scénario, vécu tant de fois. Toujours semblable, toujours exaltant et émouvant. Mais ce moment là était unique. Le moment du choix. Du basculement.

Allait-elle se détourner, avec dégoût, avec mépris ? Quitter la salle sans un mot. Elle en était capable.

Il y survivrait. Il rangerait alors le sac. Une nouvelle fois. Dans la voiture, ou peut-être dans la maison, il lui dirait que rien n’a changé, rien ne s’est passé. Ce qui était la stricte vérité, au fond. Ils continueraient comme avant. Au fond de lui, il saurait. Mais il tenterait d’oublier.

Ce qu’il observait n’était cependant ni dégoût ni mépris.

Lorsqu’il l’avait lâchée, elle avait entendu sa phrase mais avait mis un moment avant d’en percevoir le sens. Toute son attention focalisée sur la table. Elle écarquillait les yeux pour mieux les voir. Il les avait soigneusement alignés l’un à côté de l’autre. Une quinzaine, peut-être plus ? Plus d'une quinzaine, cela faisait beaucoup, vraiment beaucoup.

Qu’avait-il dit déjà ? Les mots lui revenaient un par un. Il lui fallait en choisir un. Un seul. Seulement un ? Elle se mordit la lèvre. Puis jugeant qu’il devait lui aussi être un peu sur le qui-vive, elle tendit la main pour les effleurer. Un à un. lentement

Elle commença par l’extrémité droite de la table, à l’opposé de là où il se tenait. Elle négligea les premiers objets. Elle n’avait aucun goût pour le paddle, encore moins pour le battoir, assez impressionnant et trop vulgaire. Par contre, elle décida de caresser du doigt sur toute sa longueur le cuir fauve d’une strap, l’une des deux ou trois lanières de cuir courtes et plates. Mais elle en déjà connaissait la morsure peu supportable.

Elle suivit d’un tour de poignet le cercle de cuir formé par une très longue et fine lanière ocre enroulée sur elle-même. Négligea le second, qui était noir. Elle passa vite sur les martinets et sa main voletait déjà au dessus des cravaches.

Oui, elle reconnaissait celle qu’elle lui avait offerte. Une vraie. Belle tresse de cuir acquise dans un magasin d’équitation spécialisé, en haut de l’avenue Victor H. Elle n’était pas peu fière d’avoir osé l’acheter seule. Davantage par défi que par envie, il est vai.

Evidemment, il l’avait percée à jour. Il lui avait alors tendu son cadeau, lui révélant qu'il avait pour principe de ne jamais utiliser un cadeau sur la personne qui le lui avait offert, qu'il ne cédait pas à ce genre de provocation facile. Mais lui disant qu’il lui revenait l’honneur de l’utiliser la première fois. Il s’était retourné et avait lentement enlevé sa chemise. Sans un mot, il avait attendu. Elle avait fait siffler deux fois dans l’air pour éprouver le poids, la prise en main puis sur son dos nu, sur les muscles dont elle connaissait la géographie, sur la peau si douce, si étrangère et si familière, caressée mille fois, elle avait frappé méthodiquement. Dix fois. Puis, des larmes plein les yeux, elle avait jeté au loin la cravache et saisit son visage, pour le couvrir de baisers.

Il l’avait alors prise bestialement, sauvagement. Comme un reproche à sa faiblesse. Puis peu à peu, il s’était apaisé, comme souvent, dans la volupté de ses rondeurs.

Se souvenait-il de ce moment ? Elle sentait ses yeux sur elle mais ne voulait pas le regarder.

Ensuite venaient diverses cannes, tiges, d’autres instruments… elle désigna du doigt l’un d’entre eux. Une canne souple de couleur et d’aspect ivoire. Une petite partie lisse puis le reste torsadé sur toute la longueur. Comme scuplté. « Qu’est-ce que c’est ?».

Il sentit son cœur s’arrêter. Décidément, elle avait un instinct très sûr. Elle avait désigné l’objet le plus insolite et le plus précieux.

Lui : Il s’agit d’une pièce authentique et rare. Prenez là. Vous constaterez comme elle est légère. Rigide en apparence mais d'une étonnante souplesse. Et pourtant redoutable. Cette canne très ancienne était utilisée dans les prisons au Japon. Pour maintenir la discipline et pour punir. Interdite, elle n’est plus fabriquée à ma connaissance. C’est donc un vrai objet de collection. Il doit y avoir très peu en Occident. Celle-ci m’a été offerte par un amateur qui en exposait plusieurs dans son salon, sous une vitrine. Ce n’est pas mon cas. Comme vous pouvez le constater, l’extrémité est abîmée. Au fil du temps, elle a perdu une bonne dizaine de centimètres.

Elle reposa la canne vivement.

Elle (un peu ironique) : Oh ! Je m’en voudrais de contribuer à abîmer quelque chose d’aussi précieux. Et celui-ci, il me semble neuf mais je suis certaine qu’il a aussi une histoire ?

Il saisit fermement son poignet avant qu’elle ne s’empare de l’objet ocre dont elle avait dessiné le cercle peu de temps auparavant.

Lui : Attention. Celui-ci vous paraît neuf mais en fait, c’est parce qu’il a peu servi. C’est un authentique fouet de vacher utilisé en Amérique du Sud. Il est insupportable. Je vous le déconseille… pour ce soir.

Elle essaya quand même de le prendre, ce dont il se doutait. Il retint donc sa main, serrant un peu plus fort. Elle lutta un instant puis céda, lui faisant comprendre qu’elle acceptait sa décision en se lovant contre lui. Il l’embrassa doucement.

Elle (prenant l’un des martinets aux plus fines lanières) : Celui-ci alors ?

Lui : Choix excellent. Très approprié pour une quasi-initiation. Et pour cette date en fait !

Elle : Pourquoi donc ?

Lui : Je vous raconterai… après. Passons à côté mais avant, je vous veux nue. Entièrement nue. Je vous attends de l’autre côté du rideau.



(à suivre...)

Et vous, savez-vous pourquoi ce choix est judicieux pour ce jour-là ?

lundi 16 février 2009

Tristesse

Libertin un jour...

Il n'avait pas écrit pendant un moment, j'avais cru qu'il n'avait plus envie et j'avais respecté cela.

Et puis un jour, par hasard, j'avais cliqué à nouveau, et découvert avec stupeur qu'il avait republié la veille. Joyeuse surprise. Etrange instinct.

Je le visitais régulièrement, attendant un nouveau billet sans l'attendre vraiment. Un peu comme je fréquente certains rayons de librairie, guettant l'import d'un livre d'outre-alantique que je pourrais aisément commander sur le net. Mais j'aime les surprises.

Celle là n'a pas été agréable. Son blog a été piraté. Bloqué. Puis revenu à la vie, sans les commentaires. Et puis aujourd'hui, tout semble avoir disparu. Textes, photos, photomontages, commentaires.

Peut-être qu'amputé d'une partie, a-t-il décidé de tout détruire.

Je ne sais.

Je ne veux pas savoir.

Ses photos de Paris, la nuit, si belles, me manqueront. D'autres photos resteront dans ma mémoire, je n'ai pas besoin de les voir pour m'en souvenir.

De ses textes, il me reste des passages en mémoire. Tantôt chacal, tantôt ...

Je pourrais copier/coller une photo que j'ai déjà publiée ici en illustration d'un texte ou deux, parce qu'il m'avait autorisé à le faire.



Là, je n'en ai guère envie.

Oui, je sais bien qu'il faut relativiser, qu'il y a des choses plus graves qui peuvent arriver.

Mais ce blog était fait avec finesse, sensibilité, humour, virilité, ..., émaillé de témoignages d'amitiés qui doivent lui manquer.

Voilà pourquoi je suis triste.

Et puis mon esprit s'évade ailleurs, loin... Te souviens-tu ? Nous avions regardé ses photos. Tu avais aimé. En voici une. Poétique évocation de l'éphémère d'une oeuvre, d'une création humaine ; comme celle d'un blog... éphémère dont nous devrions avoir conscience.



Kent Avery est un artiste qui crée des empilements de pierres sur des plages, sur des rochers, entre Ferguson Point et Second Beach, English Bay, Vancouver. Art moderne, art éphémere, rappel de l'art premier des amérindiens.



Photo de Vince*

B

dimanche 8 février 2009

Pute

On ne règle pas ses comptes par blog interposé.

Je me repète cela depuis le début de weekend. Et pourtant... il est tard et je ne peux me résoudre à dormir. Alors voilà, ce soir c'est OK corall.

J'ai lu un truc qui m'a énervée. Qui m'a trotté dans la tête.

En 2009, on en est encore là.

Il y a encore des types pour traiter une femme libre de "pute" dans un certain contexte qui en devient blessant.

Une femme libre. Libre de quoi me direz vous ?

Libre de choisir de vivre des aventures, des amitiés amoureuses, des liaisons. Que sais-je encore. C'est son choix.

Ce mot, je l'ai trouvé blessant. Blessant pour elle. Blessant pour nous toutes.

Blessant aussi pour les hommes.

Bien évidemment, ce type ne mérite que mépris et pas vraiment la peine qu'on lui fasse de la pub ou qu'il encombre nos pensées plus que cela.

Rien à ajouter sinon un clin d'oeil, parce que finalement mieux vaut en sourire que s'énerver. Alors d'une manière que vous trouverez sans doute très naïve, mais peu m'importe.

Ceci




pour




B

mardi 3 février 2009

Virgin whool (suite)

Vous avez déjà certainement eu cette impression, genre j'ai oublié de faire quelque chose, de réagir à un truc.... de fermer le gaz... Une curieuse idée qui vous trotte dans le tête mais vous n'arrivez pas à savoir ce que c'est. Votre cerveau travaille en tache de fond mais ... ça n'arrive pas au niveau de la conscience.

Donc, après avoir vu le clip dont je parle dans ma note précédente, j'ai lu le billet référencé chez CUI vite fait [ici]*. Evoquant un tabou dont on parle peu : la nécrophilie. J'avais peu de temps. Je l'ai trouvé intéressant. Full stop.

Je me souvenais (très) vaguement du blog en question [] mais je ne m'y étais que rarement promenée. Peut-être que, exactement comme cette fois là, il m'avait semblé trop riche pour un simple survol et que je m'étais promis d'y revenir.

Je suis passée à autre chose, genre faire de la pâte à crêpe ou essayer de retrouver une vieille doudoune des années 90 pour affronter le blizard parisien.

Mais j'avais toujours cette impression bizarre d'avoir oublié quelque chose.

Et soudain [non, je ne vous dirais ni où ni pourquoi], ça m'est revenu. Agnes Giard !!! Mais comment est-ce que je n'avais pas pu la reconnaître.

Croyez moi, ça m'a fait peur. Oublier une telle référence, c'est inquiétant. Alzheimer ??? Le stress ??? Le trouble ??? ou le deni ???





* Message personnel à HN : Youpi !!! J'ai réussi. C'est enfantin en fait !!! Comme quoi, la peur est bien le pire ennemi de l'action. Tiens, ça me rappelle une autre de nos discussions.
Bon, j'ai été une bonne élève. J'ai droit à un bon point, non ?

(Ceux qui ne voient dans ce billet qu'un intérêt limité auront tout à fait raison. Ce n'est qu'un exercice pratique suite à un cours particulier. Niark, niark, niark)

vendredi 30 janvier 2009

virgin whool - pure laine


Au risque de passer pour une plagiaire profiteuse, je ne résiste pas à l’envie de vous faire découvrir une pépite que j’ai découverte via le (blog) burp de comme une image [http://cui.burp.fr/] (nb : je ne sais pas faire les liens dans un texte et non, merci, je ne veux pas de cours particulier pour apprendre).

[Oups. Ce qui me fait penser qu’il y a d’autres blogs qu’il faut absolument lire –ou regarder- pour découvrir plein de choses intéressantes (par exemplehttp://boudoirlibertin.canalblog.com/...) mais je vous en parlerai un autre jour. ]

Je trouve très sympa de faire partager ses trouvailles. Echange, partage… voilà ce que est intéressant sur les blogs, au-delà de certains exercices parfois un peu (trop) narcissique ou exhib.

Je disais donc que CUI a mis un lien vers un court métrage qui m’a bluffée et que je vous invite vivement à regarder. J'ai eu une réaction épidermique en visionnant ce film. J'explique pourquoi ci-dessous. Mais regardez-le avant !

http://www.page2007.com/actrices/viviane-bonelli/


Comme je le disais chez CUI, il n’y a pas un plan inutile ou manquant dans ce court. Le jeu de l’actrice me déstabilise un peu au début. Je la trouve assez froide, mais somme toute naturelle au regard de la situation. En cela, le film n'est pas racoleur. Et puis, je la trouve très jolie. Le jeune homme n'est pas mal non plus. Le son, en particulier les battements off, est intriguant, voire oppressant. En décalage avec …


Mais je n’en dis pas plus au risque de dévoiler l’épilogue.

Alors, pourquoi ce film (en dehors de l'histoire) m'a-t-il fait réagir phyiquement ? Et bien, je ne supporte pas la laine sur moi. Je n'en porte jamais. Mais bizarrement, être serrée dans les bras de quelqu'un qui porte un pull ou un manteau de laine provoque chez moi des réactions étranges, un mélange d'extase et de choc anaphylatique -enfin, toute proportion gardée quand même. Donc, j'aime lorsque les autres en porte. Fêtichiste, moi ? Vous m'en direz tant...

(Euh ... les grosses chaussettes de rando, ça le fait pas du tout par contre.)

samedi 10 janvier 2009

L'homme nu


J’ai ouvert la boite de Pandore. Oups…

Par hasard, j’ai cliqué et je vous ai vu nu. Oui, vous !

Et un sentiment d’étrangeté m’a envahie.

Je ne souhaitais pas vous voir nu. Enfin pas comme ça, au hasard d’un clic.

Oh, bien sur, des hommes nus, j’en ai déjà vu quelques uns. Au naturel et en images.

Je vais même régulièrement visiter des sites où certains s’exposent (sexe-pose ?) ; je ne me prive pas de critiquer ou de complimenter, voire plus si affinités.


Ce cliché de votre verge m'a troublée. Pourtant, de tel clichés, j’en ai aussi reçus qui m’ont parfois inspiré de textes offerts en privé ou publiés.

Ce sentiment d’étrangeté n’a rien à voir avec l’impudeur ou l’indécence de l’image observée (plutôt deux fois qu’une, il faut bien le dire). D’ailleurs, elle était tout à fait sage, cette image, et vous montrait au repos.

Mais cette image de chair tout à coup venait en résonance de vos écrits et, surtout, de vos commentaires.

Car vous le savez bien, les commentaires sont plus spontanés que les billets publiés et vous dévoilent bien davantage que n’importe quel récit ou cliché.


Et tout à coup, je me suis sentie submergée.

Je me débattais dans le flot de vos désirs, de vos attirances, de vos pensées.

Etrangeté de ce cybermonde qui nous rend télépathes.

J’ai perdu pied. Cette plongée dans votre intimité se prolongeait tout à coup bien au-delà de ma volonté.

Heureusement me direz-vous, contrairement au héros du roman*, je peux cesser de lire dans vos pensées.

Mais en aurais-je la volonté ? J’avoue mon addiction et mes frustrations**.

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* Le parallèle entre le titre de ce billet et ce roman très précisément n'est bien évidemment pas du tout fortuit.

* en matière d’addiction/frustration, je n’ai pu que reprendre les mots de comme une image.

"Je ne veux pas (plus ?) perdre une miette des états d’âme de ***, des élucubrations de *** ou des envies érotiques si finement mises en scène par ***.
L’abondance a quelque chose de vertigineux. Il arrive fréquemment qu’arrivé sur un burp qui me plaît, je clique sur les liens qui y sont proposés à la découverte et ils sont souvent eux-mêmes intéressants. Il m’arrive aussi de ne pas cliquer malgré la tentation, malgré le « il y a sûrement des textes bien écrits là-bas » qui me titille, parce que je me dis que la corne d’abondance n’a pas de limite et que je pourrais me noyer plus encore sous cet océan de mots. Face à cette offre pléthorique, semblable à l’avalanche de romans à la rentrée littéraire, on ne peut que faire le constat – un peu amer – que l’on ne peut pas tout lire et que l’on rate forcément des choses plus enrichissantes que celles dont on s’abreuve déjà."
[Désolée, je ne sais pas faire les liens et j'ai oublié dans quelle note il a écrit ces mots que je trouve si pertinents qu'il me semble inutile de les formuler différemment]

mercredi 31 décembre 2008

31 décembre 2008

Il me reste encore quelques heures pour vous souhaiter une belle fin d'année.
Je vous souhaite pour 2009 des bulles de bonheurs aussi pétillantes et étourdissantes que celle d'un vin fin.
Une multitude de bulles...
A tous ceux et toutes celles dont je lis les blogs, et ceux & celles qui ont eu la gentillesse de laisser des commentaires, je voulais dire merci pour tous les moments de cette année que vous m'avez offerts et où j'ai lu, ressenti, partagé, pelle-mèle :
votre (im)pudeur, vos coups de coeur, vos coup de ... ,
vos vagabondages calins ou coquins, vos doutes,
vos chagrins, votre courage, vos conseils, votre humour,
etc.
[là devrait se trouver une zolie image d'une coupe de champagne
mais mon pc bloque donc ça sera pour l'année prochaine !
Et d'ailleurs je crois que c'est le site qui bug car je ne peux pas éditer correctement cette note]

vendredi 12 décembre 2008

Fragments (1/12) : Un homme




C’était il y a un an.
C’était hier ou presque.

Je sais que tu ne liras jamais ces lignes.
Nous nous sommes trouvés au bord du chemin
Sur l’autoroute du net
C’était sans doute un jour de chance
Nous avions le ciel à portée de nos mains
Un cadeau de la providence
Alors pourquoi penser au lendemain

Ca a été une belle histoire
Ce n’était pas un beau roman, ni même une romance d’aujourd’hui.

Je sais que tu ne liras jamais ces lignes
Nous nous sommes couchés devant un feu de cheminée
Nous laissant porter par les courants
Nous sommes raconté nos vies
Nous n’étions plus des enfants
A cueillir le ciel à portée de nos mains
Comme on cueille la providence
Refusant de penser au lendemain

Ca a été une belle histoire
Ce n’était pas un beau roman, ni même une romance d’aujourd’hui

Je sais que tu ne liras jamais ces lignes
Tu rentrais chez toi le lendemain
Je poursuivais mon chemin
Nous nous sommes quittés au bord du matin
C’était fini ce jour de chance
Nous reprîmes alors chacun notre chemin
Saluant la providence en se faisant un signe de la main

Ca a été une belle histoire
Ce n’était pas un beau roman, ni même une romance d’aujourd’hui

Je sais que tu ne liras jamais ces lignes
Nous n’étions pas destinés l’un à l’autre et nous le savions
Nous avons eu d’autres belles histoires l’un et l’autre
Je crois même savoir que tu es heureux
Et cela me fait du bien

Un homme, ses envies, son désir, sa générosité, sa sensibilité, ses amours, ses chagrins
Un cadeau de la providence
Si simple, si complexe
Ca a été une belle histoire, une histoire dont je garderai la mémoire à jamais

Je sais que tu ne liras jamais ces lignes
Je crois même savoir que tu es heureux
Et cela me fait du bien

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Illustration : Source malheureusement perdue. Si quelqu'un reconnait ce dessinateur...

vendredi 24 octobre 2008

Pulsations

18h45 - L'obscurité s'amasse sur des jours troublés.

J'entends mon coeur battre comme jamais.

C'est dur de se plaindre lorsque le monde des autres semble s'écrouler. Et pourtant. Je ne peux vivre leur vie pour eux. Ils ne peuvent vivre la mienne. Mais je dois vivre la mienne de la façon la plus honorable et généreuse qui soit.

Je regarde vers l'ouest. Le fait que je n'ai qu'une seule envie, oui une seule, celle de rejoindre un endroit si retiré que même les animaux semblent l'avoir déserté est juste une coïncidence.

Le soleil revient demain. Je serre les dents.

J'entends mon coeur battre comme jamais.




Près du Mont Baker - Etat de Washington - Côte Pacifique

vendredi 17 octobre 2008

Pensées impures...

Il y aurait eu ce souffle sur ma nuque. Cette respiration, imprégnation de mon parfum.

Deux mains sur mes hanches, deux mains fermes. Et pourtant un peu tremblantes remontant sous le vêtement, sur la peau nue.

Il y aurait eu ce rapprochement presque involontaire. Anéantissant ce besoin de garder encore de la distance.

Il y aurait eu ces lèvres sur ma nuque. Morsure douce à laquelle je ne peux résister.

Il y aurait eu cette faim de loup de tester la chair blanche, de la marquer.

Forcer les reins à se creuser encore davantage. Les sentir se fendre, s'ouvrir, s'écarter.

Soulever la jupe sans l'ôter. Tordre le dernier obstacle de tissus.

Il y aurait eu ces deux doigts possessifs posé sur une chair palpitante et moite. Et ce mouvement des reins pour s'empaler dessus.

Il y aurait eu cet éclat de rire complice. « Pas si vite, impatiente effrontée ».

Il y aurait eu comme une cristallisation du moment.

Et la fête aurait commencé.

B