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samedi 10 avril 2010

No future : Punk, sex et ... lingerie*.

* Je conseille vivement aux amateurs de lingerie et aux belles de lire ce très humble hommage jusqu’au bout.

Où d’aucun comprendra pourquoi The Clash…

Malcolm McLaren vient de disparaître. Personnage comme seule l’Angleterre peut en engendrer, à la fois excentrique, dandy, rebelle au système et pourtant totalement inséré dans la machine. Iconoclaste.

Manager d’un groupe mythique, les Sex Pistols, il était à l’origine du punk. Ou plutôt du « look » punk.


Et du business punk attitude qui ne cesse de se réinventer sur les catwalks.

Car Malcom McLaren était avant tout un designer et un homme d’affaires.

Un de ceux que l’on trouve dans l’ombre des grandes icones artistiques, sans lequel ces dernières malgré leur talent resteraient d’obscurs inconnus.


A la fin des années 60, le rock était déjà sinon mort, du moins cristallisé. Et quand je dis cristallisé, j'anticipe mais on se comprend, n’est-ce pas…

Le punk arriva… mais je me refuse à en parler par procuration.

J’étais une gamine. Ce mode de vie était totalement exclu de mon univers protégé. Ou aurait dû l’être…

Protopunk, punk hardcore, punk-garage… trop de courants. Quel bazard. Et si éphémères :

Sid Vicious, le bassiste des Sex Pistols depuis 1977, meurt en 1979.

The Clash se dissout en 85. Autant dire que je parle de la préhistoire pour beaucoup.

Revenons à Malcolm McLaren.

Son moto était « that it is better to be a flamboyant failure than any kind of benign success», peut-être d’après l’un de ses professeurs qui lui aurait enseigné : « We will all be failures. But at least be a magnificent, noble failure. Anyone can be a benign success. »

Après les abus variés et mésaventures du groupe punk Sex Pistols, il connu en effet des fortunes diverses.

Mais il restera une influence majeure et géniale de nombreux créateurs.

Compagnon de Vivienne Westwood**, leur apport commun à la mode et à l’art est indéniable.

Leur boutique ouverte dans un haut lieu de la mode, en arrière cour, s’orienta vers le look SM (pour mémoire, nous sommes au milieu des années 70 !) tout autant par provocation que par flair, sensibilité à l’air du temps.

A la même époque, Helmut Newton s’inspire aussi grandement de l’univers SM pour ses photographies érotiques. Ou est-ce l’inverse ? allez savoir…

Car la vague hippy des 60's est allée s’échouer au pied de l’Himalaya, quand elle ne s’est pas arrêtée au Causse Méjean.

Mais elle a laissé des traces, cassé les codes, en particulier dans la manière de s’habiller et dans la représentation du corps, marchande ou non.

Sortant du ghetto SM, le look punk s’impose porté par le souffle du scandale et de vibrations décadentes des bassistes.

McLaren et Weswood habillent les groupes rocks qui fréquentent leur boutique dans un joyeux bordel où se mêlent et s’influencent mode et musique.

McLaren fait un aller-retour à NY et en rapporte ce look né dans le Lower Manhattan. Look "radical", mélange motard, fetish et monde glauque de la nuit, probablement découvert dans les quartiers délabrés des anciens docks du sud Manhattan, où se cotoient gays, trans, prostitués et riches en goguette ainsi que tous les artistes attirés par la proximité de Greewich Village et par les espaces libres des ateliers abandonnés, de confection ou autre.

Rien n’arrive vraiment par hasard, n’émerge de nulle part…

Le look punk, comme tous les looks des tribus, est très étudié. McLaren et Westwood ont suivi les cours des écoles de mode.

N’importe quel ethnologue serait capable de vous décrypter bien mieux que moi l’importance de l’habit de cuir noir, du maquillage noir outrageux, des cheveux modelés et teintés. Et ses origines. (Choupinou... si tu me lis)

Je me souviens (mais très vaguement) d’avoir été, en « pèlerinage » à King’s Road, croisant encore ces silhouettes dégingandées arnachées de cuir, chaines et coupe iroquoise rose-verte-bleu, il y a des lustres avec une amie rencontrée à NY. (Iroquoise ou Mohawk ? P. si tu me lis...)

Avant d’être conduite, presque à l’insu de mon plein gré, au musée Victoria and Albert afin d’étudier les robes en crinoline et les collerettes renaissance.

(Pour mettre les points sur les i : toute ressemblance avec les corsets et autres minerves n’est bien évidemment que fortuite, etc.)

Cette amie fabriquait elle aussi des vêtements bizarres, pièces uniques mélange de cuir, de jersey et de fermetures éclair placées à des endroits improbables, à dézipper stratégiquement, qu’elle vendait à SoHo.

Un seul pull fait avec des trucs récupérés, parfois dans les poubelles des quartiers chics ou les œuvres pour sans-abris, lui permettait de survivre un mois ! Quelle époque…

Petite précision : ne pas confondre Soho, le quartier de Londres où se produisirent les Stones et SoHo, South Houston Street à New York.

Mode – Sex - Argent : les nécrologies dans la presse parleront certainement mieux que moi de ce personnage et de l’évolution de ce courant qui passe de la rue et des clubs marginaux aux dressings de la jet set et premières pages des magazines les plus couteux.




Plus que le rock, à mon sens et cela n'engage que moi, le punk incarne cette transmutation (récupération ?) tant par la mode que d'autres milieux artistiques, y compris dans la réhabilitation architecturale ainsi que l'on peut observer dans la transformation de quartiers délabrés en lieux où se cotoient galeries chics, ateliers et appartements luxueux.

L’esprit de Malcom McLaren et de Vivian Westwood (qui est encore bien vivante… of course), ainsi qu’une certaine British attitude, à laquelle l’élégance française n’a rien à apprendre, se retrouve quelque part par là :

Le fils de Malcom McLaren et de Vivienne Westwood, Joe Corré, est le co-fondateur d’Agent Provocateur.




B

**Edit : on me signale qu'il faut écrire Dame Vivienne Weswood. Sourire...

Pas d'illustration. Trop de sons ou d'images

(Spécial dédicace à Patrick)

13 commentaires:

home a dit…

ça confirme ce que je suis amenée à penser parfois, souvent... hélas
"Les chiens ne font pas des chats."

Très beau billet dégusté suavement du premier au dernier mot

photaphil a dit…

ha ouais, j'ai appris des trucs, pour ne pas dire plein de trucs... mais d'ou sortez vous tout ça?
(vous n'auriez pas les emails des modeles de agent provocateur tant que vous y etes?)(sourire)

dita a dit…

très bon billet
très intéressant...j'ai appris plein de choses :)

u@h a dit…

A 2 jours près, il serait mort le jour du 40ème anniversaire de la séparation des Beatles...

dita a dit…

j'ai regardé la lingerie de plus près!
il y en a pour tous les goûts et j'y ferais bien mon shopping sauf que les prix sont trop élévés pour ma bourse :(

sinon j'ai découvert le mouvement punk avec mon mari.et depuis un voyage sur Londres devient presque obligatoire. c'est une des rares capitales européennes que je n'ai jamais visité...
peut-être qu'à Pragues, il y avait un mouvement qui s'en approchait! j'avais beaucoup aimé le milieu nocturne de cette ville...
je connais mieux Genève qui derrière cette image de luxe qu'elle peut véhiculer , a un véritable bouillon de culture avec un nombre de squat où le milieu punk est bien présent!!
beau dimanche , petite française!

Petite Fr@nçaise a dit…

> home : il y a toujours du vrai dans un dicton de sagesse populaire. Je dis pour ma part que la pomme ne tombe jamais loin de l'arbre. Mais McLaren et Westwood ont suivi leur propre chemin, donc ce n'est pas si universel.

Merci de votre compliment. Je l'ai écrit au fil de l'eau et de mes souvenirs, sans vraiment le relire, d'où certaines fautes. Et puis on m'a signalé d'aller regarder l'article sur wiki. Croyez moi, ça fait très bizarre de lire quasiment la même chose. Très très bizarre.

> photaphil : comme indiqué plus haut, de mes souvenirs... pas toute jeune, pf, vous me préparerez bien une petite camomille ?
nan, je n'ai pas les emails de ces demoiselles, mais nous connaissons une dame qui porte aussi bien qu'elles ces dentelles

> Dita : merci !

> u@h : bienvenue. ouais... c'est bien ce que je disais, la préhistoire

> Dita (bis) : il est vrai que cette marque est chère. Cela tient à la qualité des produits mais aussi au fait que la corseterie est un artisanat qui peut être de masse ou de luxe, comme la chaussure d'ailleurs. Un soutien-gorge nécessite beaucoup de pièces et de manipulations pour être cousu. sans parler du design. Je vous avoue que j'aime bien davantage regarder ces modèles en photo, en voyeuse. A noter qu'il y a parfois des soldes assez conséquente, justement si vous programmez d'aller à Londres, faites le pdt ces périodes de soldes.

Je parle d'une période et d'un lieu bien spécifique. C'est tout à fait exact que dans les pays de l'est, il y avait aussi des punks.

Très intéressante réflexion. Car mon billet n'est pas exempt d'un certain tropisme culturel vers la musique anglo-saxonne. Ce qui est dommage mais je ne souhaite pas parler de ce que je n'ai pas vécu. Et je suis passée totalement à côté du rock, punk... non anglo-saxon.
Oui, Genève est moins lisse que l'on ne croit...

B
B

502 a dit…

vous avez cette incroyable version de My Way ? je l'écoute en relisant votre billet très bien fait

Deftones75 a dit…

J'ai appris la semaine dernière que Mc Laren avait rejoint Sid Vicious, Malcom Owen et Joe Strummer. Personnellement, je n'ai jamais été fan du rouquin, ni des Pistols. Mais j'ai toujours eu un faible pour son "hit", Madame Butterfly : http://www.youtube.com/watch?v=H2Drw2_HmK0
Pour la petite histoire, il y a quelques années, je buvais un coup en terrasse chez Félicie, dans le 14e. Je me retourne pour regarder passer une jolie fille passer et j'aperçois deux vieilles anglaises qui discutent. C'était Marian Faithful et Malcom Mc Laren.
PS : agent provocateur...j'adoooooooore !
PS2 : bravo pour ton post

FLOW a dit…

brillant ce billet ! (mais finalement pas étonnant ;-))

Moi, j'ai toujours trouvé que les punks étaient des enfants gâtés qui hurlent "Anarchie" en rentrant chez papa en décapotable...
(j'en ai côtoyé pas mal des comme ça !)

Et si le mouvement punk avait été le mai 68 des prébobos?
Le truc de dingue !!!! ;D

Quoiqu'il en soit les figures de proue que vous avez citées ont eu une sacrée vie ! ;-)

Nush a dit…

Très joli (et intéressant) article sur Malcolm.
J'ai toujours sur ma playlist son album 'Paris' depuis sa sortie; comme quoi ce son très particulier n'a pas vieilli d'une once.
Quant à son fils, une grande malade de la lingerie comme moi se devait de connaitre cette 'petite' histoire, bien sûr....:-)

ici et ailleurs a dit…

B. vous a-t-on déjà dit que vous pourriez aisément contribuer à des encyclopédies toutes plus savantes les unes que les autres. Vous trouvez que j'exagère ?

Ce qui me gênait et ce qui me gêne encore, c'est cette façon de porter le costume qui fait que l'on trace une ligne où sont acceptés ceux qui sont de la même tribu et où sont de facto rejetés ceux qui sont par trop différents. Heureusement, j'ai fait de belles rencontres ces dernières années qui m'ont prouvé que pour certains les frontières n'existeraient jamais.

waid a dit…

j'ai decouvert à londres vers hoxton street un boutique de fripes mais des authentiques tenues indiennes , des capes d'hirodelles , des vestes des années trente le tout gardé par un sanglier à haut de forme , l'un des actionnaire de ce lieu fou est le fils de vivienne westwood , en face une boutique de lingeries à se damner rien que par le nom , bordelo ahhhhhh
londres , dita je vous y amene pour votre entrainement

gicerilla a dit…

Savoir qu'il a fallu tout ça pour qu'Agent Provocateur naisse... ouf! Merci au Punk et Dame Vivienne.