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samedi 24 novembre 2007

Halitueux

Avertissement : Ce texte s'adresse aux personnes majeures.
De plus, oui, je sais.. toujours trop long. J'essaie...

22 heures - Je sors du cybercafé que je fréquente depuis quelques temps. Pourquoi un cybercafé ? Au bureau ? Trop sollicitée. A la maison ? Malaise. Cet endroit me permet de me concentrer, de me mettre hors du monde. Enfin presque. La faune qu'on y trouve est intéressante aussi.

Dialogue sur le net, sites de rencontre ? Jamais. Seulement l'écriture. Les mots. Les collages d'images et de mots sur les blogs. Que d'univers découverts.

Les mots à lire, les mots pour surprendre, choquer, séduire, exister. Les mots pour comprendre, pour connaître, pour apprendre, ... pour aimer, pour jouir.

Ce soir-là, encore une fois, jouir et faire jouir des mots. Sortir dans un état vaporeux, halitueux. Légère et … heurter un grand jeune homme. La trentaine entamée, brun, beau visage de mâle, de prédateur, souligné de la barbe de fin de journée. Yeux trop cernés. Et surtout drôle… Souvent assis à côté ou en face de moi. On s'est échangé des douceurs, il a pioché dans mes raisins, il m'a aidée quand j'ai paniqué à cause de la technique, il m'a prêté son cellulaire. On a rit de la naïveté d'une jeunette. Complicité de prédateurs.

Alors là… allez savoir pourquoi, je l'embrasse comme un vieux copain. Il est tout éberlué.

-Ohhhhh ! Excusez-moi… je suis un peu hors du réel. Mais… vous n'avez pas l'air d'aller bien ce soir.

Il me regarde soudain d'un air furieux. -Les françaises sont toutes des … !!! Il ne finit pas sa phrase.

J'entends la musique dans le petit bar à coté. -Allons, venez. N'allez pas au cyber ce soir. Venez donc prendre un café.


Je l'entraîne dans l'ambiance plus agréable du bar. Il se laisse faire. Je ne cherche pas la confidence. N'entame pas le dialogue. Chacun dans sa bulle. C'est lui qui attaque.

-Je ne veux pas être indiscret, mais vous faites quoi au cybercafé ? Du chat ?

-Non, j'écris. C'est comme d'aller au café pour écrire… l'ambiance.

-Vous mentez. J'ai bien vu !!!

… Et alors ? Choqué ? Pourquoi pas ?

-Toi, une femme comme toi, tu n'as certainement pas besoin de ça !

-Et toi donc ? Ne me dis pas que, ici, par exemple, en quelques minutes… tu ne trouverais pas, bien plus facilement que sur un site de rencontre ??? Non, il y a autre chose. Mais je n'ai pas envie d'en parler. Surtout (je regarde l'heure sur mon portable), surtout à présent.

-Oui... peut-être. Mais, j'ai envie de te l'entendre dire. Pourquoi ? La voix est calme, grave, envoûtante. Les yeux plongeant, hypnotisant.

Je lui glisse quelques mots à l'oreille. Il me regarde avec un total mépris. C'est encore plus délicieux. Alors je provoque. -Et là, j'ai tellement envie d'en avoir plein la bouche, plein la figure que j'irais aborder n'importe lequel ici.

Je me lève. -Viens… allons dans les toilettes. Il est stone. Encore plus que tout à l'heure. Assise sur la cuvette, je le dégrafe. M'approche. Il me repousse enfin.

-Non ! Pas ici. J'habite à deux pas.

Bel immeuble, ascenseur, il appuie sur le 3ème. Nous ne parlons pas. Ne nous touchons pas. Mais lorsque l'ascenseur s'arrête, il me retient. -Nous allons plutôt au 6ème. Le ton de la voix. Encore plus grave. Si calme.

Arrêt au 5ème, petit escalier de service en colimaçon. Une porte blindée, puis une autre. Isolation acoustique. Un grand loft mansardé. Décoration minimaliste. Des coussins par terre, quelques matelas, des tabourets, un bar. Des miroirs dans un angle, sur les murs, le plafond, le sol. Mais il m'entraîne plus loin. Une salle ronde. Superbe. Dans certains immeubles anciens, l'angle est couronné d'une pièce en coupole, d'un petit dôme. Un écrin. Là trois grandes fenêtres s'ouvrent sur la ville à nos pieds. Six fauteuils larges de velours rouge grenat, une estrade en miroir au milieu, avec un anneau tendant une lourde chaîne du sol au plafond. Un grand écran. Fascinant.

Il ôte mon manteau, lève mes bras, m'accroche par deux liens à la chaîne sans difficulté. Il est derrière moi. M'entoure de ses bras, m'enlace. -Racontez moi. N'oubliez rien.

Je commence le récit. A chaque pose, il défait un bouton du vieux 501 masculin que je porte. Puis glisse les mains entre le jean et la peau. -Tiens, tiens… Il est presque étonné. Il passe les mains derrière, saisi les rondeurs à pleine main, sans bouger davantage. Je continue… il griffe. Frotte son menton irritant sur ma nuque, les épaules, le dos. Chacun de ses mouvements est une récompense. Baisse le jean sur les bottes, ça ne passe pas. A genou, continue à frotter la barbe sur la peau fine, ferme et ronde, qui doit rosir maintenant. Je ne parle plus. Alors, il se redresse devant moi. Sort un cran d'arrêt. Passe sous le pull de coton noir.

Il attend que je poursuive le récit, on s'affronte du regard. Je continue. La pointe déchire à gauche, au niveau du sein, une première fois, puis à droite. Il sort le couteau, tire le tissus sous l'aisselle, fend la manche pas dessous sur toute la longueur du bras, s'arrêtant à la couture. L'autre bras.

Il se recule. S'en va. Reviens avec une petite table pliante, un laptop, une webcam. S'affaire. Cherche le bon angle. J'apparais sur l'écran. Connexion à un site. Il me regarde. Je soutiens son regard, hautaine.

Suspendez-vous à la chaîne et tendez vos jambes, que j'ôte le pantalon. Je m'accroche, lance mes pieds. J'ai les jambes musclées, un peu fortes. Il faut de la force pour les tenir. S'il ne rattrape pas, on s'arrêtera là. Pas de problème pour lui. Il arrive à ôter une première jambe de pantalon sans enlever la botte, pas la seconde. Ma jambe retombe. Cuisses largement écartées. Nous regardons l'écran tous les deux.

Finalement, il laisse le pantalon. Va s'asseoir, écrit, reçoit des messages. Les lit à haute voix, revient, me fait tourner, pose ses mains, écarte, dévoile, expose, caresse, claque légèrement, comme demandé. Certains mots sont crus, insultants. D'autres sont doux. J'en ris. Ça l'irrite. -Assez joué !

Vous avez dit que vous aviez un blog ? Je donne l'adresse, ajoutant. -Je commence à avoir froid.

Il me regarde de biais. Ça ne le fait pas sourire. Et puis il lit le récit en deux parties.

Racontez-moi celui-là, encore. Mais attendez un instant. Il découpe un morceau du tissus noir et en fait un bandeau. Je l'entend s'éloigner, chercher...


Il revient. Je commence le récit. Je sens alors une pointe de cuir repliée passer sur ma joue. Je sais ce que c'est. Il écarte les lambeaux de coton noir, caresse, agace les pointes, descend, insinue dans le sillon, titille, va-et-vient lentement. Lorsque je perd pied, douce caresse sur la hanche pour me faire revenir. Je suis presque à bout. Alors il ôte le bandeau. Il ne regarde que la longue cravache de cuir roux, belle poignée ouvragée, bel objet. Il voit mon regard sur l'objet. Il réfléchit, sombre, son visage est à l'orage. Il se place de côté, il la pose dans le creux des reins, attends que je poursuive le récit. Juste avant de terminer, il s'approche, m'entoure de son bras, me serre fort, fait tourner la cravache dans sa main, la saisit différemment et descendant du creux des reins, le long du sillon, l'enfonce d'un coup. Je rugis.

Madame, ce soir, les françaises hautaines m'agacent. Je le regarde. Soudain, il me fait peur. Vraiment. Au-delà du nécessaire. Je panique. Il le sent. Alors, il me plante là. S'en va.

Il revient après un long moment. Torse nu. Semble apaisé, beaucoup plus calme. Je n'ai pas bougé, rien dit. Fière encore. Il a deux bouteilles d'un soda brun.

Il me détache. Je glisse sur le sol froid du miroir. Il écarte mes jambes du pied. Le pose sur la cravache qui n'a pas bougée. Me regarde. Regard différent. Admiratif ? Ça serait présomptueux de le dire.

Avez-vous soif ? Lentement, il commence à verser le soda sur ma gorge, mon ventre, les cuisses, puis revient vers ma bouche ouverte, vide la première bouteille. Se met à genou entre mes jambes, se penche. Sa tête à quelques centimètres de ma peau. Enfin. Mais il se redresse, pose un genou sur la cravache pour la fixer et commence à introduire la bouteille dans les chairs halitueuses, baveuses à l'excès, en tournant lentement. Il sent un mouvement. Voit le bassin bouger. Se redresse.

Continuez sans moi. Lentement, il observe la bouteille disparaître. Caresse mon corps collant, en sueur, du bout des doigts, sans jamais toucher aux zones trop sensibles. Il sent que je fatigue, car je me met à bouger d'une manière plus saccadée, moins harmonieuse, alors il avance le genou pour bien caler la bouteille et des deux mains passée derrière, me soulève un peu et me colle à son genou, tenant la cravache en place. Frissons incontrôlables mais pas encore libérée…

Il se dégrafe, se prend en main. Reprend sa bouteille et bois le soda à petites gorgées. Appuie par à-coups du bassin qui entraîne son genou.

Et puis il tend le bras, verse le soda sur mon visage en même temps qu'il gicle un long trait blanc et crémeux.

J'avale le tout.

Plus tard, il sera encore à genou, sa bouche, sa langue, ses doigts... Enfin.

****

Je ne crois pas que je reviendrai dans ce cybercafé.

B



Dédicace : Il se reconnaîtra - "La cravache. Oh elle ne va pas s'enfuir en courant ! Elle ne la voit tout simplement pas. Qui t'a dit que l'on ne pouvait pas faire des choses douces avec une cravache ... et ô combien frustrantes aussi, ce qui est une des caractéristiques désirées de la rencontre, non ?".

6 commentaires:

Libertin a dit…

C'est vrai que tu es joueuse,
et enjôleuse aussi.
et du charme avec ça.
Hum ! C'est agaçant, mais on y revient.
Enfin, ça reste à confirmer...

Anonyme a dit…

Intéressant, très beau texte, nerveux, comme vos idées, vos envies (merci de votre visite sur mon blog - post Roy Stuart)... A bientôt... Bises libertines.

Petite Fr@nçaise a dit…

@L
miel et vinaigre, toujours...

comprendre, apprendre, douter
laisser faire le temps,
ou non


@valmont
merci de votre appréciation, de votre visite
nerveux ?
oui, impatiente

B

Libertin a dit…

Le vinaigre a parfois du mal à passer, question de dose et de tempo sans doute.
Un peu comme les quatre quart.
;-)
Ton avis d'ailleurs, ressemble à une recette.
"Apprendre, comprendre."
Les ingrédients.
"Douter."
Petite pincée indispensable. Peut-être le secret de la recette. Allez ! Va pour "douter" !
"Laisser faire le temps."
C'est le fameux "laisser reposer la pâte" des bonnes recettes justement. Cela rend la pâte plus légère, non ?

Anonyme a dit…

Je suis sans voix.
Et vous le savez.
Merci

Petite Fr@nçaise a dit…

@L
Impatiente, j'ai appris à maîtriser. Je peux patienter longtemps, très longtemps. et je peux aussi avoir envie d'un membre à me mettre au fond de la gorge, right now.
alors là ... intello ou pas, miel ou vinaigre, boue ou draps de soie, basta !!!

Mat en trois coup, ça me va aussi.
surtout quand j'apperçois une chemise entrouverte.

les minauderies de salon ou de donjon, parfois, m'exaspère. un biker a alors plus de chance qu'un ...

@Obsessif
blblblblblblb

B